Le sable
La vague sur le sable
qui gratte
puis crispe encore
revient
démange
un silence
elle revient
la vague
qui prive
j’attends tes mots
Les Liens blancs sont réguliers.
les yeux clairs perçoivent leur lampion sur le col à 3h.
Et ils arrivent, au Lien de la baie, à 5h20
après avoir salué l’autel
et nourri leurs deux chiens blancs.
Ils sont trois pour la liaison de la baie.
Depuis ton départ
mon sommeil a un goût de respiration
celle d’une apnée trop longue
celle d’une fièvre
A 9h, je souris au col.
A 10h, je souris au col.
A 11h, je bénis le col.
A minuit, je sursaute, joins les mains, appelle le col.
A 1h, ma paupière lente borde le col.
A 2h, mes yeux sont fixes.
A 3h, mes yeux tremblent.
Comme des capricornes dans le bois.
A 4h, je souffle au pas du lampion
A 5h, je flatte les chiens blancs qui me fêtent.
Je relis tes mots du doute.
La fleur de ta main dans mes cheveux.
Mon menton se lève.
Je me sens fluide.
Les femmes sont d’opale
Je me surprends.
A dire ton nom
A dire ton nom à voix haute.
Je me surprends
à dire ton nom
ton nom suivi d’une virgule
ton nom suivi d’une virgule
puis
je t’aime
Mon ventre n’a pas de doute.
Je te nomme
vérifie que tu entends
puis
je t’aime
et les mots chantent juste
dans l’aurore absente
ils chantent juste
Tu fais danser mes mots.
J’ignorais leur corps.




