Apprendre le japonais en geek (round 1)
La sensation de redevenir analphabète est intéressante. On marche dans le monde différemment quand on ne peut s’appuyer sur l’écrit. Le regard est très proche de celui du photographe. A l’affût. Avec le bonheur en moins de se sentir un brin clandestin. Le risque de passer pour un barbare.
La texture du monde s’épaissit, croît l’inquiétude.
Le geek ne se décourage pas.
S’il est geek depuis suffisamment longtemps, il aura amené avec lui une machine obsolète : un palm (Zire 72). Sur lequel il aura installé Padict. Le programme est magnifique mais il a plusieurs défauts. La saisie est bien trop lente, le dictionnaire français sommaire et la reconnaissance du tracé des kanjis très aléatoire. Le geek fait la moue.
Le geek ne se décourage pas. Il investit dans un Casio XD-SW7200. La seule machine disponible chez Bic Camera avec un dictionnaire français intégré et une saisie de kanjis au stylet. La machine est magnifique mais elle a plusieurs défauts. Elle est lourde, chère, mais surtout, la traduction en japonais des mots français n’affiche pas de furigana. Traduire un mot impose donc deux recherches : la première pour le kanji japonais, la seconde pour la lecture du kanji – ce qui nécessite une dizaine de clics. Le geek fait la moue.
Pour accélérer son apprentissage, il a décidé de numériser des fiches de la NHK disponibles en gif. Il acquiert donc chez Bic Camera un OCRforWord V5.0 de Futjitsu pour la somme raisonnable de 6060 yens. Le programme est magnifique mais il a plusieurs défauts. L’installation ne se lance pas lors des deux premières tentatives. L’interface est mal encodée et affiche Matrix à la source dans son XP français. L’intégration avec son Word occidental foire donc probablement pour cette raison. Le programme tourne pourtant. Et numérise assez adéquatement kanjis et kanas. Mais pas l’alphabet occidental. Impossible donc de numériser des fiches alternant kanjis, kanas et alphabet latin. Mais surtout, la numérisation faite, il faut passer par notepad voire Firefox pour obtenir un encodage en Shift_JIS puis recopier-coller dans Word pour la mise en forme. Le geek fait la moue.
Le geek, toujours volontaire et positif, envisage de combiner ses trois outils. Y pense 3 secondes. Et fait la moue.
Le geek ne se décourage pas.
Il sait qu’une solution existe, qu’elle est là, à l’attendre, proche. Tel un preux, il poursuit sa quête.