Une culture des élémentaux
Le Japon, c’est une culture des élémentaux. Les cinq vieux chinois : 五行
木 火 土 金 水
Bois Feu Terre Métal Eau
Les 五行, c’est une TOE – Theory Of Everything – avant l’heure, une cosmo-physio-esthético-bio-psycho-logie à la fois complexe (dans le nombre de paramètres) et simple (dans les lois d’engendrement et équivalences de ces éléments). En gros, tu potasses quinze jours le tableau des correspondances (version japonaise, version française) et tu peux frimer comme un archimage pendant toute une vie.
Cette TOE a infusé pendant tellement longtemps que l’environnement japonais lui ressemble. La subtilité japonaise vient de la pondération, de la hiérarchisation de ces éléments.
- Le bois est roi (avec par ordre décroissant de préséance : pin, bambou, prunier)
- L’eau vient après. Dans la cuisine (variations Goldberg de l’H2O), la rosée des haikus, les larmes de l’aware, l’onsen, le parapluie.
- Puis la Terre : wabi-sabi et suiseki
- Le métal, porté à son zénith par les forgerons de katana et les couteliers, s’est peut-être aujourd’hui transposé en circuits imprimés. On le voit moins. Mais il est porté, comme en amulette, par tous : keitai.
- Le feu. Toute la subtilité est là : les japonais l’ont incorporé partout dans les quatre autres. Pour le contenir.
Marcher dans Kyoto, c’est marcher dans une physique pré-atomiste.
