Erickson et l’histoire
Si tout récit est suggestion, si le rêve d’une Historie objectalisation neutre d’une Geschichte est une illusion, alors quelles suggestions nous donnons-nous ? Quelles suggestions bienveillantes proposons-nous aux futures générations ? A commencer par les petiots d’aujourd’hui ?
Plus je découvre mon ignorance des cultures non-occidentales, plus j’en veux à l’école d’avoir créé cette inculture. Dire que j’ai dû apprendre par coeur les arcanes biographiques de la troisième République et que je ne connaissais pas, il y a quelques mois, simplement le nom d’Ashoka, de Sejong le grand, de Wang Mang ! Scandale. Honte. Colère.
Plutôt que d’offrir comme modèle et idéal aux petits d’aujourd’hui Louis XIV et Napoléon, Yoshitsuné et Nobunagana (pour une introduction aux mythes historiques japonais, lire ceci), ne serait-il pas plus généreux, plus prévenant, plus aimant, d’honorer activement la mémoire des hommes qui, dans l’histoire de l’humanité toute entière, ont montré, par leur talent, leur mérite, leurs réalisations, que l’injustice peut reculer, un monde meilleur se construire ?
Dites moi comment vous racontez votre passé, je vous écrirai votre futur.
Choisissons comment nous racontons notre passé pour écrire ensemble notre futur.
