6 août 2008

Apprendre le japonais en geek (round 3)

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 9:44

1000.
Mille.
千.
1000 kanji !
J’ai franchi la barre dimanche.

Désormais, plus que l’autre moitié du chemin…

Bien sûr je ne parle pas des lectures (on, kun).
Juste de la signification et de l’écriture.
Parce que j’ai fait le choix de la méthode Heisig traduite par Yves Maniette dont je pense qu’elle sera payante à moyen terme même si elle est un peu frustrante : elle monopolise presque tout mon temps d’apprentissage sur des éléments que je ne peux pas utiliser dans mes compétences de conversation courante qui, par conséquent et pour l’instant, progressent peu.
Mais 1000 en 4 mois, à raison d’une heure, une heure et demie par jour : ça se défend.

*

J’aurais abandonné depuis longtemps si je n’utilisais pas un logiciel de mémorisation espacée.
Ca, et l’engagement intérieur de ne jamais manquer – sous aucun prétexte – une seule journée d’utilisation du programme.

Et visiblement, ça marche. L’apprentissage se fait avec plaisir. Dans le plaisir d’avancer. Dans la sensation que le temps passé à répéter est toujours utile car les questions posées par le logiciel sont toujours adéquates : je ne suis jamais quizzé sur ce que je sais et les items proposés sont toujours ceux que j’ai besoin de réviser. Magie : la partie la plus insupportable de tout apprentissage, bachoter, est devenue ludique…

Faut dire qu’en geekitude, j’ai mis le paquet.
Explication détaillée de la photo ci-dessus.

*

En bas à gauche : mon dernier gadget. Celui que j’utilise 80% du temps.
Il s’agit d’un mini tablet PC de 600 grammes tournant sous Vista acheté d’occasion 450 euros : un Fujitsu Biblo Loox U50 XV.

En toute sincérité, si j’avais pu continuer à utiliser mon vieux Palm Zire 72 (à droite) pour me quizzer avec un SRS (Spaced Repetition System : logiciel de mémorisation espacé) reconnaissant les kanji au stylet comme sur un tablet PC, j’aurais préféré. La simple transformation en SRS du programme KangyGym light aurait même été suffisante.
Parce que le « Form Factor », l’ergonomie du Palm, la rapidité (pas de boot) de ces machines sont idéaux. Je rêve du smartphone ou du pda qui me permettrait cela…
Mais, à ma connaissance, ça n’existe pas.

*

Le Loox U50 n’est pas parfait. Son clavier minuscule est inutilisable, il chauffe donc ventile et il n’est pas de pire bruit de machine à mes oreilles. J’envisage de mettre un disque SSD pour voir si ça chauffe moins.
Mais faut dire qu’en ce moment, ce bzzz est couvert par le ronronnement de l’air con.
L’air con.  C’est comme cela qu’on désigne la clim’ au Japon.

*

Le U50 n’est pas parfait mais plus que correct pour l’utilisation que j’en fais : me quizzer en utilisant Mnemosyne dans lequel j’importe, morceau par morceau, la liste du Maniette.

Au départ, pour cette opération, j’utilisais mon portable. En visualisant dans ma tête la réponse. Je me suis rendu compte que j’avais besoin d’écrire les kanji en stimulant ma mémoire kinesthésique pour les enregistrer de façon plus profonde, plus intime. Je retrouve ainsi certains kanji sans les voir. Juste avec la danse de la main.

Bien sûr, j’aurais pu me contenter d’un papier et d’un crayon. J’ai commencé comme cela. Mais jongler entre un bloc note et un crayon qu’on pose et repose pour taper au clavier ou déplacer la souris conduit à perdre du temps. Et comme on a envie d’en perdre le moins possible à répéter ce que l’on sait, tout ce qui optimise cette étape (j’y passe environ une heure par jour) est perçu comme capital. D’où l’option mini tablet PC : une machine qui tient dans la main et sur laquelle on écrit directement.

