30 mai 2009

Atelier Poésie, mercredi 3 juin 2009, IFJK, 17h00 : l’art poétique, Verlaine

Filed under: Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 9:36

Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit. Il a lieu au café de l’Institut où il est juste demandé de prendre une consommation.
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.

Chaque séance est consacrée à un poème classique. Il est fortement recommandé aux participants de venir à la séance en ayant lu le poème du mois et avec une liste de questions sur ce qui n’aura pas été compris.

La séance débute par une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du poème. Ceux qui veulent apprendre le poème par cœur sont chaleureusement encouragés à le faire. Connaître par cœur les plus belles créations poétiques d’une langue est le meilleur moyen d’accéder au cœur de cette langue, à une dimension qu’aucun cours de vocabulaire ou de grammaire ne pourra jamais révéler.

Dans un deuxième temps je détaille, vers après vers, le sens des mots, des références, des implicites du texte, j’insiste sur tous les aspects qu’un lecteur francophone, même cultivé, ne comprend pas et sur les raisons pour lesquelles il n’est pas nécessaire de comprendre dans son intégralité un poème pour en saisir la beauté.
Je tente ainsi de décrire non pas ce que comprend mais ce que ressent un français quand il lit un poème célèbre dans sa langue.
Cette phase est ouverte aux questions, aux échanges.

Je reste un temps supplémentaire (jusqu’à 18h30) pour échanger avec ceux qui le veulent sur le thème du poème et sur la façon dont l’esthétique japonaise pourrait ou ne pourrait pas traiter ce thème.

Poème étudié lors de la prochaine séance : l’Art poétique de Verlaine.

Liens :

Art poétique

De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n’ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l’Indécis au Précis se joint.

C’est des beaux yeux derrière des voiles
C’est le grand jour tremblant de midi,
C’est par un ciel d’automne attiédi
Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,
Pas la Couleur, rien que la nuance!
Oh! la nuance seule fiance
Le rêve au rêve et la flûte au cor !

Fuis du plus loin la Pointe assassine,
L’Esprit cruel et le Rire impur,
Qui font pleurer les yeux de l’Azur
Et tout cet ail de basse cuisine !

Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
Tu feras bien, en train d’énergie,
De rendre un peu la Rime assagie.
Si l’on n’y veille, elle ira jusqu’où ?

Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d’un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ?

De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la chose envolée
Qu’on sent qui fuit d’une âme en allée
Vers d’autres cieux à d’autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure
Eparse au vent crispé du matin
Qui va fleurant la menthe et le thym…
Et tout le reste est littérature.


4 mai 2009

Apprendre le japonais en geek (round 5)

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 16:38

Cinq mois ont passé depuis que j’annonçais avoir terminé le Maniette.

Ces mois ont été frustrants parce que j’aurais voulu embrayer tout de suite sur un volume 2 me permettant de mémoriser avec la même efficacité les lectures on et kun.
Or Remembering the Kanji 2 n’est pas le bon outil pour cela.

Pour plusieurs raisons :

  • Le livre n’est pas traduit et passer par l’étape mentale d’une traduction anglais-français ajoute une dépense cognitive qui, même légère, marginale, crée à la longue un léger effet de résistance alors que pour être efficace, l’apprentissage doit susciter la sensation d’un flow, d’une évidence.
  • Le livre ne permet d’apprendre que les lectures on. Le regroupement magique de kanjis en groupes purs (partageant une même racine graphique et une même prononciation), quasi-purs (une seule exception), mixtes (plusieurs exceptions), ne vaut que pour une partie seulement des kanjis.
  • L’association d’un son à une racine graphique repose dans le livre sur l’apprentissage de mots isolés, non classés par niveaux, hors contexte, donc essentiellement sur de la mémorisation brute.

