Atelier Poésie, mardi 1 mai 2012, Yoshida Yama, 14h : les femmes en poésie
Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit.
Il se déroule chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).
C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.
Chaque séance est généralement consacrée à un poème classique ou à une série de poèmes d’un auteur classique.
L’essentiel de l’atelier consiste en une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du ou des poèmes. Cette lecture est le point de départ d’une interrogation sur l’esthétique française et ce qui la différencie de l’esthétique japonaise.
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Exceptionnellement, nous ne sommes pas partis d’un texte lors de cette séance. Mais d’une question en feuilletant des recueils de référence : pourquoi si on ouvre une anthologie de la poésie française ne trouve-t-on en général que deux femmes (Louise Labbé, Marceline Desbordes-Valmore) et des vers un brin Harlequin et non de première catégorie (« Tant que mes yeux pourront larmes épandre », « j’ai voulu ce matin te rapporter des roses ») alors que la littérature japonaise célèbre les vers profonds de ses innombrables femmes poètes ?
Quelques pistes que nous avons abordées :
- Histoire politique et histoire littéraire : la durée des périodes précieuses de cour (Précieuses ridicules de Molière / Shikibu – Shonagon).
- Histoire politique et histoire du sujet : Lumières, révolutions, affirmation du sujet / trauma des guerres d’Opium et sacrifice de la génération des intellectuels sous Meiji pour éviter les troubles sociaux et l’asservissement à l’Occident façon scénario chinois (cf. « Au temps de Botchan » de Taniguchi).
- La figure du prophète du dieu unique et la figure fondatrice d’Homère pour l’Occidental désenchanté : pour un homme qui n’a pas pour lui l’expérience de l’enfantement (argument valide ou lieu commun fumiste ?), laisser sa trace comme un « Immortel » par un texte : nécessité d’affirmer un inédit, un spécifique. A comparer avec le ka-chô-fû-getsu (花鳥風月, fleur-oiseau-vents-lune) et les variations infinies sur le même de la poésie asiatique qui est moins affirmation d’une individualité qu’effacement d’un je dans un instant, dans un hors-temps, communion dans l’universel.
La voie sans issue de l’avant-garde depuis un siècle et demi.
- Tawara Machi et ce qui touche, de spécifiquement féminin, dans la poésie japonaise. Egalité, lutte et brouillage contemporain des identités sexuelles. Le féminin et le Japon.
