Flouflou
(détail d’un Utamaro)
Au Japon où le R s’indistingue du L, vous pouvez, pour dessert, accompagner votre fran de cleam.
La cleam pourrait presque avoir un rapport avec ce que j’aimerais cerner aujourd’hui mais il lui manque le pri. Les japonaises aiment prier. Et l’essence de leur érotisme vient du fait que leur pri floufloute liblement.
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L’érotique japonaise, c’est le pli libre au vent, l’ondulation affriolante du froufrou.
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En France, le froufrou c’est pour les dessous. La mousseline ne s’expose pas. On la devine. Mais comme prémisse. Un flash avant l’extinction des feux.
Ici, les japonaises – même les plus sages – portent toutes, en couche extérieure, un motif de tissu dont la nature est de se décoller de la surface du corps au moindre mouvement et de dessiner dans l’espace, à cet instant précis, l’ondulation d’une petite lèvre.
Les plus sexy des mousmés, qui frôlent – sans l’atteindre – la vulgarité, ne sont vêtues que de ces ondulations. Les plus convenables des femmes mariées, en kimono empesé, en feront apparaître de subtiles dans le bas du pli de leur obi, au niveau de leur nuque, de leur revers, ou – et on atteint alors le torride – à l’endroit précis où les pans de tissu se croisent sur leur poitrine.
Emoi, émoi, émoi…
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La japonaise, c’est l’écume féline, l’onde aérienne d’un fouet marin
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Question : quel est le plix du pri ? Ce froufrou qui rend incroyablement féminine les japonaises au point qu’un homme respire de la révélation « il y a bien deux sexes distincts, les femmes et les hommes, et l’un appelle l’autre », est-il une bénédiction, une trivialité que l’Occident bien intentionné veut ignorer, ou bien le témoignage de l’aliénation politique et sociale des japonaises ?
Le vrai peut-il créer l’injuste, l’injustice naître de la vérité ? Dans la société que nous voulons, où placer le curseur ?
En tant que mâle, ne me posez pas la question. Ma réponse serait immédiate : à fond à fond du côté du flouflou.
