Ikura desu ka ?
Après la visite DU magasin de papier et DU magasin de thé de Kyoto où notre coeur ne cessait de syncoper devant tant d’exquis, tant d’iki, nous passons devant la vitrine sale et poussiéreuse d’un antiquaire derrière laquelle je repère plusieurs vieux gobans. La porte semble close. Arrive de la rue un bonhomme bourru, aux allures de ferrailleur, qui entre en nous poussant, comme si nous le gênions. Nous le suivons. C’est le vendeur. Qui nous montre plusieurs modèles – en soufflant/suant. Certains vieux chers et moches. Et « le nôtre », en shin kaya. Nos amis Sayoko-san et Shigenori-san nous donnent une crédibilité nippone mais je connaissais mon affaire. Au point d’impressionner le vendeur roublard en nommant le type de pierre qu’il me présentait : « yuki ». Il n’en revenait pas. C’était la première fois que ça lui arrivait. Illico, il nous propose 20% de ristourne « pour célébrer le dernier jour de la première semaine de l’année » puis un « set » avec bols, pierres (ardoise et nacre), tissu et coffre en bois pour le prix initial du goban. Un gros 30%. Plus la livraison. Dans l’heure.
Au final, en cash, 100 000 yens. Nous calculons à la louche 5000 francs. Google indique ce soir 620 euros. Pour le goban d’une vie, je crois que c’est un prix raisonnable.