Je me suis donc attelé à la tâche de créer ce qui n’existe pas aujourd’hui quand on termine le Maniette : la synthèse d’une base regroupant des informations disséminées dans des fichiers différents (infos de base RTK1 et 2, edict français classé par niveaux JLPT, phrases exemples extraites du projet Tatoeba.fr) et les données utiles du Remembering the Kanji 2 que j’ai entrées à la main. Cette base a pour fonction d’être utilisée dans Anki et pourquoi pas publiée dans une version papier.

Le temps passé à l’intégration de cette base était frustrant car il n’était pas consacré à l’apprentissage du japonais proprement dit. Je n’ai pourtant cessé pendant cette période de réviser mes kanji tous les jours et d’associer à cette révision un puis deux fabuleux outils pour l’entraînement à l’oral (écoute et production) :

  • Shadowing. Cette méthode exceptionnelle reprend le principe de la traduction simultanée et l’applique à l’apprentissage. Chaque leçon dure 1mn30 et comporte 10 courts échanges entre deux jeunes acteurs plein de peps et d’humour communiquant dans le japonais que des étudiants utilisent aujourd’hui. L’objectif est de pouvoir parler à la même vitesse qu’eux en même temps qu’on les écoute (shadowing). J’espère qu’un éditeur français traduira et distribuera ce livre et qu’il ajoutera à la simple traduction des phrases des explications grammaticales qui font parfois défaut dans la version actuelle.
  • Let’s Sing in Japanese. Le principe est désormais connu : pour mieux mémoriser, il faut saturer ses différents sous-modules de mémoire d’indices différents afin de faciliter le retrait ultérieur de l’information. Les chansons sont idéales pour cela. Mais toutes les chansons ne constituent pas de bons supports. Pour que la mémorisation soit agréable donc efficace, il faut que la chanson soit belle, qu’on ait envie de l’apprendre par coeur, de la chanter pour soi. La sélection de cette méthode est épatante. Un premier disque contient des chansons pleines d’humour créées par l’équipe. Un deuxième CD, des standards japonais de toute nature mais que j’ai eu envie dès la première écoute d’apprendre par coeur…

Le week-end dernier, moment d’émotion quand mon ami Olivier qui a créé les scripts Python (dont la conception requérait des compétences de très haut niveau) permettant de regrouper les différents fichiers et de filtrer/pondérer les éléments, m’envoie un fichier que je considère comme une version 0.9. J’attends l’autorisation de James Heisig avant de pouvoir le diffuser.

Et puis hier, un peu de déception en fouillant davantage sur la section applications iphone de l’Itunes Store.

L’iphone est vraiment l’outil de geek parfait pour l’apprentissage du japonais (Softcom a rendu le modèle 3G accessible à un prix raisonnable au Japon).

Comme sur n’importe quel autre smartphone, on peut bien sûr l’utiliser comme lecteur audio et vidéo.
En audio, sa balader en ayant toujours sur soi les deux méthodes citées plus haut (Shadowing et Let’s Sing in Japanese) est précieux.
Pour la vidéo, installer de chouettes divertissements dont on est prêt à apprendre les dialogues par coeur est un plus non négligeable en déplacement. A titre d’exemple sur mon iphone : l’Empire Contre Attaque et Totoro (les deux évidemment en japonais); j’envisage d’installer des épisodes de l’anime tiré de Shinchan (un must d’exploration sociologique !) pour me familiariser avec le japonais parlé « à la maison » et parce que c’est drôle. L’impératif pour que cela soit un outil d’apprentissage est de choisir des fichiers (chansons, textes, films) qui convoient des émotions positives, chaleureuses, pleines d’humour.

Mais c’est surtout l’ergonomie de l’interface du iphone qui le rend impressionnant.
Ci-dessous les applications à installer :

  • Japanese : dictionnaire anglo-japonais rapide avec listes thématiques, par niveaux et conjugaison
  • Kotoba : dictionnaire gratuit contenant le edict français
  • Katsuyo : conjugueur de verbes, outil de référence à la manière du Bescherelle mais dont on peut se passer si l’on a Japanese.

