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	<title>Tropiques Japonaises &#187; Journal</title>
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		<title>Tropiques Japonaises</title>
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		<title>#jaimekyoto</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Apr 2011 11:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[twitter]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis depuis quelques semaines de retour chez moi, à Kyôto. J&#8217;ai trouvé à Manigod, près d&#8217;Annecy, le lieu idéal pour &#171;&#160;transmettre les jardins de beauté&#171;&#160;. Je compte faire de mon mieux pour que cet endroit devienne une ambassade culturelle de Kyôto où pourront venir des jardiniers certes, mais également des maîtres de thé, d&#8217;encens, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5671496195/" title="Pré-tracés by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm6.static.flickr.com/5024/5671496195_6038e5afea.jpg" width="500" height="333" alt="Pré-tracés"></a></p>
<p>Je suis depuis quelques semaines de retour chez moi, à Kyôto.</p>
<p>J&#8217;ai trouvé à Manigod, près d&#8217;Annecy, le lieu idéal pour &laquo;&nbsp;<a href="http://www.tropiques-japonaises.fr/2011/03/19/transmettre-les-jardins-de-beaute/">transmettre les jardins de beauté</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Je compte faire de mon mieux pour que cet endroit devienne une ambassade culturelle de Kyôto où pourront venir des jardiniers certes, mais également des maîtres de thé, d&#8217;encens, de fleurs, des artisans, tous ceux qui font battre le coeur de ce qui me bouleverse ici. Leur faire découvrir la beauté des Alpes françaises dans un environnement à couper le souffle et qui sera respecté comme tel. Et permettre aux Français de rencontrer ces artistes, qu&#8217;en général, un touriste qui a pourtant fait le déplacement, n&#8217;a pas l&#8217;occasion d&#8217;approcher. Mettre en oeuvre mon devoir de passeur, autrement que par des textes et des photos.</p>
<p>C&#8217;est un projet sur le très long terme. D&#8217;autant que j&#8217;ai l&#8217;intention de continuer à habiter principalement ici au Japon, à Kyôto que les événements tragiques du mois dernier n&#8217;ont pas changé d&#8217;un iota, où vous pouvez venir en toute quiétude, et que j&#8217;ai décidé de célébrer en postant tous les jours sur <a href="https://twitter.com/#!/StephaneBarbery">twitter</a>, une raison qui explique ma fascination pour ce lieu unique.</p>
<p>Vous pouvez vous abonner et suivre ce fil ici : <a href="https://twitter.com/#!/StephaneBarbery">https://twitter.com/#!/StephaneBarbery</a></p>
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		<title>Transmettre les jardins de beauté</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Mar 2011 08:06:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>

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		<description><![CDATA[Ma chance &#8211; pouvoir accéder sur un temps long et dans des conditions idéales à la beauté japonaise &#8211; je la vis comme naturellement associée à un devoir. Celui de partager, de passer, de transmettre. C&#8217;est le sens de mes photos, de mes textes, de mes différents projets en cours de maturation (maison d&#8217;édition, select [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5536102497/" title="Qui irradierait la vie by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm6.static.flickr.com/5139/5536102497_e8c37d7528.jpg" width="375" height="500" alt="Qui irradierait la vie" /></a></p>
<p>Ma chance &#8211; pouvoir accéder sur un temps long et dans des conditions idéales à la beauté japonaise &#8211; je la vis  comme naturellement associée à un devoir. Celui de partager, de passer, de transmettre.</p>
<p>C&#8217;est le sens de mes photos, de mes textes, de mes différents projets en cours de maturation (maison d&#8217;édition, select shop d&#8217;objets d&#8217;art asiatique en-ligne).</p>
<p>A Kyôto, où je me sens depuis le premier jour étrangement dans le &laquo;&nbsp;chez moi&nbsp;&raquo; de mon âme, mes émotions les plus fortes, ce sont les jardins qui me les offrent. Les jardins japonais, les jardins de Kyôto, sont incontestablement parmi les créations les plus profondes, les plus nobles, les plus belles de l&#8217;esprit humain. De celles qui élèvent et rendent fiers, en apportant la paix, la joie de la communion dans le hors-temps.</p>
<p>Cette fascination pour les jardins japonais n&#8217;a rien d&#8217;exotique. Il ne s&#8217;agit pas de promouvoir un néo-japonisme horticole. Les jardins chinois, leur tao des pierres, des formes et de l&#8217;eau, sont bien antérieurs aux jardins japonais. Les trois amis de l&#8217;hiver &#8211; le pin, le bambou et le prunier &#8211; qui sont l&#8217;une des fondations du jardin de Kyôto, viennent de Chine. Le zen qui a donné sa lumière aux jardins japonais vient du Tchan chinois.<br />
Il ne s&#8217;agit donc pas d&#8217;une fixation japonisante. Ou chinoise. Ou asiatique.</p>
<p>Il est simplement question de beauté. De beauté qui traverse le temps et les frontières.</p>
<p>Le devoir d&#8217;un passeur qui a la chance d&#8217;accéder à cette beauté, après l&#8217;étape préalable où il se doit d&#8217;apprendre sérieusement, de comprendre profondément, de laisser infuser en lui le temps qu&#8217;il faut cet art qui ne parle pas sa langue maternelle, consiste à faire cheminer cette beauté vers de nouvelles frontières.</p>
<p>Les jardiniers de Kyôto sont nombreux. Passionnés. Rarement riches. Le plus souvent, ils tirent la langue.<br />
Certains rêvent de partager ce à quoi ils consacrent leur vie.<br />
Mais ils parlent japonais. Et qui, ailleurs qu&#8217;au Japon, parle japonais ?<br />
Trouver des contacts, des réseaux, organiser des voyages ou des formations, ne font pas partie de leurs compétences. Ce sont des artistes, humbles. Pas des entrepreneurs.</p>
<p>Mon projet sur le long terme est de créer une petite structure permettant à des jardiniers de Kyôto de venir en France. D&#8217;avoir un lieu où ils peuvent rester le temps qu&#8217;ils veulent. Pour y créer un jardin. Pour répondre à l&#8217;invitation de particuliers ou d&#8217;institutions qui voudraient créer, non pas un jardin japonais, mais un jardin de beauté, adapté à l&#8217;environnement local et notamment à sa flore, qui puiserait idées et inspiration, dans leur expérience et leur art. Non pas pour reproduire de façon kitsch et &laquo;&nbsp;à la manière de&nbsp;&raquo; un coin japonisant mais pour faire surgir de nouvelles créations authentiques, guidées par le goût, la sensibilité, le partage dans la célébration de la beauté.</p>
<p>Je suis arrivé au Japon avec deux valises. Après avoir vendu tous mes biens.<br />
Ce projet pour se concrétiser a besoin d&#8217;une base.<br />
Je pensais depuis plusieurs mois chercher une maison en France pour cela.<br />
Dans la région d&#8217;Annecy que j&#8217;aime.</p>
<p>Fukushima m&#8217;a conduit à avancer ce projet.</p>
<p>Je ne souhaitais pas quitter Kyôto qui est <em>a priori</em> à l&#8217;abri et qui n&#8217;a pas été touchée par les tremblements de terre récents (je reçois à l&#8217;instant un mail m&#8217;indiquant qu&#8217;il devient difficile d&#8217;y trouver du riz et du lait car tout le monde s&#8217;est mis à stocker &laquo;&nbsp;en prévision de&nbsp;&raquo;).<br />
Mais l&#8217;information concernant la situation nucléaire non contrôlée sur non pas un mais quatre réacteurs étant au minimum incertaine, la succession des explosions, l&#8217;idée de ne pas avoir à parier sur le sens du vent m&#8217;ont conduit à prendre de façon impromptue un billet d&#8217;avion pour mener ce projet que je comptais de toute façon réaliser ces prochaines semaines.</p>
<p>A part <a href="http://www.fr.emb-japan.go.jp/actualite/2011/communique_seisme_16_3_2011.html">envoyer de l&#8217;argent à la croix rouge japonaise</a> pour aider les victimes du tsunami qui en ont tant besoin, à part se protéger, même de façon stupide et démesurée, en mettant de la distance disproportionnée avec la pétouille nucléaire, parce qu&#8217;on peut le faire et pour ne pas ainsi insulter tous ceux qui voudraient le faire mais ne le peuvent pas, à part se sentir coupable de ce privilége, je me sens solidaire en travaillant activement à ce projet de base de transmission des jardins japonais.</p>
<p>J&#8217;ai hâte de rentrer à Kyôto mais je compte sérieusement occuper les prochaines semaines à trouver, dans la région d&#8217;Annecy où je suis depuis trois jours, une maison avec un terrain suffisant pour y construire un jardin et pouvoir y accueillir les jardiniers de Kyôto &#8211; mais également d&#8217;autres maîtres, par exemple de thé, de calligraphie ou d&#8217;encens &#8211; qui pourraient partager avec tous ceux qui le souhaitent, leurs arts.</p>
<p>La première étape consiste à trouver une maison adéquate. Je suis preneur de toute aide pour mener à bien le plus rapidement ce projet : <a href="mailto:barbery@gmail.com">barbery@gmail.com</a></p>
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		<title>Offrez-vous Tokyo Sanpo, Offrez-vous Manabé Shima</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2010/12/02/offrez-vous-tokyo-sanpo-offrez-vous-manabe-shima/</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 07:54:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[La joie est toujours plus grande quand on la partage. Lorsqu&#8217;on sourit et se sent complice, immédiatement, d&#8217;un livre que l&#8217;on est heureux d&#8217;apercevoir du coin de l&#8217;oeil dans sa bibliothèque, on n&#8217;a qu&#8217;une envie : partager ce sourire et cette complicité avec ses vrais amis. Offrir et faire connaître cette joie là. Offrez-vous, faites-vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5225230541/" title="Offrez-vous et offrez les livres de Florent Chavouet, Tokyo Sanpo, Manabé Shima by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm6.static.flickr.com/5166/5225230541_7f32594f06.jpg" width="376" height="500" alt="Offrez-vous et offrez les livres de Florent Chavouet, Tokyo Sanpo, Manabé Shima" /></a></p>
