7 janvier 2008

Le ramen de la gare comme pendant du bruit des shoji

Filed under: Son — Stéphane Barbery @ 10:08

Tōryanse, tōryanse

Filed under: Son — Stéphane Barbery @ 10:01

Tatouage sonore du coeur, comme un depuis toujours, comme un à tout jamais.

« Laissez moi passer, laissez moi passer
Quel est ce chemin étroit ?
C’est la sente du temple Tenjin
Laissez moi passer
Sans bonnes raisons, on ne passe pas »


6 janvier 2008

Le meurtre de l’ombre

Filed under: Texte — Stéphane Barbery @ 23:43

Le meurtre de l'ombre

L’éloge de l’Ombre de Tanizaki démontre définitivement que l’esthétique japonaise, des beaux arts au quotidien, ne se comprend que par la transfiguration d’une contrainte technologique, architecturale (l’éclairage à la bougie, des maisons sombres) en libération de l’éclat. Le reflet d’une laque, un jeté de poudre d’or, ne valent que dans l’ombre, que par l’ombre. Parce qu’elles exaltent, exhaussent alors la lumière.

Prenez une pièce à tatamis. Et suspendez au plafond un néon circulaire projetant une lumière de salle de dissection biélorusse. Vous venez de tuer l’ombre par une non-lumière. Le néon assassine le Japon. Les leds le sauveront-il ?

*

Cette connexion techno-beau frustre le planificateur en moi. Et confirme la clé de toutes les clés : sérendipité.

*

J’aimerais trouver l’explication de la fascination des japonais pour les tirettes qui pendouillent et font clic-clac – l’interrupteur nippon par excellence. Se pourrait-il que ce goût étrange pour des fils qui évoquent à un occidental le papier tue-mouche et le tampax soit lié aux cordes des gros grelots des temples Shinto qui servent à siffler les kamis ?

*

J’ai horreur de les prendre dans le nez et sentir ma tête reculer de vingt centimètres dans l’anticipation d’un choc plus brutal.


Ne pas gâcher

Filed under: Quasar — Stéphane Barbery @ 22:21

Protocole de Kyoto, recyclage des déchets à la complexité digne d’un code des impôts sédimenté depuis trois siècles mais civilisation de l’emballage. L’irréprochabilité de l’apparence passe avant la conscience environnementale.

Cela me fait penser au Persil anti-redéposition de Coluche.

Dans un registre connexe, une heureuse surprise de gamin : les crèmes caramel de supermarché sont pleines à ras-bord. Ce n’est pas comme en France où sous le prétexte supposé de ne pas verser, on nous gruge d’un bon demi-centimètre. Ici, il n’y a pas de distance entre l’opercule, le bord supérieur du pot et la crème. Ce qui en dit long aussi sur l’ingénierie agro-alimentaire de précision et le zéro-défaut…


Le riz, la glaise

Filed under: Quasar — Stéphane Barbery @ 19:33

La « travel angel » japonaise en charge de la maison que nous louons nous offre, en guise de cadeau de bienvenue, des sucreries à l’azuki rapportées d’un récent voyage.

Typiquement japonais, ce micro-potlatch de douceurs qui conduit à soupoudrer de poussières sucrées la vie des autres, pour en partager, avec eux, le goût.

Et parce que le geste compte plus que l’objet, l’emballage est plus somptueux que la sucrerie : un papier glacé semi-transparent, texturé, scellé d’un kanji qui rayonne comme une amulette d’alchimiste ou de féticheur.

Pour nous les présenter, notre hôte sort un petit présentoir en fausse laque rouge et origamise – en un pli – une feuille d’un autre grain, d’une nouvelle transparence. Ce geste de quelques secondes renvoie l’occidental à son statut de cul-terreux, de serf pedzouille, d’arriéré de l’élégance.

Ca fout la honte. Ca donne envie.


 
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