Atelier Poésie, mardi 8 février 2011, Yoshida Yama, 14h30 : Salah Stétié
Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit.
Il se déroule chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).
C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.
Chaque séance est généralement consacrée à un poème classique ou à une série de poèmes d’un auteur classique.
L’essentiel de l’atelier consiste en une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du ou des poèmes. Cette lecture est le point de départ d’une interrogation sur l’esthétique française et ce qui la différencie de l’esthétique japonaise.
Texte étudié lors du prochain atelier : Raucité de Salah Stétié
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3 – Raucité
Au sommet de la vague il y a la frange
Du soleil et les équilibres du sel
Mille épées dans le nid brûlé à vif
Les oiseaux ont disparu du ciel
Uccelli ! Autour de vous l’éclat
Du lieu sans clé avec ses chambres de verdure
Puis soudain comme un peu de sang dans le jour
Les rochers, les cris durcis, la raucité
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Salah revient à Kyôto.
Tout contact avec Salah donne la sensation que la colonne vertébrale de notre âme est redressée.
On se prend à se tenir droit avec plaisir. Avec fierté.
Les mots du français retrouvent le goût qu’ils avaient quand on découvrait la poésie, adolescent.
Croiser Salah, c’est entendre plus fort, l’appel autrement aujourd’hui étouffé de la beauté. Etouffé au point qu’on doute de son existence.
L’homme vert, Khidr ou Khisr, est en Islam le compagnon de route des voyageurs de terre ou de mer, un passeur d’hommes et un passeur d’âmes. (…) Les caravaniers perdus dans les immensités sans fin l’invoquent à l’heure du grand péril, les marins égarés sur la mer le supplient à l’instant du grand tourment : il est celui qui lève les doutes et qui sauve. (…) Ce guide spirituel, ce passeur de gués et des isthmes, ce libérateur des ensablés, cet affranchisseur à la main verte, ce médiateur, c’est par lui, assure la tradition, que verdoie ce qui en nous est désert et que s’éclaire ce qui de nous est désir.
(in Réfraction du désert et du désir, Babel Editeur, Mazamet 1994. Cité par Yves Leclair dans le numéro spécial de la revue Nunc consacré à Salah Stétié.)
Salah est plus qu’un Khidr. C’est un homme émeraude.
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