<p>La joie est toujours plus grande quand on la partage.</p>
<p>Lorsqu&#8217;on sourit et se sent complice, immédiatement, d&#8217;un livre que l&#8217;on est heureux d&#8217;apercevoir du coin de l&#8217;oeil dans sa bibliothèque, on n&#8217;a qu&#8217;une envie : partager ce sourire et cette complicité avec ses vrais amis.<br />
Offrir et faire connaître cette joie là.</p>
<p>Offrez-vous, faites-vous offrir, offrez les deux livres de <a href="http://florentchavouet.blogspot.com/">Florent Chavouet</a> : <a href="http://www.amazon.fr/Tokyo-Sanpo-Promenades-%C3%A0/dp/2809700761/">Tokyo Sanpo</a> et le tout dernier, <a href="http://www.amazon.fr/Manabeshima-carte-Florent-Chavouet/dp/2809702136/">Manabé Shima</a>.</p>
<p>Des talents fauchés qui rêvent de Japon, ça existe. Beaucoup. Dans la société occidentale cynique actuelle, verser dans l&#8217;aigreur, le côté obscur et la procrastination est la norme, la posture, le destin attendu de ces talents fauchés. Alors ceux &#8211; mais combien sont-ils ? un par génération ? &#8211; qui échappent à l&#8217;attraction complaisante de cette morgue forcent l&#8217;admiration.</p>
<p>Florent Chavouet se balade comme un petit prince, un brin bab mais poli, interrogeant avec candeur, curiosité sincère, souriante, le quotidien d&#8217;une partie du Japon actuel.</p>
<p>Il fait penser à ces peintres sans le sou décrits dans les poèmes chinois qui troquent dix centimètres de table, un repas frugal et l&#8217;abri approximatif d&#8217;une nuit contre un portrait.</p>
<p>Il fait penser à Daniel Mermet promenant son micro, où qu&#8217;il se trouve, et capable d&#8217;entrer en relation immédiate, de fraternité simple, avec des gens simples, non duplices, dont l&#8217;histoire, la temporalité à la Ozu, est plus proche de l&#8217;éternité que n&#8217;importe quel portrait de puissants qui sera tombé dans l&#8217;oubli dans cent ans.</p>
<p>Florent Chavouet fait penser à un <a href="http://www.amazon.fr/Oeuvres-compl%C3%A8tes-Nicolas-Bouvier/dp/207077094X/">Nicolas Bouvier</a>, lui aussi voyageur fauché, traquant, en ethnologue des petits détails, l&#8217;esprit mélancolique d&#8217;un peuple. A un Nicolas Bouvier qui lui aussi a fait confiance à la porte qui s&#8217;ouvre si on y frappe. Et combien d&#8217;entre nous osent frapper aux portes ? Lire Florent Chavouet c&#8217;est sourire en s&#8217;imaginant ce qui nous arriverait si nous osions, comme lui, tous les jours faire le pari, dans une confiance absolue, des réponses certaines de notre bonne étoile.</p>
<p>Et puis Florent Chavouet fait également penser à <a href="http://www.lewistrondheim.com/">Trondheim</a> et ses <a href="http://www.lewistrondheim.com/blog/">petits riens</a> : il nous fait rire aux éclats en trouvant les formules justes, en dévoilant par images nos dialogues intérieurs où nous nous moquons de nous-même et des autres. Tokyo Sanpo, c&#8217;est un <a href="http://www.amazon.fr/TOKYO-GA-Chishu-Ryu/dp/B0016YEO7Y/">Tokyo-ga</a> de Wim Wenders <em>sans la déprime</em>. On est joyeux en tournant les pages parce que la vie décrite par Florent Chavouet est joyeuse. Ni mièvre, ni crédule. Rigolote. Marrante. Même dans les pires désagréments.</p>
<p>Florent Chavouet nous fait donc penser à de nombreuses personnes mais une fois qu&#8217;on a découvert ses livres, il nous fait surtout penser à&#8230; Florent Chavouet. C&#8217;est sans doute l&#8217;un des plus grands compliments qu&#8217;on puisse faire à un auteur : la création d&#8217;un style, d&#8217;une forme de création unique qui vient nommer de façon inédite le monde, un monde qui s&#8217;enrichit au même instant de ce nouveau vocabulaire.</p>
<p>Les dessins de Florent Chavouet sont époustouflants. Il y a de l&#8217;émotion à voir émerger tout au long de Tokyo Sanpo son coup de crayon qui capte comme de rien les ombres, les reflets, la lumière (je suis muet d&#8217;admiration devant ses toits), son utilisation incroyable, mixte photographico-crobardique, des crayons de couleur, ses perspectives étrangement naturelles à l&#8217;oeil, sa maîtrise de la mise en page ludique et harmonieuse.<br />
Il y a de la joie à voir exploser ce talent dans Manabé Shima dont le papier et l&#8217;impression mettent merveilleusement en valeur ces créations graphiques bien plus fortes que des photos ou de la vidéo et qui, après une unique lecture, s&#8217;ancrent profondément en nous.</p>
<p>Ceux qui ont la chance de connaître le Japon peuvent témoigner de la justesse sensible du Japon présenté par Florent Chavouet. Un Japon au quotidien doux, qui a un goût des années 50, à la Prévert, peuplé de gourmands, de gourmets, de vieux, de bourrus, de gentils, bercés par une nature vibrante aux formes martiennes. Offrir <a href="http://www.amazon.fr/Tokyo-Sanpo-Promenades-%C3%A0/dp/2809700761/">Tokyo Sanpo</a> ou <a href="http://www.amazon.fr/Manabeshima-carte-Florent-Chavouet/dp/2809702136/">Manabé Shima</a>, c&#8217;est offrir une authentique expérience japonaise, précieuse, rare, pour une vingtaine d&#8217;euros, à ceux qui autour de vous rêvent de ce voyage.</p>
<p>La dernière raison de s&#8217;offrir et d&#8217;offrir les livres de Florent Chavouet, c&#8217;est d&#8217;avoir le sentiment de contribuer à réparer une injustice. Un talent comme celui de cet auteur est si rare qu&#8217;il mérite d&#8217;être soutenu. Florent est encore jeune mais il mérite mieux que des voyages si ric-rac qu&#8217;il lui arrive de dormir dans un ancien wagon de train qui sert de jeu dans un parc pour enfants. On souhaite à Florent Chavouet de vendre suffisamment de livres pour pouvoir entrer dans les meilleures conditions possibles en contact avec l&#8217;autre Japon abyssal qui l&#8217;attend ici : celui de la beauté absolue, éternelle de Kyôto. Qu&#8217;il saura partager avec tous avec son talent unique.</p>
<p><a href="http://florentchavouet.blogspot.com/">Florent Chavouet</a> : <a href="http://www.amazon.fr/Tokyo-Sanpo-Promenades-%C3%A0/dp/2809700761/">Tokyo Sanpo</a> ou <a href="http://www.amazon.fr/Manabeshima-carte-Florent-Chavouet/dp/2809702136/">Manabé Shima</a>.</p>
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		<title>Le p&#8217;tit mac du réel</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Nov 2010 01:22:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[photographie]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;est un dilettante, un amateur. La photographie est son passe-temps. Hygiénique. Ca ne lui fait pas de mal. Ca n&#8217;en fait pas aux autres. Ca ne lui apporte rien. Un peu de joie dans le faire. Retoucher le privilège en partage. Avec la mauvaise foi du touriste. Il le sait. La photo c&#8217;est du consommable. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5210233268/" title="Lire sur les lèvres du Jizo by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm6.static.flickr.com/5046/5210233268_d74afd73e6.jpg" width="500" height="333" alt="Lire sur les lèvres du Jizo" /></a></p>
<p>C&#8217;est un dilettante, un amateur.<br />
La photographie est son passe-temps.<br />
Hygiénique.<br />
Ca ne lui fait pas de mal.<br />
Ca n&#8217;en fait pas aux autres.</p>
<p>Ca ne lui apporte rien.<br />
Un peu de joie dans le faire.<br />
Retoucher le privilège en partage.<br />
Avec la mauvaise foi du touriste.</p>
<p>Il le sait.<br />
La photo c&#8217;est du consommable.<br />
Du fast-food pour les yeux.<br />
Ca ne se médite pas.<br />
Ca ne transforme pas.<br />
Ca ne témoigne pas.<br />
Ca illustre.<br />
La photo, c&#8217;est pour les magazines.<br />
Des tue-l&#8217;attente.</p>
<p>Le photographe balade son regard comme un sexe en érection<br />
en quête d&#8217;opportunités.<br />
Il rêve de porno.<br />
D&#8217;avoir un uniforme officiel pour<br />
arrêter les femmes dans la rue<br />
leur demander,<br />
comme un policier des papiers,<br />
leur nudité<br />
leurs seins<br />
leurs cuisses<br />
leur plaisir<br />
saisir leur plaisir<br />
saisir son plaisir<br />
Instantifier sa puissance à faire jouir.</p>
<p>La beauté ou la douleur du monde sont déjà là<br />
La beauté ou la douleur des hommes sont déjà là<br />
Dupliquer c&#8217;est les trahir<br />
les détourner.<br />
Le photographe ne les investit, en turfiste, que pour<br />
blanchir son ennui<br />
flatter sa paresse<br />
benzodiazépiniser sa morgue.</p>
<p>Le photographe est un arsouille poli aux mains propres<br />
Le photographe est un p&#8217;tit mac du réel.</p>
<p>On le saurait, si la photographie servait à mieux vivre.<br />
Elle, qui fait taire.<br />
Elle, qui ne prend le temps de respirer<br />
A peine, parfois, de sourire<br />
avec un rictus de supériorité<br />
comme devant la cage des singes, au zoo.</p>
<p>Elle, qui ne prend pas le temps de se faire<br />
de se prendre<br />
d&#8217;être prise</p>
<p>Peut-on honorablement vivre sans réaliser ses rêves,<br />
des rêves qui honorent tous les hommes ?<br />
Peut-on réaliser ces rêves sans les accueillir<br />
sans les méditer ?</p>
<p>Et qui peut méditer, en consommant ?</p>
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		<title>L&#8217;Ume, les Momiji, la Montagne</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Nov 2010 09:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[kyoto]]></category>
		<category><![CDATA[momiji]]></category>
		<category><![CDATA[ume]]></category>

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		<description><![CDATA[Devant un momiji de Gosho cet après-midi, ému à ne pouvoir bouger, je me demandais : &#171;&#160;qu&#8217;as-tu vu d&#8217;aussi beau dans ta vie ?&#160;&#187;. Une première réponse fuse : &#171;&#160;les ume&#160;&#187;. Mon contradicteur intérieur poursuit : &#171;&#160;oui, mais hors Kyôto ?&#160;&#187;. Je me réponds : &#171;&#160;Les Alpes en hiver, par grand beau, au sommet&#160;&#187;. Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5152130557/" title="&quot;Oh, tu sais, elle finira bien par rougir&quot; by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm5.static.flickr.com/4024/5152130557_a8cb121877.jpg" width="299" height="500" alt="&quot;Oh, tu sais, elle finira bien par rougir&quot;" /></a></p>
