4 juin 2011

La stratégie de la petite soeur pour énerver son grand frère

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 17:54

Enfants au p'tit vieux

Khatzumoto est un génie (si l’on met de côté son mauvais goût en matière de musique et de vidéo).

Je ne saurai suffisamment recommander de lire l’intégralité de son site « All Japanese All The Time (Ajatt) « , de soutenir son activité en achetant ses fichiers (et notamment The Little Red Dao of Ajatt), de suivre ses tweets souvent plus inspirants et plus profonds que les aphorismes des philosophes les plus respectés.

Tous ses textes devraient être traduits en français et promus auprès de tous les enseignants. Tous les enseignants. De toutes disciplines. Pour tous les publics. De toutes générations.

On trouve sur son nouveau site qui héberge son programme de coaching quotidien d’apprentissage du japonais pour happy few qui ont eu la chance de réserver les rares places disponibles, une recommandation qui me semble la plus intelligente que j’ai jamais rencontrée pour ce qui est de l’apprentissage d’une langue étrangère : la stratégie de la petite sœur pour énerver son grand frère.

Le but ultime de l’apprentissage d’une langue est de pouvoir s’exprimer à l’oral avec la même fluidité que les locaux. Une des méthodes pour atteindre cet objectif est le shadowing : la répétition à l’identique d’enregistrements de locuteurs dialoguant dans leur langue maternelle.

L’étudiant appliqué, souvent adulte, qui s’attelle à cet exercice le fait… en adulte appliqué. Et au bout d’un moment, il fatigue et s’ennuie, persévère sans progresser aussi efficacement qu’il le pourrait.

Tout le monde a pourtant, enfant, joué au perroquet; à énerver les adultes en les singeant jusqu’à ce que ces derniers haussent la voix fatigués et outrés par l’impolitesse de se voir proposer en miroir leurs tics et postures.

Les petites sœurs sont championnes dans cet exercice. Inépuisables, elles gagnent toujours avec un plaisir manifeste.

Voilà le secret précieux de la méthode : retrouver ce plaisir ludique de singer à l’identique. Tous les jours pendant plusieurs minutes, devenir la petite soeur qui a le sentiment de parodier alors qu’elle ne fait que dupliquer.

Depuis que je m’autorise à cela, je jubile en ayant le sentiment d’avancer incroyablement plus vite.

Bien sûr la question se pose de savoir qui dupliquer. La langue japonaise contemporaine offre singulièrement peu de modèles identificatoires élégants et virils, dignes de mimique pour un homme adulte. La télévision japonaise et ses comiques stupides réduisent le lexique japonais à trois adjectifs (Sugee ! Umai ! Kawaiii !), une exclamation (Ehhhhh) et deux champs sémantiques (la météo, les spécialités culinaires régionales).

Les gaijins interviewés par la télévision japonaise, aussi parfaits bilingues soient-ils, font le plus souvent pitié à dupliquer cet abrutissement hypomaniaque qui incarne l’opposition absolue au monde japonais du thé, du nô, du haïku, qui élève les âmes et les cœurs et qui justifie qu’on passe plusieurs années de sa vie à apprendre cette langue aux milliers de kanji.

Donc la stratégie de la petite soeur qui énerve son grand frère, oui ! Mais en choisissant avec soin ses modèles.

Les films (y compris étrangers et doublés en japonais) proposent un réservoir inépuisable de bons grands frères à énerver.


6 mai 2011

Apprendre le japonais en geek (round 8)

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 21:20

Un quart de quatre-quart qui ne serait pas un gâteau, ni une fleur

Partage d’une astuce, découverte hier, permettant de faire lire un texte japonais directement à votre iphone ou ipad.

1) Aller dans « Réglages » puis « Général », puis « Accessibilité »

2) Cliquer sur « Triple clic sur le bouton principal » et sélectionner « VoiceOver »

3) Faites un test : triple-cliquer sur le bouton principal, vous entendrez, si l’interface de votre iphone/ipad est en français « VoiceOver activé ». Désormais si vous sélectionnez une zone de texte en français, le texte est lu… en français. Les textes dans une autre langue ne sont pas lus. Triple-cliquer pour désactiver.
Attention pendant l’activation, le défilement de l’écran se fait en touchant rapidement l’écran avec trois doigts.

