15 mai 2008

Gandhi, la France, le Japon, l’humilité, l’espoir

Filed under: esthétique,sociologie — Stéphane Barbery @ 6:48

Internet (en l’occurence, dans la technologie du moment, les pages populaires de digg ou de del.icio.us dont les fil rss s’affichent dans l’onglet Firefox en permanence ouvert de mon compte netvibes), c’est la sérendipité permanente.
Le plus souvent divertissante, geek et futile. Et parfois, d’une profondeur qui redonne espoir.

Cette page, compilant des citations majeures de Gandhi, était hier l’une des plus populaires et bookmarquées du net.

*

En intello français, j’ai toujours méprisé Gandhi.
Pas la prise de pouvoir. Mais le discours barbapapa.
Gandhi pour un français, c’est pas Robespierre. Alors on se dit qu’il a vraiment eu du bol, que de toute façon la décolonisation allait se faire à un moment ou un autre, et que sa réussite politique n’a rien à avoir avec son discours d’assistante d’école maternelle.
Pour un frentchouille : Gandhi, c’est Candy. Tourné en technicolor avec un accent british.

*

Alors hier, je me suis trouvé con, mais vraiment con, à pouvoir enfin être en mesure de comprendre la valeur de ses paroles, de ses propositions :

« Ne pas perdre foi en l’humanité. L’humanité est un océan; si quelques gouttes de l’océan sont sales, l’océan n’en devient pas sale ».

« La différence entre ce que nous faisons et ce que nous sommes capables de faire suffirait à résoudre la plupart des problèmes du monde ».

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le Monde ».

« Le faible ne peut jamais pardonner. Le pardon est un attribut du fort ».

« Une once de pratique vaut mieux que des tonnes de prêches ».

« Je ne veux pas anticiper le futur. Mon souci est de prendre soin du présent ».

« J’affirme n’être qu’un simple individu capable d’errer comme n’importe quel autre mortel. Je reconnais, pourtant, avoir l’humilité suffisante pour reconnaître mes erreurs et retracer mes pas ».

« D’abord ils vous ignorent, puis ils rient de vous, puis ils vous combattent, puis vous gagnez ».

« Un homme devient grand dans l’exact degré avec lequel il travaille pour le bien-être de ses semblables ».

« Le bonheur, c’est quand ce que l’on pense, ce que l’on dit, et ce que l’on fait est en harmonie ».

« Le développement constant est une loi de la vie et un homme qui essaye toujours de maintenir ses dogmes pour paraître consistant se conduit seul vers une position fausse ».

*

Je restai quelques instants dans la lumière chaleureuse de ces paroles.

Pour prendre conscience : ça, c’est pas le Japon.

Ca m’embêtait comme idée, alors je creusai.
Pour reconnaître par connexion : ça, c’est pas non plus la France.

*

Ce qui relie la France au Japon, c’est ce partage de ne pas être gandhien.

Il y a chez Gandhi de l’humilité et de l’espoir. Une orientation vers un futur meilleur. Pas vers un grand soir. Juste un petit matin. Mais baigné de soleil.

Un petit matin baigné de soleil, ça fait ricaner un français. Un japonais ne peut même pas s’autoriser à y penser.

Derrière le partage, en premier plan, de l’élégance, la France et le Japon ne communieraient-ils pas dans le désespoir ? Un désespoir révolté populaire et intello dans l’Hexagone. Un désespoir racinien ici ?

Alors devenir un franco-japonais gandhien.


 
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