<p>Devant un momiji de Gosho cet après-midi, ému à ne pouvoir bouger, je me demandais : &laquo;&nbsp;qu&#8217;as-tu vu d&#8217;aussi beau dans ta vie ?&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Une première réponse fuse : &laquo;&nbsp;les ume&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mon contradicteur intérieur poursuit : &laquo;&nbsp;oui, mais hors Kyôto ?&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je me réponds : &laquo;&nbsp;Les Alpes en hiver, par grand beau, au sommet&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Et ma bouche s&#8217;ouvre en O de découvrir que deux de mes expériences du sublime sur trois sont là, dans la ville qui m&#8217;accueille. Dans Kyôto dont je suis en amour. Adolescent. Croyant. Enfant. Adulte.</p>
<p>Cet état amoureux qui grandit tous les jours depuis trois ans me fait croire.<br />
Je crois en l&#8217;humanité qui, de grands-pères en grands-pères, a formé ce lieu où en février et novembre, la beauté bouleversante, celle qui prend à la gorge, celle qui presse le coeur dans sa main, éclate dans son temps ralenti &#8211; sous deux formes étrangères.<br />
Je crois aux hommes, artistes et veilleurs de cette beauté, qui balaient au roseau les feuilles sur la mousse.<br />
Je crois aux effets non esthétiques de la beauté.<br />
Et au devoir de notre temps, de planter partout où ils se sentiront chez eux, l&#8217;Ume et le Momiji.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Nager avec les dauphins 3</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2009/06/15/nager-avec-les-dauphins-3/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Jun 2009 04:05:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accueil]]></category>
		<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[dauphin]]></category>
		<category><![CDATA[Ogasawara]]></category>

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		<description><![CDATA[En rentrant vers le port ils croisent des poissons volants exocets de beauté givrée trop origamiques trop exotiques trop rapides trop fuiteux pour être des métaphores d&#8217;humains qu&#8217;il aime Mais qui auraient pu. * Plus loin une bouée en train de mourir. Ce n&#8217;est pas une bouée. Mais plus gros qu&#8217;un gros ballon. Avec un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2671759227/in/set-72157612156828451/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3108/2671759227_500b8e2f45.jpg?v=0" alt="" /><br />
</a></p>
<p>En rentrant vers le port<br />
ils croisent<br />
des poissons volants<br />
exocets de beauté givrée<br />
trop origamiques<br />
trop exotiques<br />
trop rapides<br />
trop fuiteux<br />
pour être<br />
des métaphores<br />
d&#8217;humains qu&#8217;il<br />
aime</p>
<p>Mais qui auraient pu.</p>
<p>*</p>
<p>Plus loin<br />
une bouée<br />
en train de<br />
mourir.<br />
Ce n&#8217;est pas une bouée.<br />
Mais plus gros<br />
qu&#8217;un<br />
gros ballon.<br />
Avec un<br />
flap-flap<br />
ridicule.<br />
Il ne pensait pas<br />
que cela fut<br />
si<br />
gros.</p>
<p>Le poisson hérisson<br />
a eu<br />
peur.<br />
Sans doute<br />
très peur.<br />
trop<br />
peur.<br />
Sa peur<br />
a sphérisé<br />
sa laideur.<br />
Il flotte<br />
agonisant<br />
douloureux<br />
ridicule.<br />
Coincé,<br />
figé<br />
dans<br />
l&#8217;effet<br />
de sa<br />
peur,<br />
dans sa<br />
protection.<br />
Mourant<br />
à l&#8217;air libre,<br />
de<br />
sa défense.</p>
<p>A regarder<br />
cette détresse<br />
qui amuse l&#8217;équipage<br />
Il pense au<br />
trauma<br />
à ce que le<br />
trauma<br />
fait<br />
aux gens<br />
et il ferme<br />
les yeux</p>
<p>la mer<br />
se couvre<br />
de millions<br />
de mines<br />
douloureuses<br />
hérissées<br />
blanchâtres<br />
figées<br />
flapotantes</p>
<p>Et dans cette image<br />
horrible,<br />
qui se fixe,<br />
il entend  la petite<br />
musique juste<br />
d&#8217;un<br />
portrait<br />
de l&#8217;Histoire,<br />
du présent,<br />
une double<br />
une triple peine.<br />
Celle faite aux hommes,<br />
aux visages<br />
qu&#8217;il connaît.</p>
<p>Et il a mal.</p>
<p>*</p>
<p>Nager avec les dauphins<br />
est bien sûr<br />
un placebo.<br />
Un test projectif.<br />
Si rare,<br />
si impliquant,<br />
si corporel<br />
si court-circuitant<br />
que la révélation qu&#8217;il imprime<br />
est plus forte<br />
que ce que tu y as seul<br />
projeté.</p>
<p>Si tu y mets<br />
la peur<br />
tu y trouveras la peur.<br />
Si tu y mets<br />
le delphinarium<br />
tu y trouveras le delphinarium<br />
Si tu y mets<br />
l&#8217;été<br />
le divertissement<br />
tu les y trouveras.</p>
<p>Et si tu y mets<br />
une question<br />
formulée<br />
sans mots<br />
tu auras<br />
une réponse<br />
transformante<br />
vibrant longtemps<br />
dans<br />
ton<br />
corps.</p>
<p>Il ne se souvenait pas<br />
avoir<br />
formulé<br />
de question.</p>
<p>Mais la réponse<br />
avait été<br />
l&#8217;Accueil.</p>
<p>L&#8217;Accueil<br />
ce n&#8217;est pas<br />
l&#8217;accueil du riche dans un hôtel de luxe,<br />
du pauvre, du sans-emploi, du smicard par l&#8217;administration;<br />
l&#8217;accueil de l&#8217;orphelin, de l&#8217;enfant battu, placé, du pupille de la nation<br />
l&#8217;accueil du délinquant, du toxico, du mafieux en filature<br />
l&#8217;accueil du taulard, de la surveillante dans un service de réanimation<br />
ce n&#8217;est pas<br />
l&#8217;accueil des petits et de leurs parents qui sont aussi des petits<br />
l&#8217;asile à l&#8217;étranger, au torturé, le guet-apens d&#8217;un commando, les trois marches du perron lors de la visite d&#8217;un tortionnaire<br />
ce n&#8217;est pas<br />
le sourire inqualifiable des greeters à l&#8217;entrée des franchises de mode internationale.<br />
le cri des serveuses d&#8217;Osaka, le dos cérémonieux des vendeuses de grands magasins japonais<br />
ce n&#8217;est pas la main ferme et virile, l&#8217;effusion fausse, latine, américaine, africaine ou arabe.<br />
l&#8217;Accueil ce n&#8217;est pas<br />
le allo, le bonjour, le bienvenue<br />
ce n&#8217;est pas tuer le seul mouton<br />
le seul poulet<br />
le faites ici comme chez vous</p>
<p>L&#8217;Accueil<br />
n&#8217;accueille pas<br />
la souffrance<br />
n&#8217;accueille pas<br />
le pouvoir ou son absence<br />
la fonction,<br />
l&#8217;intention<br />
n&#8217;accueille pas l&#8217;autre parce qu&#8217;il est autre</p>
<p>Des parents<br />
même sains<br />
ne peuvent pas<br />
Accueillir.<br />
L&#8217;Accueil ce n&#8217;est pas l&#8217;amour.</p>
<p>L&#8217;Accueil ce n&#8217;est pas l&#8217;amour<br />
car l&#8217;amour attend.<br />
L&#8217;Accueil n&#8217;attend pas.<br />
N&#8217;attend rien.<br />
Même pas l&#8217;accueilli.</p>
<p>Ton chien qui jappe de plaisir<br />
et qui t&#8217;aime,<br />
il attend son<br />
maître<br />
sa meute<br />
la fusion de plusieurs<br />
la fusion si bonne<br />
de plusieurs<br />
en un groupe.<br />
Qui t&#8217;enterrera.<br />
Il ne t&#8217;Accueille pas.</p>
<p>Tes chats<br />
qui se lovent<br />
et ronronnent<br />
qui t&#8217;aiment et<br />
t&#8217;orientent<br />
vers leur<br />
gamelle<br />
avant<br />
d&#8217;aller dormir<br />
et chasser,<br />
ne t&#8217;Accueillent pas.</p>
<p>Quand tu les tiens contre toi<br />
quand tu sens leur cœur<br />
et leur corps<br />
qui s&#8217;offrent<br />
qui s&#8217;abandonnent<br />
à la confiance absolue<br />
de ta protection<br />
de ta bienveillance<br />
tu perçois<br />
pourtant<br />
loin,<br />
faible,<br />
assourdi,<br />
l&#8217;écho<br />
de l&#8217;Accueil.</p>
<p>Et ça te donne envie<br />
de pleurer<br />
car ça te manque,<br />
ce hug sans le contact des mots<br />
cette enveloppe solaire<br />
sans désir<br />
ces bras présents, bienveillants<br />
désintéressés<br />
sans projet<br />
sans intention pour toi</p>
<p>L&#8217;Accueil est cette bienveillance infinie<br />
au-delà du don<br />
que tu aimerais recevoir<br />
que tu aimerais trans-donner.<br />
Toi, le mortel mal lexicalisé.</p>
<p>L&#8217;Histoire, ce deuil imposé, impossible, de l&#8217;Accueil ?</p>
<p>*</p>
<p>Il met de l&#8217;encens<br />
dans ses mains,<br />
claque deux fois ses paumes<br />
et<br />
remercie<br />
son grand dauphin<br />
d&#8217;Ogasawara.<br />
Pour<br />
l&#8217;Accueil</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Nager avec les dauphins 2</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2009/06/12/nager-avec-les-dauphins-2/</link>
		<comments>http://www.tropiques-japonaises.fr/2009/06/12/nager-avec-les-dauphins-2/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 12 Jun 2009 09:26:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accueil]]></category>
		<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[dauphin]]></category>
		<category><![CDATA[Ogasawara]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 6 juin, le lendemain du débarquement sur Ogasawara il avait plu toute la journée. Il avait lu, dans sa chambre - simple – de la pension Cabbage Beach où la cuisine, préparée avec amour était à chaque repas délicieuse. C&#8217;est bon de manger de l&#8217;amour. Le lendemain du premier jour avec les dauphins il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2893848322/in/set-72157618496276226/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3067/2893848322_c4afc23f37.jpg?v=0" alt="" /><br />
</a></p>
<p>Le 6 juin,<br />
le lendemain du débarquement<br />
sur Ogasawara<br />
il avait plu<br />
toute la journée.</p>
<p>Il avait lu,<br />
dans sa chambre<br />
- simple –<br />
de la pension Cabbage Beach<br />
où la cuisine,<br />
préparée avec amour<br />
était à chaque repas<br />
délicieuse.</p>
<p>C&#8217;est bon de<br />