4) Revenez dans « Réglages » puis « Général » mais cette fois-ci « International »
Si vous souhaitez faire lire des textes en japonais, vous devez passer votre appareil dans une interface en langue japonaise. Donc cliquez sur « Langue » et sélectionnez « 日本語 ».
Votre appareil redémarre et affiche désormais une interface en japonais. Si vous activez maintenant le VoiceOver en triple cliquant et en sélectionnant un texte japonais, ce dernier sera lu… en japonais

5) Pour ralentir le débit de la lecture, retournez dans « Réglages », « Général », « VoiceOver », et faites glisser le curseur « Débit Vocal » vers la gauche (côté tortue).

La voix est mécanique et sans comparaison possible avec celle d’un bon moteur Text-To-Speech. Elle fait penser avec nostalgie à Wargames. Mais cette astuce, gratuite, ne nécessitant pas d’application supplémentaire, pourra servir de solution de dépannage pour accéder à un texte dense sur iphone/ipad sur lesquels je ne connais pas de solution offline équivalente à Rikaichan/Rikaikun.

Je n’ai pas testé d’autres langues que le français et le japonais mais je suppose que cette astuce doit fonctionner pour d’autres langues et sera utile pour toute personne en situation d’apprentissage.


28 décembre 2010

Apprendre le japonais en geek (round 7)

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 14:33

Le dripping des esprits

Un point rapide pour partager les ressources que j’ai intégrées ces derniers mois à mes sessions quotidiennes d’apprentissage.

1) Pour qui veut apprendre le japonais (ou toute autre langue étrangère), Ajatt est le point de départ que j’aurais aimé connaître et prendre au sérieux bien plus tôt. La profondeur des aphorismes de Khatzumoto est abyssale et j’ai souvent, à leur lecture, des moments de joyeuse stupéfaction équivalents à ceux provoqués par les plus grands textes (philosophiques notamment) que j’ai pu lire dans le passé. Je recommande à tous la synthèse de cette méthode : The Little Red Dao of AJATT.

2) Récemment, j’ai notamment intégré à mon apprentissage deux recommandations d’Ajatt, simples, de bon sens, profondes et efficaces : le timeboxing, l’exposition plaisir.

a) Timeboxing : l’empan de concentration pour une tâche (surtout fastidieuse comme une répétition, ou intense comme une session de SRS) est limité. Mon empan est de 20mn environ. Prévoir de travailler une heure sur une tâche sans prendre en considération cette limite peut conduire à un arrêt impromptu ou du découragement. L’idée est donc, à la manière de la technique Pomodoro, d’avoir un timer qui toutes les 20mn sonne. On fait alors une pause de 5mn (un petit tour sur son mail par exemple), puis on reprend. Toutes les quatre sessions, on fait une pause plus longue.
L’idéal est d’alterner, dans ses sessions, des types d’entraînement différents : kanji, vocabulaire, lecture, écriture, grammaire, écoute, production orale.

b) Exposition plaisir : On ne donne pas à un CP le journal à lire. Nous avons appris notre langue maternelle en lisant des Tintin, des Astérix, des Club des cinq, en regardant des émissions que nous aimions à la télévision, adaptées à notre niveau qui évoluait d’année en année. Voilà l’évidence : nous avons eu besoin d’années d’exposition plaisante pour maîtriser notre langue. Il n’en est pas autrement pour une langue étrangère. Un adulte futé avec de bons outils peut gagner du temps pour certains apprentissages. Il ne peut échapper à la nécessaire exposition et pour qu’il choisisse de continuer à y consacrer autant de temps, il faut que cette exposition soit plaisante. Fun ne veut pas dire sans effort. Mais un effort joyeux.

L’enjeu est donc de trouver un medium conçu pour les enfants japonais et qui puisse plaire sur la durée à un adulte occidental.
J’ai actuellement trouvé mon bonheur dans Docteur Slump d’Akira Toriyama.
Toriyama est un génie. Son dessin me fait penser au plaisir que l’on prend avec Franquin quand on commence à regarder chaque détail, chaque trait de chaque case.
L’humour qu’on trouve dans Arare Chan (la petite fille robot personnage central de Dr Slump) fonctionne avec les enfants comme avec les adultes et de nombreuses clés de lecture de la société japonaise nous sont données dans chaque épisode. La génération actuelle d’adultes japonais a grandi avec Arare Chan. De nombreux gimmicks comportementaux et langagiers actuels des japonais trentenaires, notamment chez les femmes, sont repris à l’identique de l’anime tiré du manga.