Ma déception d’hier vient d’avoir découvert les très très bons outils suivants qui rendent en partie inutile la base que j’avais en tête :

  • Japanese FlashCards : fabuleux outils de flashcards thématiques et par niveaux avec prononciation !
  • Kanji LS Touch : flash card de kanji incorporant un système Leitner, QCM mais surtout une remarquable interface d’écriture des kanji qui utilise la totalité de l’interface de l’écran

L’application idéale serait l’interface de Kanji LS Touch, le moteur de anki, la base que j’ai agrégée et des fichiers audio pour lire les phrases exemples.
Comme je doute que cela soit possible à court terme, je vais peaufiner ma base pour anki et l’utiliser conjointement avec Japanese FlashCards, Kanji LS Touch, et des sessions quotidienne de Shadowing.

Seul bémol, anki ne connaît pas encore actuellement de version totalement offline pour iphone.

Bonne quête !


Atelier Poésie, mercredi 13 mai 2009, IFJK, 17h15 : le Vierge, le Vivace et le bel aujourd’hui, Mallarmé

Filed under: Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 6:44

L’Institut Franco-Japonais du Kansai étant fermé pendant la Golden Week, l’atelier aura lieu le deuxième mercredi du mois : le 13 mai.

Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit. Il a lieu au café de l’Institut où il est juste demandé de prendre une consommation.
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.

Chaque séance est consacrée à un poème classique. Il est fortement recommandé aux participants de venir à la séance en ayant lu le poème du mois et avec une liste de questions sur ce qui n’aura pas été compris.

La séance débute par une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du poème. Ceux qui veulent apprendre le poème par cœur sont chaleureusement encouragés à le faire. Connaître par cœur les plus belles créations poétiques d’une langue est le meilleur moyen d’accéder au cœur de cette langue, à une dimension qu’aucun cours de vocabulaire ou de grammaire ne pourra jamais révéler.

Dans un deuxième temps je détaille, vers après vers, le sens des mots, des références, des implicites du texte, j’insiste sur tous les aspects qu’un lecteur francophone, même cultivé, ne comprend pas et sur les raisons pour lesquelles il n’est pas nécessaire de comprendre dans son intégralité un poème pour en saisir la beauté.
Je tente ainsi de décrire non pas ce que comprend mais ce que ressent un français quand il lit un poème célèbre dans sa langue.
Cette phase est ouverte aux questions, aux échanges. Elle se termine à 18h pour permettre aux étudiants de l’Institut qui ont des cours de pouvoir s’y rendre.

Je reste une demi-heure supplémentaire (jusqu’à 18h30) pour échanger avec ceux qui le veulent sur le thème du poème et sur la façon dont l’esthétique japonaise pourrait ou ne pourrait pas traiter ce thème.

Poème étudié lors de la prochaine séance : le Vierge, le Vivace et le bel aujourd’hui de Stéphane Mallarmé.

Liens :

Sonnet

Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
Magnifique mais qui sans espoir se délivre
Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie
Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
Il s’immobilise au songe froid de mépris
Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.


2 mai 2009

le-vieux.net

Filed under: Le Vieux — Stéphane Barbery @ 19:20

Le Vieux, mon texte en cours d’écriture et dont je publie, comme pour Ume, les chapitres au fil du clavier, n’aura pas le Japon pour thème principal même si ce dernier y sera omniprésent.

J’ai donc choisi, par souci de cohérence, de créer un nouveau site pour le Vieux : http://www.le-vieux.net

Ceux d’entre vous qui veulent en suivre les aventures peuvent d’ors et déjà l’inscrire dans leur lecteur RSS ou leur marque-page.

L’écriture du Vieux implique provisoirement un rythme moins soutenu des Tropiques.

Bonne lecture…

SB


 
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