manger de l&#8217;amour.</p>
<p>Le lendemain du premier jour<br />
avec les dauphins<br />
il pleuvait.<br />
Fort.<br />
- continûment &#8211; .<br />
Il remercia,<br />
avec émotion,<br />
la pluie.</p>
<p>La pluie lui permit<br />
de souffrir en paix<br />
à petit feu<br />
- continûment -<br />
sans passer<br />
trop visiblement<br />
pour<br />
le crétin qu&#8217;il était.</p>
<p>En mer,<br />
sous ce soleil là,<br />
même invisible,<br />
la crème solaire,<br />
sur le visage<br />
c&#8217;est bien.</p>
<p>Sur les parties exposées<br />
de ton corps<br />
c&#8217;est mieux.</p>
<p>Il avait souffert toute<br />
la nuit<br />
et il ne savait pas<br />
si c&#8217;était<br />
les cuisses<br />
les épaules<br />
ou le dos<br />
qui gagnaient<br />
dans l&#8217;Eurovision<br />
de l&#8217;insupportable.</p>
<p>Il ne pouvait se mettre<br />
sur le ventre<br />
car ses cuisses,<br />
gonflées comme<br />
des cloques<br />
de la taille d&#8217;un<br />
jambon de Parme,<br />
ne pouvaient soutenir cette pression<br />
sans signifier leur intention<br />
de simuler<br />
incessamment<br />
le big bang</p>
<p>Il ne pouvait s&#8217;allonger<br />
sur le côté<br />
car ses épaules<br />
juteuses,<br />
comme de beaux<br />
rosbifs<br />
de restaurant londonien huppé<br />
n&#8217;attendaient<br />
que la purée de petit pois,<br />
n&#8217;attendaient<br />
que de produire<br />
d&#8217;elles-mêmes<br />
la jelly mint sauce.</p>
<p>Sur le dos,<br />
dans la contemplation<br />
magmatique<br />
des radiations<br />
cuisseuses,<br />
épaulardes,<br />
son visage frais pouvait regarder le plafond<br />
à la condition stricte<br />
impérative,<br />
de tenir<br />
l&#8217;immobilité<br />
absolue</p>
<p>Bouger,<br />
ne serait-ce que d&#8217;une intention,<br />
signifiait<br />
transformer<br />
son dos en<br />
pomelos mexicain.<br />
Ceux dont les personnes<br />
raffinées<br />
retirent délicatement<br />
la peau d&#8217;ostie<br />
de chaque quartier<br />
à la pointe du couteau<br />
dans un bruit<br />
de rouleau d&#8217;adhésif<br />
&laquo;&nbsp;emprunté&nbsp;&raquo; à leur travail<br />
et de papier de soie<br />
dans les albums photos<br />
que l&#8217;on achetait jadis en solde.</p>
<p>La nuit avait donc<br />
été généreusement<br />
bonne<br />
pour lui permettre de<br />
se sentir<br />
humain<br />
et le demi-tube<br />
de crème<br />
d&#8217;Aloe Vera<br />
qui laissait<br />
des cartes de France<br />
menthe à l&#8217;eau discount,<br />
honteuses,<br />
x-files,<br />
sur les draps blancs<br />
ne soumettait<br />
à l&#8217;appréciation<br />
aigüe de sa<br />
conscience<br />
vigile<br />
aucun changement<br />
statistiquement<br />
significatif.</p>
<p>L&#8217;odeur<br />
ajoutait<br />
une touche<br />
normande<br />
à l&#8217;agrément gore<br />
de sa nuit de crétin.<br />
On lui avait monté<br />
un petit pot en verre<br />
du remède<br />
local :<br />
Umabura.<br />
Graisse de cheval.</p>
<p>Et il puait.<br />
Il puait<br />
le barbecue<br />
chevalin.<br />
Une odeur<br />
si forte<br />
qu&#8217;elle rendait<br />
improbable<br />
toute forme<br />
d&#8217;hypnose<br />
légère<br />
visant à<br />
l&#8217;extraire<br />
de sa réalité<br />
carnée.</p>
<p>Il remercia<br />
donc<br />
la pluie<br />
qui<br />
un jour durant<br />
passa de 7 à 6<br />
la plaque<br />
thermostat<br />
de son corps.</p>
<p>Le lendemain matin,<br />
tartiné de<br />
crème<br />
water proof<br />
SPF 50+<br />
dont l&#8217;opacité<br />
donnait de beaux<br />
reflets fauvistes<br />
&laquo;&nbsp;smoothie yogurt berry&nbsp;&raquo;<br />
à sa peau<br />
invisible<br />
sous sa chemise<br />
manches<br />
longues<br />
et son pantalon<br />
long,<br />
il entra<br />
dans la camionnette<br />
de Take San<br />
où l&#8217;attendaient<br />
trois jeunes jolies<br />
japonaises.<br />
Façon<br />
Jpop.<br />
En<br />
maillot de bain.</p>
<p>Il faut avoir l&#8217;œil<br />
pour repérer qu&#8217;elles<br />
trichent<br />
les japonaises<br />
en maillot de bain.</p>
<p>Elles trichent<br />
de 30<br />
à 50<br />
%<br />
En<br />
bonnet.</p>
<p>C&#8217;est japonais<br />
alors c&#8217;est<br />
bien fait,<br />
ça ne se voit<br />
pas.<br />
Il faut<br />
un jour,<br />
en expérimentateur<br />
curieux,<br />
en ethnologue consciencieux,<br />
avoir<br />
retiré de soi<br />
même<br />
le soutien<br />
invisible<br />
d&#8217;une lingerie<br />
japonaise<br />
pour apprécier<br />
l&#8217;ingéniosité<br />
des ingénieurs<br />
de cette industrie<br />
qui mérite,<br />
sous vos applaudissements,<br />
au décuple<br />
leur salaire.</p>
<p>Bah,<br />
dans sa<br />
chemise manches<br />
longues frippée<br />
et son pantalon<br />
long beigeasse<br />
il oublie vite<br />
l&#8217;illusion,<br />
laisse libre la bride à son œil<br />
et sourit<br />
stupidement.<br />
Toute la journée.</p>
<p>Les filles sont des<br />
amies de<br />
Take San.<br />
En juin,<br />
le bateau de liaison<br />
ramène à Tokyo<br />
tous les touristes<br />
- japonais -<br />
qui n&#8217;étaient là que<br />
- comment faire autrement que cet exploit -<br />
pour trois jours.<br />
L&#8217;île est vide<br />
jusqu&#8217;au prochain débarquement.<br />
Sauf des long stay,<br />
présents pour le boulot.<br />
et le seul gaijin<br />
dont tout le monde a<br />
entendu parler.</p>
<p>Take San n&#8217;a<br />
rien sur son<br />
planning.<br />
Et si le français<br />
veut retourner<br />
en mer,<br />
autant en faire<br />
profiter<br />
les îliennes<br />
qui tiennent le restaurant italien<br />
et la boulangerie<br />
d&#8217;en face.</p>
<p>Ce ne sont pas<br />
des kyôtoïtes.<br />
Les deux sœurs<br />
sont décolorées,<br />
une a un piercing<br />
fantaisie<br />
dans le nombril.<br />
En japonaises,<br />
elles font leurs<br />
escomptables<br />
petites filles.<br />
Mais on sent<br />
de la dureté<br />
une âme rocher iodé<br />
d&#8217;îlienne<br />
sous leur<br />
gazouillement -chan.</p>
<p>Dans sa chemise<br />
manches longues<br />
frippée<br />
le français n&#8217;a rien à dire.</p>
<p>Tous sont là pour les<br />
dauphins.<br />
Et les dauphins<br />
sont là<br />
pour eux.<br />
Quarante le matin.<br />
Quarante grands<br />
dauphins.<br />
Des tursiops<br />
truncatus<br />
magnifiques.</p>
<p>Il nage avec eux<br />
plus d&#8217;une heure.<br />
Les soeurs,<br />
presque deux.</p>
<p>L&#8217;émotion est là.<br />
Moins<br />
forte.<br />
Il y a trop.<br />
Trop de japonaises<br />
jouant les sirènes.<br />
Trop de dauphins.<br />
Trop à voir.<br />
Trop à nager pour suivre.<br />
Trop de gazouillement<br />
Trop de jeu<br />
de divertissement<br />
moins d&#8217;esprit<br />
Trop de temps<br />
pas d&#8217;instant</p>
<p>Il a acheté<br />
un appareil<br />
jetable<br />
aquatique<br />
pour fixer<br />
la force<br />
de sa première empreinte<br />
de l&#8217;avant veille.<br />
C&#8217;est une erreur.<br />
Il ne voit plus.<br />
Il n&#8217;imprime plus.<br />
Il s&#8217;en rend compte,<br />
finit la pellicule.<br />
Se sent plus libre,<br />
mieux<br />
les mains vides.</p>
<p>Un photographe<br />
qui capture<br />
est un<br />
barbare<br />
aveugle.</p>
<p>Quelque chose est là<br />
au bord<br />
des lèvres,<br />
absent.</p>
<p>Il nage avec les dauphins</p>
<p>Il nage avec les dauphins<br />
mais.</p>
<p>Sur la peau de l&#8217;un des plus gros,<br />
celui qui ferme la marche<br />
de la fusion provisoire<br />
des deux groupes<br />
de la baie<br />
il voit la marque<br />
la même marque<br />
de griffures<br />
de morsures<br />
celle<br />
de <em>son</em><br />
premier dauphin.</p>
<p>Il entend<br />
les clics<br />
les sifflements<br />
et sous l&#8217;eau<br />
le son est agréable<br />
il n&#8217;est pas aigu<br />
comme celui d&#8217;un gant plastique<br />
sur une vitre qu&#8217;on nettoie<br />
mais<br />
rayonnant<br />
clair<br />
bon dans la poitrine</p>
<p>Il voit les petits<br />
sous leur mère<br />
ceux qui se frottent<br />
se caressent<br />
se font des<br />
bisous</p>
<p>Plusieurs laissent<br />
des traînées<br />
douteuses<br />
juste devant<br />
lui<br />
et il se demande<br />
s&#8217;il n&#8217;est pas<br />
en train de se<br />
faire pisser<br />
dessus.<br />
Par des dauphins.</p>
<p>Il nage.<br />
Il nage avec les dauphins</p>
<p>Mais l&#8217;esprit de<br />
baptême<br />
n&#8217;est plus là.</p>
<p>La communion n&#8217;est plus là.</p>
<p>Ce grand groupe de dauphins<br />
qui l&#8217;ignore<br />
qu&#8217;il dérange sans doute<br />
ne l&#8217;accueille pas.<br />
le tolère<br />
mais ne l&#8217;accueille pas.</p>
<p>Nager avec les dauphins<br />
L&#8217;émoi qui peut changer<br />
une vie<br />
c&#8217;est ressentir l&#8217;Accueil.</p>
<p>Un dauphin<br />
Un petit groupe de dauphins<br />
t&#8217;accueille.</p>
<p>Autour,<br />
même à 25°<br />
même dragée<br />
l&#8217;eau est ce cosmos méchant<br />
de solstice d&#8217;hiver<br />
qui te broie dans l&#8217;obscur.</p>
<p>Autour,<br />
même avec un GPS sur le bateau<br />
tu es dans le null<br />
au centre de l&#8217;abîme<br />
de la<br />
perdition.</p>
<p>Et le dauphin t&#8217;accepte<br />
physiquement.<br />
Lui qui est plus gros que toi.<br />
Lui qui est gris<br />
et qui devient bleu<br />
plus beau que tous les<br />
cieux</p>
<p>Il te laisse le suivre<br />
Il se place à côté de toi<br />
Il te jauge<br />
sans te juger<br />
Ni par ta langue<br />
Ni par ton âge<br />
Ni par ton sexe<br />
Il ne te connaît pas<br />
et<br />
t&#8217;accepte.</p>
<p>Et c&#8217;est la première fois<br />
que ton cœur<br />
dans le cosmos mitard de l&#8217;humain<br />
sent<br />
l&#8217;accueil<br />
et cette émotion si forte<br />
plus forte que toutes les œuvres<br />
t&#8217;illumine :<br />
le Beau<br />
le Vrai<br />
le Bien<br />
est là :<br />
dans l&#8217;Accueil</p>
<p>Les mots ont donné beaucoup à l&#8217;humain.<br />
Ils nous ont soustrait l&#8217;Accueil.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Nager avec les dauphins 1</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2009/06/11/nager-avec-les-dauphins-1/</link>