On peut trouver les manga de Dr Slump en grand format ce qui facilite sa lecture quand on n’a pas encore plusieurs années de pratique des kana et des kanji. Les furigana sont systématiquement imprimés. Ces deux éléments importants combinés (grand format / furigana) sont assez rares dans l’édition japonaise. Dans d’autres registres de manga, Hikaru no Go et Shaman King font partie de ces raretés que l’on peut explorer avec plaisir surtout si on les a déjà lus en français.

Outre l’entraînement à la lecture, les manga donnent accès à ce qu’aucun livre d’apprentissage ne met en valeur et qui est pourtant le seul qui importe au quotidien : le japonais réellement parlé, celui qui mange et déforme la grammaire officielle, celui dont la communication repose sur l’art subtil des désinences de fin de phrase.

L’anime de Dr Slump disponible en DVD est un formidable outil pour accéder au rythme de la langue et ses désinences. L’écoute concentrée d’un épisode est un véritable exercice de décryptage. Il faut juste regretter l’absence de sous-titres affichant l’intégralité des dialogues. Cela aurait été alors l’outil parfait.

Si quelqu’un connaît un manga ou un bon drama affichant l’intégralité des dialogues en sous-titres je suis preneur. Comme ailleurs, pour minimiser la taille de l’affichage, les sous-titres dans les DVD japonais synthétisent les dialogues et ne les retranscrivent pas dans leur intégralité ce qui est dommage pour l’apprenant. [Jean-François a répondu à mon appel et me pointe la page idéale qui se trouve... sur Ajatt]

3) Shadowing. J’ai déjà évoqué tout le bien que je pense du premier volume de cette méthode qui utilise d’ailleurs les principes du timeboxing et de l’exposition plaisir. Un deuxième tome vient de sortir en cette fin d’année 2010. Je le recommande chaleureusement pour ceux qui sont capables de suivre les trois quarts du premier tome sans difficultés. Les débutants s’abstiendront quelques mois pour ne pas être découragés. Ce deuxième volume associe chaque section à des types de dialogue relevant de niveaux de langage différents (au sein d’un couple, entre amis proches, en milieu professionnel, etc.). Les 6 étapes décrites dans la préface pour aboutir progressivement à la fluidité des acteurs du cd sont judicieuses et respectueuses de la charge cognitive intense qui est requise.

4) Ipad. Le support matériel parfait (taille, silence, tactile) pour le geek apprenant le japonais. La version mobile d’Anki sur Ipad est mon outil principal de révision et de mémorisation.

Je continue de me quizzer sur ma base de données personnelle pour réviser le lien sens/écriture des kanji que j’ai appris dans le Maniette.

Mais pour apprendre et réviser les lectures on et kun yomi, j’ai laissé tomber les fichiers du Core2000 de last.fm pour importer dans anki à sa place la base de Kanji Odyssee 2001. On ne peut commander les deux livres et le cd de cette méthode que sur le site de l’éditeur. Mais, si et uniquement si vous avez acheté le matériel, vous pouvez, en utilisant les bonnes requêtes google, trouver en-ligne les fichiers pour importer la base dans anki.
La taille et l’utilisation des couleurs des caractères de cette méthode (je parle des fichiers extraits du cd et importés dans anki sous forme d’images) rend la lecture aisée et les phrases d’exemples pour chaque kanji sont les plus fines que j’ai pu trouver à ce jour : elles combinent astucieusement plusieurs lectures d’un même kanji en utilisant des exemples que l’on pourrait lire dans le journal. Le registre de langage est donc radicalement différent de celui d’Arare Chan mais tout aussi impératif à maîtriser. Les enregistrements audio des phrases sont excellents et l’on peut faire du shadowing avec.

5) Comme il est important dans sa journée de varier ses supports de révisions (en choisissant exclusivement ceux où l’on trouve du plaisir), j’utilise également un livre conçu pour les enfants japonais en primaire afin d’apprendre kanji et vocabulaire. Il existe plusieurs ouvrages de ce type ressemblant à des dictionnaires où chaque kanji est associé à des vignettes de bandes dessinées avec ou sans couleurs. Après tests et sélection, celui que je préfère est le 満点学習まんが 漢字とことば. Les caractères sont suffisamment grands pour que la lecture en soit agréable, l’humour rend le décryptage léger, les exemples de mots ou de phrases pour chaque kanji simples d’accès, chaque information donnée est utile, aucune surcharge ne vient bruiter l’information à mémoriser.