*

La reconnaissance des caractères par Vista est de très bonne qualité.
J’ai juste acquis un « vrai » crayon avec un bout PDA pour écrire sur l’écran afin d’avoir une bonne prise en main et un plaisir à tracer – ce que l’on n’a pas avec les pauvres stylets rétractables livrés avec ces machines.
Je pense à l’instant que si j’ai pu facilement, grâce à vistalizator, franciser l’interface de mon vista japonais tout en conservant ses outils japonais de reconnaissance de kanji, je ne sais pas si l’opération inverse est simple…

*

Le Zire 72, je continue de l’utiliser sporadiquement pour vérifier et mémoriser le sens de tracé de certains kanji. C’est un point faible du Maniette : les caractères dactylographiés et manuscrits ne sont pas toujours exactement identiques et certains tracés méritent d’être répétés à partir d’un modèle. Kanjygym light joue parfaitement ce rôle. La version java du logiciel que j’ai installée sur le U50 n’est pas satisfaisante sur cet aspect : la fenêtre d’affichage du tracé est trop petite et ne dispose pas de boutons de défilement.

*

Selon le même besoin, j’utilise – également sporadiquement – la nintendo DS et le programme DS美文字トレーニング pour apprendre à tracer (pas mémoriser, calligraphier) les kanji difficiles à mettre en main. 心 par exemple.

*

Et puis je continue d’utiliser mon portable.
Je me suis rendu compte qu’Anki est sans doute bien meilleur que Mnemosyne dont je préfère pourtant l’interface dépouillée.
Je commence à utiliser Anki pour mémoriser de petites phrases simples correspondant à mon niveau et récupérées ici.
Là où Anki est inestimable (hormis la bluffante fonction de sauvegarde et de synchronisation en-ligne), c’est que l’on peut surligner, sélectionner les phrases affichées alors que bizarrement cela n’est pas possible avec Mnemosyne.
Pourquoi avoir besoin de sélectionner l’item sur lequel on se quizze ?

Eheheh : je suis très fier de ce qui suit.
Parce que je peux grâce à une combinaison de touches envoyer la sélection vers le programme Text-To-Speech TextAloud dans lequel j’ai importé une voix japonaise (la NeoSpeech Asian SAPI5 Show16 qui n’est bizarrement plus présente sur le site de TextAloud…) : mon PC me lit alors à la volée, à voix haute, avec une qualité digne d’un journaliste radio, ce que j’ai surligné.
C’est vraiment, vraiment magique. Totalement bluffant. Et cela permet d’être totalement autonome.

J’ai bien sûr installé Anki et TextAloud sur le U50 mais le clavier minuscule rend inutilisables ces outils quand il s’agit d’éditer et d’annoter des items sur Anki, ce que je fais actuellement en swappant en permanence sous Firefox où j’utilise des dictionnaires et des traducteurs en-ligne ainsi que le très bon plugin perapera.
Je pense que lorsque j’aurai fini le Maniette, je réviserai en assimilant les lectures on et kun, en utilisant Anki et sa fonction de synchronisation multi-machines du programme pour passer en permanence du portable à l’U50.

Tout le jargon qui précède m’amuse.
J’aime faire joujou avec mes beaux joujoux (doh ! je crois que c’est la première fois que j’utilise ce mot au pluriel et me revois en CE1).
Des beaux joujoux efficaces !
Et ça m’a fait du bien de crâner dans cette cour de récré.
En espérant que les plus geeks d’entre vous sauront trouver ici de l’inspiration pour leur liste au Père Noël.

*

Ah oui, comme ça juste au passage.
Je conviens – ça m’ennuie de reconnaître cette évidence mais je conviens quand même – qu’on ne peut pas comprendre grand chose au Japon sans savoir – écrire – le japonais…

J’en atteste d’un ressenti purement physique.


 
Articles récents :