		<comments>http://www.tropiques-japonaises.fr/2009/06/11/nager-avec-les-dauphins-1/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 11 Jun 2009 02:06:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Accueil]]></category>
		<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[Chichijima]]></category>
		<category><![CDATA[dauphin]]></category>
		<category><![CDATA[Ogasawara]]></category>

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		<description><![CDATA[Il n&#8217;avait jamais aimé nager. Il n&#8217;avait jamais aimé la piscine. L&#8217;odeur, la sensation aqueuse de l&#8217;effort. Les moniteurs le lui avaient bien rendu. Il revoyait la jouissance et le mépris dans les yeux de celui qui lui avait fait faire un plat foudroyant du plongeoir de trois mètres pour son avant-dernière leçon individuelle. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2814751933/in/set-72157618496276226/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3187/2814751933_7ac2d7e93e.jpg?v=0" alt="" /><br />
</a></p>
<p>Il n&#8217;avait jamais aimé nager.<br />
Il n&#8217;avait jamais aimé la piscine.<br />
L&#8217;odeur, la sensation aqueuse de l&#8217;effort.</p>
<p>Les moniteurs le lui avaient bien rendu.<br />
Il revoyait la jouissance et le mépris dans les yeux<br />
de celui qui lui avait fait faire un plat<br />
foudroyant<br />
du plongeoir de trois mètres<br />
pour son avant-dernière leçon<br />
individuelle.</p>
<p>Il revoyait le mépris des garçons de sa classe<br />
qui faisaient &laquo;&nbsp;natation&nbsp;&raquo; comme sport<br />
 &#8211; (les mamans qui aimaient leurs longueurs familiales du week-end<br />
- et le regard des vieux moniteurs &#8211; disaient aux autres mamans : &laquo;&nbsp;c&#8217;est bon pour leur croissance&nbsp;&raquo;) -<br />
le mépris de ceux<br />
qui n&#8217;avaient jamais mal au bide<br />
qui n&#8217;avaient jamais de spasmes dysentriques<br />
le jeudi matin</p>
<p>Il n&#8217;avait jamais aimé la mer.<br />
L&#8217;odeur, le sel, le sable.<br />
Les vagues oui.<br />
Leur force narguante<br />
Leur forme blanche, sparkling<br />
que tu défies<br />
de face,<br />
dedans,<br />
dessus,<br />
dessous,<br />
et tu penses pourtant à la serviette pleine de sable<br />
et à la douche que tu dois prendre après<br />
toi l&#8217;enfant qui a la chance de prendre des douches<br />
et de connaître les vagues.</p>
<p>Il avait aimé jouer avec le vent<br />
sur la mer qui n&#8217;était pas un bassin d&#8217;eau<br />
mais une surface de glisse<br />
une surface de jeu,<br />
avec le vent.<br />
Surface imparfaite<br />
qui mouille<br />
le plus souvent froide<br />
et tu penses à la douche<br />
toi l&#8217;adolescent qui a la chance de prendre des douches<br />
et de connaître la voile.</p>
<p>Il ne comprenait pas ceux<br />
qui aimaient nager<br />
ceux qui aimaient nager<br />
en mer<br />
en pleine mer</p>
<p>sans repère<br />
sans voir<br />
- comme si on te crevait les<br />
yeux et on te laissait dans le froid<br />
la peur,<br />
un mitard de l&#8217;humain -<br />
la sensation d&#8217;être une<br />
goutte<br />
au bord de l&#8217;étouffement<br />
lui qui était né<br />
aux forceps<br />
lui qui avait failli<br />
être<br />
englouti<br />
digéré<br />
par la folie de sa<br />
mère</p>
<p>Peut-être était-il devenu psy<br />
pour tendre la main<br />
à ceux qui n&#8217;aimaient pas<br />
nager</p>
<p>Il était à Ogasawara.<br />
Sur Chichijima,<br />
l&#8217;île-père.<br />
Il avait renoncé à se<br />
rendre sur<br />
Hahajima,<br />
l&#8217;île-mère.<br />
Ils n&#8217;avaient qu&#8217;à mieux choisir leur nom.</p>
<p>Il ne savait pas ce qui l&#8217;attendrait<br />
sur l&#8217;île sans aéroport<br />
à 25 heures de bateau<br />
au plein sud de Tokyo.</p>
<p>Sur la demi-page du guide en anglais<br />
on parlait de nager avec les<br />
dauphins<br />
de voir les baleines.</p>
<p>Nager avec les dauphins.<br />
C&#8217;était le verbe qui n&#8217;allait pas.</p>
<p>Il n&#8217;avait pas échappé<br />
au grand rêve bleu<br />
de sa génération.<br />
Aux documentaires,<br />
aux émissions de la télé.<br />
Il avait des souvenirs flous<br />
de delphinarium américain.</p>
<p>Nager.<br />
En pleine mer.<br />
Avec des dauphins.<br />
Faudrait-il qu&#8217;il dise merci<br />
à la piscine ?</p>
<p>Le bateau de Take San<br />
est petit.<br />
C&#8217;est mieux.<br />
Que les gros<br />
qui ont une douche<br />
un wc<br />
et 25 pingouins.</p>
<p>Avec lui deux couples.<br />
De jeunes japonais.<br />
Et une célibataire.<br />
Avec une voix grave<br />
de cadre dure à la tâche.</p>
<p>Take san rayonne le<br />
bonheur d&#8217;être chez lui<br />
une fierté confiante<br />
virile<br />
joyeuse.<br />
Les beautés de son île<br />
c&#8217;est son métier<br />
son quotidien<br />
sa vie.<br />
Ce que sera toute sa vie.</p>
<p>Quand il y a plus de<br />
beauté dans ton assiette<br />
que pour ta faim<br />
c&#8217;est bon<br />
et facile,<br />
simple,<br />
de donner.<br />
C&#8217;est fluide<br />
de donner<br />
et d&#8217;être payé<br />
pour donner<br />
à vivre<br />
les beautés<br />
simples<br />
de ton île.</p>
<p>Des japonais<br />
confiants<br />
virils<br />
joyeux<br />
comme Take San<br />
il n&#8217;en avait<br />
pas beaucoup<br />
vu.<br />
C&#8217;était bon<br />
d&#8217;en voir.</p>
<p>Le premier jour<br />
Ils vont sur l&#8217;île du sud.<br />
Take san l&#8217;incite<br />
sans rien lui dire<br />
à tester sur la micro plage<br />
le &laquo;&nbsp;schnorkeling&nbsp;&raquo; :<br />
son masque, son tuba<br />
et ses palmes XL</p>
<p>Il est le dernier<br />
à se mettre à<br />
l&#8217;eau.<br />
Et regarde<br />
longtemps<br />
longtemps<br />
un gros poisson<br />
aigue-marine<br />
le regarder le regardant.</p>
<p>Ils dansent ensemble<br />
un slow<br />
de quand on a douze ans<br />
bras tendus<br />
l&#8217;air gêné<br />
les pupilles<br />
dilatées<br />
par l&#8217;étonnement.</p>
<p>Autour, dans<br />
l&#8217;eau à<br />
25 degré<br />
d&#8217;autres<br />
petits poissons<br />
si aigue-marine<br />
qu&#8217;ils transparent<br />
observent<br />
le slow.<br />
En jaloux.</p>
<p>Dans la<br />
petite crique<br />
protégée<br />
de l&#8217;île du sud<br />
ils font<br />
peur au groupe de<br />
six bébés requins<br />
paresseux<br />
froussards<br />
et il entend,<br />
son tuba tétine en bouche<br />
son nez pincé par le masque<br />
ses oreilles remplies d&#8217;eau,<br />
la musique<br />
de John Williams<br />
pour &laquo;&nbsp;Les dents de la mer&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Sous le corail,<br />
les poissons<br />
kimono<br />
de printemps<br />
kimono<br />
d&#8217;automne<br />
kimono<br />
d&#8217;été<br />
kimono<br />
d&#8217;hiver<br />
doivent<br />
être toutes<br />
des poissonnes.<br />
Ou non.<br />
Ces couleurs-là<br />
sont au-delà<br />
de la sexuation<br />
de la saturation.<br />
Ce qu&#8217;il voit, c&#8217;est<br />
du crack chromatique.<br />
Des eye-candies pour clown<br />
broyant du noir d&#8217;en voir trop.<br />
Des E128, E103, E130, E152, E181<br />
interdits<br />
même par le codex alimentarius</p>
<p>Ils<br />
quittent<br />
l&#8217;île du sud<br />
pour la baie<br />
devant<br />
le heart rock,<br />
la falaise rouge<br />
en forme de<br />
cœur.<br />
Les jeunes couples<br />
se font prendre<br />
en photo.<br />
La cadre célibataire aussi,<br />
les yeux si tristes<br />
sur son sourire parfait.</p>
<p>Ils regardent la mer<br />
gris tourterelle foncé<br />
et chaque petite vague<br />
qui n&#8217;est pas<br />
un<br />
dauphin</p>
<p>Il est<br />
l&#8217;heure de manger.<br />
les bento<br />
et,<br />
surprise exotique,<br />
les sandwichs.</p>
<p>Trois dauphins soufflent.</p>
<p>Il se retrouve dans l&#8217;eau<br />
avec les autres<br />
sans comprendre<br />
ce qu&#8217;il faut faire<br />
ne pas faire<br />
les dauphins plongent.<br />
Tout le monde rembarque<br />
excité<br />
aux aguets<br />
comme des enfants de banlieues françaises riches<br />
à Pâques.</p>
<p>Trente mètres plus loin<br />
les dauphins sont là.<br />
Il plonge.</p>
<p>Et c&#8217;est comme ces<br />
deux ou trois premières fois<br />
qui comptent<br />
celles qui marquent ta vie<br />
et dont tu te souviens en flash<br />
si tu dois te souvenir<br />
de ce qui a compté<br />
de ce qui vaut la peine<br />
la peine<br />
les peines de vivre.</p>
<p>Ils sont trois<br />
devant toi<br />
grands comme toi<br />
tu pourrais les<br />
toucher<br />
et leur gris<br />
leur blanc<br />
les traces<br />
les griffes<br />
blanches<br />
sur leurs<br />
courbes grises<br />
s&#8217;impriment<br />
pour toujours<br />
toujours<br />
toujours<br />
en toi</p>
<p>Tu nages<br />
avec les dauphins</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Studio Kyoto</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/08/08/studio-kyoto/</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Aug 2008 01:40:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[kyoto]]></category>
		<category><![CDATA[panoptique]]></category>
		<category><![CDATA[saisons]]></category>
		<category><![CDATA[studio]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier, je visitais les studios Toei. Une partie de moi rechignait depuis plusieurs jours. Je m&#8217;étais perdu longuement, sous le cagnard, à scoot&#8217;, pour en trouver l&#8217;entrée la semaine précédente. Mais pour arriver à 17h. L&#8217;heure de fermeture au Japon. Je rechignais car ce mini parc où les attractions sont des studios de cinéma encore [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2742836132/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3194/2742836132_404314d236.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Hier, je visitais les studios Toei.<br />
Une partie de moi rechignait depuis plusieurs jours.<br />
Je m&#8217;étais perdu longuement, sous le cagnard, à scoot&#8217;, pour en trouver l&#8217;entrée la semaine précédente.<br />