J’aimerais trouver un moyen simple de numériser cette ressource précieuse pour l’intégrer à ma base anki.
Prochaine acquisition geek donc : un scanner (type ScanSnap S1500), un bon massicot et une solution pour automatiser la fragmentation d’une numérisation.

6) A mentionner enfin, comme outil d’exposition plaisir (lecture, prononciation), l’application de karaoke Joysound malheureusement disponible sur l’appstore japonais uniquement…


14 août 2009

Apprendre le japonais en geek (round 6)

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 6:34

Synthèse d’étape sur mon avancée des derniers mois dans la construction d’un outil d’apprentissage du japonais parfait pour geek.

La base de donnée complète que j’ai constituée pendant le premier semestre de cette année autour du deuxième volume d’Heisig : je ne l’utilise pas. Pas encore. Plus tard sans doute. Car j’ai trouvé mieux. Différent mais définitivement mieux pour le niveau où je me situe.

J’avais testé l’année dernière le site smart.fm sans en comprendre l’intérêt. Créé par une équipe japonaise, le site me semblait beau, avec trop de flash à mon goût, mais je ne l’avais perçu que comme une coquille vide dans laquelle chacun crée ses propres listes. Un succédané en-ligne, communautaire (mais cet aspect est beaucoup moins bon que Lang-8 que je recommande), à Anki ou Mnemosyne : mais sans l’algorithme de répétition espacée.

Et puis, par le hasard d’une discussion technique annexe sur le forum d’Anki, je suis tombé sur les listes déjà prêtes, créées et mises à disposition par l’équipe Smart.fm (Cerego). Il en existe pour différentes langues, elles sont morcelées par séries de 200 items de vocabulaire. La série Core 2000 pour le japonais est tout simplement fantastique :
- la progression du niveau de vocabulaire est judicieuse.
- les phrases d’exemples sont simples, utiles.
- ces phrases sont enregistrées par des acteurs professionnels qui ont un ton de voix enjoué, contemporain, que l’on prend plaisir à écouter.
- tous les items sont accompagnés d’une photo toujours pertinente pour le vocabulaire étudié, comportant de la couleur, du mouvement, des émotions, souvent de l’humour, c’est-à-dire tous les éléments indispensables pour saturer ses modules mnésiques d’indices de récupération de nature différente.

Au lieu d’apprendre un mot de vocabulaire dans une liste sèche, ce que l’on fait en général à l’école, Core 2000 de Smart.fm nous propose une situation où l’on apprend un mot dans le contexte d’une phrase courte. Chaque mot servant d’indice pour les autres, on apprend ainsi du vocabulaire, de la grammaire et des tournures effectivement utilisées, inconsciemment.
Chaque phrase-contexte est :
- textuelle (la base contient : kanji, kana, romaji)
- orale (joyeuse, agréable, porteuse d’émotions, avec les bons accents et les bons rythmes)
- visuelle (fond, couleurs, mouvements, émotions)

Les deux derniers éléments faisaient cruellement défaut à la base de données que j’ai précédemment construite.
Pour la dimension visuelle, celle qui crée les indices de rappel les plus forts, j’ai pourtant tenté de contacter un éditeur scolaire japonais pour pouvoir utiliser les petites vignettes rigolotes illustrant leur collection de fiches d’apprentissages de kanji pour les enfants d’ici mais l’opération ne semblait pas simple à mettre en place et coûteuse.
Pour l’audio, quelle que soit la qualité de mon logiciel Text-to-Speech, la voix (NeoSpeech Asian SAPI5 Show16), même de grande qualité, a un rendu impersonnel qui à la longue produit une sensation d’ennui (le critère même qu’il faut fuir quand on passe beaucoup de temps sur un outil de mémorisation).

J’ai donc passé plusieurs semaines sur le site smart.fm en utilisant les trois modules flash d’apprentissage qu’ils proposent :
- Un module qui malheureusement contraint à répéter au moins 4 fois un item sur le mode du thème et de la version dans des exercices de reconnaissance et de production différents
- Un excellent module de dictée
- Un module ludique de reconnaissance rapide

Ces modules ont de nombreuses qualités. Ils seront disponibles cette année pour l’iphone.
Mais quand on a fait l’expérience de la puissance de l’algorithme de répétition espacée dans Mnemosyne ou Anki, des outils de mémorisation qui ne l’utilisent pas sont ressentis comme terriblement frustrants, moins efficaces, rigides, gâcheurs de temps.