Mais pour arriver à 17h. L&#8217;heure de fermeture au Japon.</p>
<p>Je rechignais car ce mini parc où les attractions sont des studios de cinéma encore utilisés aujourd&#8217;hui pour des séries télé historiques était le dernier item important que je n&#8217;avais pas coché sur la liste des &laquo;&nbsp;visites à ne pas manquer&nbsp;&raquo; des guides touristiques.</p>
<p>Je rechignais pour ne pas connaître le sentiment d&#8217;avoir déjà tout vu.<br />
Donc voilà. A priori, j&#8217;ai visité l&#8217;essentiel. Il m&#8217;aura fallu sept mois.<br />
A temps plein.</p>
<p>*</p>
<p>Un constat m&#8217;apaise pourtant : je dois encore multiplier par quatre &#8211; a minima &#8211; cette durée car chaque lieu, pour être appréhendé véritablement, doit être perçu sous toutes saisons.</p>
<p>On pourrait croire que je m&#8217;autorise ici un effet de style complaisant, un auto-illusionnement de poseur pour relancer arbitrairement ma curiosité.</p>
<p>Mais non. Kyôto, le Japon, c&#8217;est les quatre saisons de Vivaldi jouées avec fougue par des ados doués.</p>
<p>Pas un défilement de jours à la saveur polyphosphatée.<br />
Non : quatre princesses radicalement différentes, étrangères comme suédoise, brésilienne, sénégalaise, indienne.<br />
Mais toutes : métisses japonaises&#8230;</p>
<p>*</p>
<p>A la question que l&#8217;on me pose donc parfois : &laquo;&nbsp;combien de temps dois-je consacrer à la visite de Kyoto ?&nbsp;&raquo;, la réponse est ainsi sans appel : deux ans.<br />
Pour un aperçu rapide.</p>
<p>*</p>
<p>Attention : les studios de la Toei produisent cet effet abyssal de zoom qui te révèlent l&#8217;évidence.<br />
Qui te font nommer le ressenti que tu as depuis la première minute :</p>
<p><em>Kyôto n&#8217;est qu&#8217;un immense, sublime, parfait, magique et flippant : studio de cinéma.</em></p>
<p>Cette appréhension n&#8217;est pas une métaphore de touriste. Mais la désignation du cœur (de la fonction ?) de la ville.<br />
Parce qu&#8217;il n&#8217;y a aucune, je répète, aucune, strictement aucune différence entre l&#8217;intérieur et l&#8217;extérieur du studio. Alors tu souris les premières minutes. T&#8217;as les j&#8217;tons celles d&#8217;après. Puis tu pourrais oublier ce que tu viens de noter, continuer ta visite en déployant le script &laquo;&nbsp;je suis dans un parc d&#8217;attraction&nbsp;&raquo; pour ressortir en déployant le &laquo;&nbsp;je suis dans la vie réelle&nbsp;&raquo;. Sauf, et je dois vraiment insister sur ce sauf, sauf que si l&#8217;on force le maintien en mémoire de travail réflexive de la prise de conscience de l&#8217;identité de la ville et du studio, alors on ressent une angoisse diffuse similaire à celle du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Truman_Show">Truman Show</a> qui n&#8217;est pas un simple divertissement critique mais un miroir profond. Trop vrai. Insupportablement exact.</p>
<p>*</p>
<p><em><br />
All the world’s a stage,<br />
And all the men and women merely players<br />
</em></p>
<p>Nausée.</p>
<p>*</p>
<p>Qui tourne et qui regarde.<br />
Qui tourne et qui regarde ?<br />
Ces questions qui font suite au choc de la prise de conscience permettent de percevoir les champs de vecteurs organisés qui structurent Kyôto.<br />
L&#8217;ancienne capitale est construite comme microcosme, réduction de l&#8217;univers, comme paysage manifestant aux yeux du pouvoir l&#8217;étendue et la réalité de son empire.<br />
C&#8217;est donc l&#8217;empereur (et ses délégués &#8211; aujourd&#8217;hui la police, le voisinage) qui tourne et qui regarde.<br />
Les décors, parfaits, sont là pour assurer le semblant et légitimer l&#8217;arbitraire.<br />
Les kyotoïtes ne sont pas des habitants mais des figurants.<br />
Qui regardent la scène au moment même où ils la jouent, chacun contrôlant, dans le regard de l&#8217;autre, le déroulement fluide de la séquence.<br />
Kyôto, panoptique 3D à la caméra superflue, où chaque point de l&#8217;espace est omni-regardant et où tout être se vit comme spectateur d&#8217;une réalisation collecto-collaborative illimitée.</p>
<p>*</p>
<p>D&#8217;où cette sensation profonde, permanente, de vivre dans une œuvre. De vivre une œuvre.</p>
<p>Kyôto, non pas ville d&#8217;Art.<br />
Mais Ville-Art.<br />
Qui prie pour que ne se réalise son désir :<br />
<a href="http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/31/discretion-dans-le-continu/">切</a>.<br />
Cut.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le noble et l&#8217;ignoble</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/17/le-noble-et-lignoble/</link>
		<comments>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/17/le-noble-et-lignoble/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Jul 2008 13:10:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Son]]></category>
		<category><![CDATA[go]]></category>
		<category><![CDATA[gokiburi]]></category>
		<category><![CDATA[koto]]></category>

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		<description><![CDATA[Un quotidien où tu swappes, - de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses. - à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison. Pour déloger ces gros cafards volants qui frisent les 8cm et pour éviter qu&#8217;ils ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2675790232/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3210/2675790232_4858ed8d8d.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Un quotidien où tu swappes,<br />
- de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses.<br />
- à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison.<br />
Pour déloger ces gros cafards volants qui frisent les 8cm et pour éviter qu&#8217;ils ne meurent empoisonnés par de mauvais pièges en maturant des centaines d&#8217;oeufs, la solution du coin : le barusan, grosse bombe fumigène vendue en pharmacie qui les fait sortir et les tue.<br />
Qui les tue, euh, mais pas complètement.<br />
Ils bougent encore quand tu rentres dans ta maison enfumée.</p>
<p>*</p>
<p>En brave, j&#8217;ai confié l&#8217;opération barusan à Muriel&#8230;</p>
<p>Elle était motivée : le placard de son bureau était le nid numéro 1.<br />
Et puis il fallait mettre fin à l&#8217;équivoque. A chaque croisement avec un gokiburi, un grand cri retentissait dans la maison. Les voisins allaient commencer à se poser des questions&#8230;</p>
<p>*</p>
<p>Demain matin, nous partons quelques jours avec Shigenori pour filmer des images de Hyuga, ville réputée pour ses gobans et ses pierres blanches&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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Un quotidien où tu swappes,
- de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses.
- à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison.
Pour déloger ces gros cafards vol[...]</itunes:subtitle>
		<itunes:summary>
Un quotidien où tu swappes,
- de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses.
- à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison.
Pour déloger ces gros cafards volants qui frisent les 8cm et pour éviter qu&#8217;ils ne meurent empoisonnés par de mauvais pièges en maturant des centaines d&#8217;oeufs, la solution du coin : le barusan, grosse bombe fumigène vendue en pharmacie qui les fait sortir et les tue.
Qui les tue, euh, mais pas complètement.
Ils bougent encore quand tu rentres dans ta maison enfumée.
*
En brave, j&#8217;ai confié l&#8217;opération barusan à Muriel&#8230;
Elle était motivée : le placard de son bureau était le nid numéro 1.
Et puis il fallait mettre fin à l&#8217;équivoque. A chaque croisement avec un gokiburi, un grand cri retentissait dans la maison. Les voisins allaient commencer à se poser des questions&#8230;
*
Demain matin, nous partons quelques jours avec Shigenori pour filmer des images de Hyuga, ville réputée pour ses gobans et ses pierres blanches&#8230;</itunes:summary>
		<itunes:keywords>esthétique, Quotidien, Son</itunes:keywords>
		<itunes:author>Stéphane Barbery</itunes:author>
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		<title>Potlatch brésilien, mating de la vulgarité</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/16/potlatch-bresilien-mating-de-la-vulgarite/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Jul 2008 02:43:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[gion matsuri]]></category>
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		<description><![CDATA[De ce que j&#8217;en ai vu, je n&#8217;aime pas Gion Matsuri. La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir. Le passé est instrumentalisé, l&#8217;esprit inexistant. Et pourtant plein de morgue. Carnaval. Où 90% des jeunes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2672576910/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3006/2672576910_fc0b85c337.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p><em>De ce que j&#8217;en ai vu</em>, je n&#8217;aime pas <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Gion_Matsuri">Gion Matsuri</a>.</p>
<p>La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.<br />
Le passé est instrumentalisé, l&#8217;esprit inexistant.<br />
Et pourtant plein de morgue.<br />
Carnaval.<br />
Où 90% des jeunes femmes en yukata, belles comme des déesses sont horriblement, atrocement, désespérément : vulgaires.<br />
Ambiance brésilienne de boite de nuit. Sans musique. Si ce n&#8217;est l&#8217;horrible kon-chiki-chin.<br />
Mixé avec la kermesse familiale et son odeur collante de graillon doucereux, ses vendeurs d&#8217;oreilles de Mickey ou de petits diables clignotant dans le fluo, et ses immondes peluches gonflables d&#8217;un mètre cube (Panthère rose, Alien vert) que des abrutis en masse portent sur leur dos.</p>
<p>Dans cette poubelle du mauvais goût : où est la beauté ? où est l&#8217;esprit ? où est Kyôto ?</p>
]]></content:encoded>
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De ce que j&#8217;en ai vu, je n&#8217;aime pas Gion Matsuri.
La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.
Le [...]</itunes:subtitle>
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De ce que j&#8217;en ai vu, je n&#8217;aime pas Gion Matsuri.
La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.
Le passé est instrumentalisé, l&#8217;esprit inexistant.
Et pourtant plein de morgue.
Carnaval.
Où 90% des jeunes femmes en yukata, belles comme des déesses sont horriblement, atrocement, désespérément : vulgaires.
Ambiance brésilienne de boite de nuit. Sans musique. Si ce n&#8217;est l&#8217;horrible kon-chiki-chin.
Mixé avec la kermesse familiale et son odeur collante de graillon doucereux, ses vendeurs d&#8217;oreilles de Mickey ou de petits diables clignotant dans le fluo, et ses immondes peluches gonflables d&#8217;un mètre cube (Panthère rose, Alien vert) que des abrutis en masse portent sur leur dos.
Dans cette poubelle du mauvais goût : où est la beauté ? où est l&#8217;esprit ? où est Kyôto ?</itunes:summary>
		<itunes:keywords>Quotidien, sociologie</itunes:keywords>
		<itunes:author>Stéphane Barbery</itunes:author>
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		<title>Ad libitum</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/06/21/ad-libitum/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jun 2008 22:40:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Watashi]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment vis-tu ? Tôt. Avec le soleil. Lever cinq heures Tropiques : quatre heures Deux heures de kanjis Trois heures de Kyôto Du temps pour Lightroom Tous les jours. Tu es fatigué ? Non Je change musicalement de mouvement. Tu ne posteras plus aussi souvent ici ? Non. Ma poitrine a besoin d&#8217;ampleur pour les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2585775149/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3042/2585775149_c97ea4dbba.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Comment vis-tu ?</p>
<p>Tôt.<br />
Avec le soleil.</p>
<p>Lever cinq heures<br />
Tropiques : quatre heures<br />
Deux heures de kanjis<br />
Trois heures de Kyôto<br />
Du temps pour Lightroom<br />
Tous les jours.</p>
<p>Tu es fatigué ?<br />
Non<br />
Je change musicalement de mouvement.<br />
Tu ne posteras plus aussi souvent ici ?<br />
Non. Ma poitrine a besoin d&#8217;ampleur pour les montées qui viennent.<br />
Passer du taiko au shakuhachi.</p>
<p>J&#8217;ai atteint mon camp de base.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Kanto San</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/06/18/kanto-san/</link>
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		<pubDate>Wed, 18 Jun 2008 01:09:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[jardin]]></category>
		<category><![CDATA[tsuboniwa]]></category>

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		<description><![CDATA[Un jardinier. Japonais. Qui parle anglais. Qui a fait Sciences-Po, à Tokyo. Apprend le français. M&#8217;emprunte un livre. Qu&#8217;il lit. * Les jardiniers comme des mariées. En blanc. A gants blancs. Aux chaussures de Ninja. * Il nous jauge. Je parle. Comme si j&#8217;m'y connaissais. Honte. Honte. Honte. rétroactive * Il nous montre de beaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2588943878/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3138/2588943878_ce41fd7f1b.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Un jardinier. Japonais.<br />
Qui parle anglais.<br />
Qui a fait Sciences-Po, à Tokyo.<br />
Apprend le français.<br />
M&#8217;emprunte un livre.<br />
Qu&#8217;il lit.</p>
<p>*</p>
<p>Les jardiniers comme des mariées.<br />
En blanc.<br />
A gants blancs.</p>
<p>Aux chaussures de Ninja.</p>
<p>*</p>
<p>Il nous jauge.<br />
Je parle.<br />
Comme si j&#8217;m'y connaissais.<br />
Honte.<br />
Honte.<br />
Honte.<br />
rétroactive</p>
<p>*</p>
<p>Il nous montre de beaux livres.<br />
De tsuboniwa.<br />
Nous montre ce qu&#8217;il n&#8217;aime pas.<br />
L&#8217;air de rien.<br />
Nous réagissons bien.<br />
&laquo;&nbsp;good taste&nbsp;&raquo;</p>
<p>*</p>
<p>Un triangle plus petit qu&#8217;un<br />
jardin ouvrier<br />
Devant un mur de béton<br />
A masquer.</p>
<p>Dans le L de la maison.</p>
<p>*</p>
<p>Nous le voulons<br />
japonais.<br />
Lanterne de pierre,<br />
mousse, eau, pierres.<br />
Du bel<br />
exotique.</p>
<p>Kanto san ne dit rien.<br />
Mais ce qu&#8217;il dit<br />
nous plaît.</p>
<p>Carte blanche.<br />
Comme ses vêtements.</p>
<p>*</p>
<p>Il vient prendre des mesures.<br />
Pour la cloison de bambous<br />
Nous parle d&#8217;arbres. Trois.<br />
Momiji et Tôga.<br />
Nous montre un dessin.<br />
Sans lanterne.</p>
<p>*</p>
<p>Je fronce les sourcils<br />
intérieurs.<br />
Inquiet.<br />
Ca peut pas faire<br />
japonais<br />
S&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;lanterne.<br />
Comment crâner<br />
S&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;lanterne.<br />
Je me raccroche à ses mots.</p>
<p>*</p>
<p>Déjà il enlève tout.<br />
J&#8217;aurais gardé beaucoup.<br />
Travaille lentement.<br />
Comme les pelletées d&#8217;Erickson.<br />
Un ouvrier qui charge<br />
trop<br />
sa pelle<br />
Ne finit pas la journée.</p>
<p>Kanto San finit ses journées.</p>
<p>*</p>
<p>Un bon artisan, ça gagne du temps<br />
en en perdant.<br />
Dans le méticuleux.<br />
Un artisan japonais. Pareil.<br />
En mieux.</p>
<p>*</p>
<p>Un jardinier japonais<br />
Avec ses outils de chirurgien<br />
dans sa ceinture de cuir peau<br />
sur son habit blanc :<br />
Shaman.</p>
<p>*</p>
<p>La cloison de gros bambous<br />
pour masquer le ciment<br />
est montée.<br />
En trois bois.<br />
différents.<br />
Des pierres magnifiques.<br />
Et des tuiles argentées.<br />
Nous,<br />
nous avions pensé au rafia.</p>
<p>*</p>
<p>Je dis &laquo;&nbsp;ils sont bizarres,<br />
vos clous&nbsp;&raquo;<br />
Kanto san me répond qu&#8217;il les fait<br />
lui-même<br />
Un à un.<br />
En aplatissant la tête<br />
Dans un bain d&#8217;eau.<br />
oxygénée.<br />
Les noircir.<br />
Les incorporer de rouille<br />
au neuf.<br />
Sabi.</p>
<p>*</p>
<p>Les bambous sont verts.<br />
Grands. Gros comme ma paume.<br />
Ils blanchiront.<br />
J&#8217;ai peur.<br />
La cloison semble massive.<br />
Trop proche.<br />
Prison.<br />
Beau. Effrayant.<br />
J&#8217;me dis<br />
ça va rater.</p>
<p>*</p>
<p>Et puis arrivent les arbres.<br />
Et c&#8217;est le choc.<br />
Ils sont grands.<br />
Ils sont cinq.<br />
Et notre jardin<br />
petit.</p>
<p>*</p>
<p>Je mords un instant<br />
ma lèvre intérieure.<br />
L&#8217;occidental en moi se révolte.<br />
Pas un arbre. Pas là.<br />
Pas cinq arbres. Pas là.</p>
<p>*</p>
<p>Un français plante un arbre.<br />
Un chêne.<br />
Droit.<br />
Pour ses petits petits petits enfants.</p>
<p>Il voit déjà le tronc de 3 mètres.<br />
Les racines et les fondations.<br />
De sa maison<br />
de maçon.</p>
<p>Il a appris.<br />
Des trois p&#8217;tits cochons.</p>
<p>*</p>
<p>- Combien de temps la cloison ?<br />
- Dix ans.<br />
Mais le bois pourrira avant.<br />
- Et les arbres ne vont pas grossir ?<br />
- Non.<br />
- Vraiment ?<br />
- Cut.<br />
Every two years.</p>
<p>*</p>
<p>Obsolescence incorporée.<br />
Contrôle du temps incorporé.<br />
Dans le Bescherelle japonais,<br />
présent = futur</p>
<p>Cette semaine, plusieurs morts<br />
dans le tremblement d&#8217;Iwate.</p>
<p>*</p>
<p>Les arbres traversent la maison.<br />
Sur un tapis de mousse bleue.<br />
Ils ont vingt ans.<br />
J&#8217;étais en première.<br />
Je pensais au suicide.</p>
<p>*</p>
<p>Kanto San dirige Iwamura San<br />
du Nord de Kyôto.<br />
Qui pratique le Kyudô et<br />
Dégage une force à déplacer des arbres.<br />
Ce qu&#8217;il fait tous les jours.<br />
Fier de ses arbres.<br />
&laquo;&nbsp;Good shape&nbsp;&raquo;.</p>
<p>*</p>
<p>L&#8217;espace était vide.<br />
Avec la cloison prison.<br />
On aurait dit un chantier.<br />
J&#8217;me préparais à m&#8217;résigner.<br />
A l&#8217;intérieur.</p>
<p>*</p>
<p>D&#8217;abord le Momiji.<br />
aux antipodes du<br />
canadien.<br />
Tiny feuilles de dessous<br />
chics.<br />
Au vert émeraude.<br />
A en rougir.</p>
<p>Saisons. Changements.<br />
Vivre le temps<br />
dans la rivière</p>
<p>*</p>
<p>Le triangle du jardin,<br />
j&#8217;le voyais comme un vecteur.<br />
La force vers la pointe.<br />
Bleng :<br />
l&#8217;érable y est planté,<br />
couché,<br />
en sens inverse.</p>
<p>Ma mâchoire<br />
intérieure<br />
tombe.</p>
<p>*</p>
<p>Les tôga sont verts. Toujours.<br />
Comme la vie en hiver.<br />
Leurs épines donnent du crisp.<br />
Et leurs branches de l&#8217;horizon.<br />
Du chantier, on passe aux cieux<br />
on passe au loin.</p>
<p>*</p>
<p>La deuxième clé de planter<br />
植<br />
vaut pour droit.<br />
Un japonais ne plante pas droit.<br />
L&#8217;angle est ajusté.<br />
Au degré près.<br />
Pour le wild.<br />
Pour le temps.</p>
<p>Le p&#8217;tit tôga a donné gentiment ses quinze ans<br />
à la cloison.</p>
<p>*</p>
<p>On reste sans voix.<br />
A voir paraître<br />
la Nature.<br />
Aucun français n&#8217;a les yeux<br />