C’est à ce moment précis que j’ai découvert le plugin d’importation de smart.fm dans Anki développé par Joe Savona et directement téléchargeable dans Anki. Grâce à ce plugin, vous rentrez l’url de la liste smart.fm que vous souhaitez importer, les paramètres d’importation (mots simples ou phrases, thèmes ou versions, avec ou sans fichier mp3 – pour télécharger en local les fichiers images, il faut modifier l’une des toutes premières lignes du fichier python du plugin : changer en « True » le paramètre download_images qui est par défaut « False ») et vous pouvez ensuite vous passer complètement de smart.fm.

Si par ailleurs vous utilisez dans Anki, le dernier « package japanese » qui contient un performant moteur de furigana, on se retrouve avec un outil qui n’est pas loin d’être parfait :
- Le moteur d’Anki avec la génération automatique de furigana (au dessus des caractères)
- la base de phrases-contexte multimédia de smart.fm
- la possibilité de personnaliser la base comme vous le souhaitez.

Depuis deux semaines, je travaille sur une liste de 500 verbes créée par un utilisateur de smart.fm à partir des ressources de la liste Core 2000 et d’autres fichiers (des extraits de chanson, d’anime). Anki me propose la phrase en anglais et le verbe en japonais (sans furigana). A moi de répondre en traduisant la phrase en me concentrant sur la mémorisation du verbe.

J’ai rajouté à cette base de données un champ « mnémo » où j’entre, au fil de mes apprentissages, pour chaque item, une astuce mnémotechnique : en général une petite histoire rigolote (les plus débiles se mémorisent le mieux) mêlant le sens du mot japonais avec des mots (français, anglais, japonais) contenus dans le son du mot japonais.
Exemple : pour 求める, dont l’un des sens est « chercher » et qui se prononce « motomeru », je me suis créé une petite vignette mentale (y mettre mouvement, humour, couleur) où un mérou cherche sa moto.

Sur cette interface de travail, je réutilise la bonne idée de la méthode Shadowing qui consiste à s’entraîner à répéter les phrases, au même rythme et avec les mêmes intonations que celles qui sont enregistrées.
Mais Anki propose une solution supérieure à celle de Shadowing car chaque phrase tirée de smart.fm est déjà un fichier autonome que l’on peut, en un clic, répéter et répéter encore jusqu’à ce qu’on la prononce parfaitement synchrone avec l’acteur natif.

Vingt nouveaux items par jour – tous les jours – et la révision des anciens, me prend environ une heure (intensive).

Il me semble que pour ceux qui ont fini le Maniette, cette affreuse bidouille qui découragerait tout non-geek n’est pas loin d’être parfaite


4 mai 2009

Apprendre le japonais en geek (round 5)

Filed under: Apprendre le japonais — Stéphane Barbery @ 16:38

Cinq mois ont passé depuis que j’annonçais avoir terminé le Maniette.

Ces mois ont été frustrants parce que j’aurais voulu embrayer tout de suite sur un volume 2 me permettant de mémoriser avec la même efficacité les lectures on et kun.
Or Remembering the Kanji 2 n’est pas le bon outil pour cela.

Pour plusieurs raisons :

  • Le livre n’est pas traduit et passer par l’étape mentale d’une traduction anglais-français ajoute une dépense cognitive qui, même légère, marginale, crée à la longue un léger effet de résistance alors que pour être efficace, l’apprentissage doit susciter la sensation d’un flow, d’une évidence.
  • Le livre ne permet d’apprendre que les lectures on. Le regroupement magique de kanjis en groupes purs (partageant une même racine graphique et une même prononciation), quasi-purs (une seule exception), mixtes (plusieurs exceptions), ne vaut que pour une partie seulement des kanjis.
  • L’association d’un son à une racine graphique repose dans le livre sur l’apprentissage de mots isolés, non classés par niveaux, hors contexte, donc essentiellement sur de la mémorisation brute.

Je me suis donc attelé à la tâche de créer ce qui n’existe pas aujourd’hui quand on termine le Maniette : la synthèse d’une base regroupant des informations disséminées dans des fichiers différents (infos de base RTK1 et 2, edict français classé par niveaux JLPT, phrases exemples extraites du projet Tatoeba.fr) et les données utiles du Remembering the Kanji 2 que j’ai entrées à la main. Cette base a pour fonction d’être utilisée dans Anki et pourquoi pas publiée dans une version papier.

Le temps passé à l’intégration de cette base était frustrant car il n’était pas consacré à l’apprentissage du japonais proprement dit. Je n’ai pourtant cessé pendant cette période de réviser mes kanji tous les jours et d’associer à cette révision un puis deux fabuleux outils pour l’entraînement à l’oral (écoute et production) :

  • Shadowing. Cette méthode exceptionnelle reprend le principe de la traduction simultanée et l’applique à l’apprentissage. Chaque leçon dure 1mn30 et comporte 10 courts échanges entre deux jeunes acteurs plein de peps et d’humour communiquant dans le japonais que des étudiants utilisent aujourd’hui. L’objectif est de pouvoir parler à la même vitesse qu’eux en même temps qu’on les écoute (shadowing). J’espère qu’un éditeur français traduira et distribuera ce livre et qu’il ajoutera à la simple traduction des phrases des explications grammaticales qui font parfois défaut dans la version actuelle.
  • Let’s Sing in Japanese. Le principe est désormais connu : pour mieux mémoriser, il faut saturer ses différents sous-modules de mémoire d’indices différents afin de faciliter le retrait ultérieur de l’information. Les chansons sont idéales pour cela. Mais toutes les chansons ne constituent pas de bons supports. Pour que la mémorisation soit agréable donc efficace, il faut que la chanson soit belle, qu’on ait envie de l’apprendre par coeur, de la chanter pour soi. La sélection de cette méthode est épatante. Un premier disque contient des chansons pleines d’humour créées par l’équipe. Un deuxième CD, des standards japonais de toute nature mais que j’ai eu envie dès la première écoute d’apprendre par coeur…

Le week-end dernier, moment d’émotion quand mon ami Olivier qui a créé les scripts Python (dont la conception requérait des compétences de très haut niveau) permettant de regrouper les différents fichiers et de filtrer/pondérer les éléments, m’envoie un fichier que je considère comme une version 0.9. J’attends l’autorisation de James Heisig avant de pouvoir le diffuser.

Et puis hier, un peu de déception en fouillant davantage sur la section applications iphone de l’Itunes Store.

L’iphone est vraiment l’outil de geek parfait pour l’apprentissage du japonais (Softcom a rendu le modèle 3G accessible à un prix raisonnable au Japon).

Comme sur n’importe quel autre smartphone, on peut bien sûr l’utiliser comme lecteur audio et vidéo.
En audio, sa balader en ayant toujours sur soi les deux méthodes citées plus haut (Shadowing et Let’s Sing in Japanese) est précieux.
Pour la vidéo, installer de chouettes divertissements dont on est prêt à apprendre les dialogues par coeur est un plus non négligeable en déplacement. A titre d’exemple sur mon iphone : l’Empire Contre Attaque et Totoro (les deux évidemment en japonais); j’envisage d’installer des épisodes de l’anime tiré de Shinchan (un must d’exploration sociologique !) pour me familiariser avec le japonais parlé « à la maison » et parce que c’est drôle. L’impératif pour que cela soit un outil d’apprentissage est de choisir des fichiers (chansons, textes, films) qui convoient des émotions positives, chaleureuses, pleines d’humour.

Mais c’est surtout l’ergonomie de l’interface du iphone qui le rend impressionnant.
Ci-dessous les applications à installer :

  • Japanese : dictionnaire anglo-japonais rapide avec listes thématiques, par niveaux et conjugaison
  • Kotoba : dictionnaire gratuit contenant le edict français
  • Katsuyo : conjugueur de verbes, outil de référence à la manière du Bescherelle mais dont on peut se passer si l’on a Japanese.

Ma déception d’hier vient d’avoir découvert les très très bons outils suivants qui rendent en partie inutile la base que j’avais en tête :

  • Japanese FlashCards : fabuleux outils de flashcards thématiques et par niveaux avec prononciation !
  • Kanji LS Touch : flash card de kanji incorporant un système Leitner, QCM mais surtout une remarquable interface d’écriture des kanji qui utilise la totalité de l’interface de l’écran

L’application idéale serait l’interface de Kanji LS Touch, le moteur de anki, la base que j’ai agrégée et des fichiers audio pour lire les phrases exemples.
Comme je doute que cela soit possible à court terme, je vais peaufiner ma base pour anki et l’utiliser conjointement avec Japanese FlashCards, Kanji LS Touch, et des sessions quotidienne de Shadowing.

Seul bémol, anki ne connaît pas encore actuellement de version totalement offline pour iphone.

Bonne quête !


 
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