intérieurs<br />
pour cela.</p>
<p>*</p>
<p>Notre jardin ouvrier<br />
est devenue forêt.<br />
Privée.<br />
Sacrée.<br />
De onze mètres carré</p>
<p>*</p>
<p>Le jardin est en cours.<br />
Sazare ishi, eau<br />
arbuste, fleur<br />
mousse.<br />
Dans l&#8217;épure. La grandeur.<br />
L&#8217;humble et<br />
Le mystère.</p>
<p>*</p>
<p>On se sent con. Devant la leçon.<br />
Et grandi. Et stupéfait.<br />
Et écarquillé.<br />
De l&#8217;intérieur.<br />
Dépucelé.<br />
du Japon.<br />
Le sourire niais.</p>
<p>*</p>
<p>La mâchoire<br />
intérieure ne<br />
remontera<br />
pas.</p>
<p>*</p>
<p>Habillé de blanc,<br />
Kanto San est un sensei.</p>
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		<title>Le pendu</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/06/13/le-pendu/</link>
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		<pubDate>Fri, 13 Jun 2008 03:20:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Texte]]></category>
		<category><![CDATA[jeune]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[pendu]]></category>
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		<description><![CDATA[Kyôto me rend gras du bide. Mon corps réclame de marcher. 6h. Du matin. Une gourde à tuyau, une goutte de Pernod. Mes bâtons. De compétition. Plan : Daimonji et retour. Deux heures. Grand soleil. Air de fin de nuit. * J&#8217;arrive au pied de notre temple. Du haut de l&#8217;escalier de pierre, un vieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2573752763/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3062/2573752763_6eb9c432f9.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Kyôto me rend gras du bide.<br />
Mon corps réclame de marcher.<br />
6h. Du matin.<br />
Une gourde à tuyau, une goutte de Pernod.<br />
Mes bâtons. De compétition.<br />
Plan : Daimonji et retour. Deux heures.<br />
Grand soleil. Air de fin de nuit.</p>
<p>*</p>
<p>J&#8217;arrive au pied de notre temple.<br />
Du haut de l&#8217;escalier de pierre, un vieux me hèle.<br />
En hurlant.<br />
Il ressemble à ces p&#8217;tits vieux qui marchent tôt.<br />
En plus vieux. Dans les 85 ans.<br />
Il n&#8217;a pas de cosplay. Juste deux grandes branches.<br />
Les yeux affolés et de la bave aux commissures.<br />
De loin, il ressemble au prêtre du temple. Je m&#8217;approche.<br />
On dirait un sdf. Je comprends &laquo;&nbsp;denwa&nbsp;&raquo;.<br />
Je réponds &laquo;&nbsp;oui, j&#8217;ai un mobile&nbsp;&raquo;.<br />
Je le sors. Ne comprends rien à ce que me dit le vieux, excité comme j&#8217;ai rarement vu un japonais.<br />
Il me montre la forêt, plus haut.<br />
J&#8217;imagine qu&#8217;un de ses copains de marche est tombé.<br />
Le mobile met un temps fou à booter. Puis à trouver un réseau.<br />
&laquo;&nbsp;Ichi ichi kyu&nbsp;&raquo;. 119. Les secours.<br />
Il explique quelque chose à l&#8217;opérateur dans une prononciation de dentier non collé, en postillonnant dans mon smartphone à clavier comme dans un talkie.<br />
Me retend le téléphone. Soulagé à dix pour cent. Les secours viennent.<br />
Il me repointe la forêt. Je monte les escaliers.<br />
Il les monte trop vite pour son âge.<br />
Me dirige vers le bâtiment central du temple.<br />
Et, arrêté par la surprise, je le vois.</p>
<p>Bleu, beau. Jeune.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Il a son cosplay de jogger.<br />
Des adidas rouges, chères et neuves. Une grosse montre sportive.<br />
La goutte au nez.<br />
Il n&#8217;y a pas de vent. Il ne balance pas.<br />
La mort le rend tonique.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Le vieux me demande si j&#8217;ai un couteau.<br />
Pour trancher la sangle.<br />
Je réponds non.<br />
J&#8217;ai laissé le mien dans la valise.<br />
Le vieux monte dangereusement sur le banc pliant.<br />
Qu&#8217;il a remis droit.<br />
Pour défaire le noeud.</p>
<p>Il me semble bien mort.<br />
J&#8217;ai pas envie de le toucher.<br />
Le Pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Je touche son bras. Du bout d&#8217;un doigt.<br />
Dur comme une crampe. Mais élastique.<br />
Il est bleu.<br />
Je baragouine qu&#8217;il est mort.<br />
Le vieux tient à défaire le noeud.<br />
Je soulève un peu le corps.<br />
Beau comme un mannequin de vitrine Nike.<br />
C&#8217;est lourd. Je le dis.<br />
Le vieux renonce.<br />
Il me montre l&#8217;entrée du temple.<br />
Je comprends qu&#8217;il me suggère d&#8217;attendre et guider les secours.<br />
Qu&#8217;on entend déjà.<br />
J&#8217;y vais.<br />
Arrive un beau camion de pompier rouge. Rutilant.<br />
Toutes sirènes à fond. Inutiles.<br />
C&#8217;est le protocole.<br />
Suivi d&#8217;une ambulance.<br />
Dans leur cosplaymobil.<br />
Je leur dis il est mort.<br />
Ils ne se pressent pas.<br />
Ils n&#8217;ont pas envie de le voir.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Les ambulanciers confirment.<br />
Le vieux peut enfin s&#8217;asseoir.<br />
Tremblottant. Sur les marches.<br />
Le sergent chef prend ses coordonnées.<br />
J&#8217;aime bien ces vieux pompiers à la voix cassée.<br />
Ils en ont vu.<br />
Beaucoup. Trop.<br />
Ils savent faire.<br />
C&#8217;est des solides. Des débrouillards. Des sauveurs.<br />
Ils arrivent encore à pétiller de vie.<br />
C&#8217;est leur métier.</p>
<p>*</p>
<p>Par acquis de conscience les ambulanciers utilisent leur défibrillateur.<br />
Je me demande combien coûtent les électrodes jetables stérilisés qu&#8217;ils sortent d&#8217;un grand emballage plasto-aluminium grand comme une enveloppe demi-A4.<br />
C&#8217;est juste pour voir si le coeur bat.<br />
&laquo;&nbsp;Flat&nbsp;&raquo;.</p>
<p>*</p>
<p>Le sergent chef parle dans son talkie au dispatcheur.<br />
Pendu = police.<br />
Faut les attendre pour descendre le corps.<br />
Qui ne balance toujours pas.<br />
Qui est toujours jeune et beau.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>La police annonce son arrivée à moto.<br />
Ca fait soupirer-marrer le collègue pompier du sergent-chef.<br />
Les ambulanciers s&#8217;en foutent.<br />
Personne ne se regarde trop.<br />
Le pendu est trop beau. C&#8217;est trop triste.<br />
Et puis on lui en veut.<br />
Pour le dérangement. Pour l&#8217;impureté faite au temple.<br />
Parce qu&#8217;il est tôt. Qu&#8217;il fait trop beau. Vraiment trop beau pour se pendre.<br />
J&#8217;ai laissé ma carte au sergent chef.<br />
On me dit qu&#8217;on n&#8217;a plus besoin de moi.<br />
Le vieux est déjà parti depuis deux minutes. A toute allure, presque en courant.<br />
Vers la montagne.<br />
Pour faire sa balade. Pour se purifier. Pour ne pas interrompre sa routine.<br />
La mort, on sent qu&#8217;il la perçoit déjà trop proche.<br />
Pour lui qui entretient sa vie dans l&#8217;effort, ce beau, ce très jeune pendu, c&#8217;est une insulte.<br />
Et une grande. Une très grande tristesse.</p>
<p>*</p>
<p>J&#8217;ai marché jusqu&#8217;au Daimonji.<br />
Il fait très beau aujourd&#8217;hui.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Le Pacifique, le Paradis, le Purgatoire, le Prépréhistorique</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/06/10/le-pacifique-le-paradis-le-purgatoire-le-preprehistorique/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 22:33:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[arbre]]></category>
		<category><![CDATA[île]]></category>
		<category><![CDATA[lagon]]></category>
		<category><![CDATA[Okinawa]]></category>
		<category><![CDATA[singe]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Quel bilan pour cette prise de goût express sur les îles lagonées d&#8217;Amami, au nord d&#8217;Okinawa ? Six jours. Sous pluies fines ou délugeantes. Sous vent violent, sous vent chaud, sous vent absent. Sous soleil à vous donner des coups. Comme des claques, fulgurantes, qui laissent l&#8217;empreinte rouge sur la peau. * La Nouvelle Zélande [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2558034376/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3185/2558034376_d8a8d2ca9b.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Quel bilan pour cette prise de goût express sur les îles lagonées d&#8217;Amami, au nord d&#8217;Okinawa ?</p>
<p>Six jours.<br />
Sous pluies fines ou délugeantes.<br />
Sous vent violent, sous vent chaud, sous vent absent.<br />
Sous soleil à vous donner des coups. Comme des claques, fulgurantes, qui laissent l&#8217;empreinte rouge sur la peau.</p>
<p>*</p>
<p>La <a href="http://flickr.com/photos/barbery/sets/72157603172637972/">Nouvelle Zélande</a> &#8211; son île sud &#8211; ne crée pas des blasés. Mais des exigeants. Des connaisseurs.<br />
Quand tu as eu le temps de jouir du grandiose, du sidérant, le beau t&#8217;apparaît pour ce qu&#8217;il est : beau. Pas plus.</p>
<p>*</p>
<p>Les îles Amami, c&#8217;est encore le Japon mais plus le Japon.<br />
On bascule dans le Pacifique. De l&#8217;Asie à l&#8217;Océanie.<br />
Du dragon au lagon.<br />
De la laque au corail.</p>
<p>*</p>
<p>Comme une flaque de regard d&#8217;un husky&#8230; chaud.<br />
Un <a href="http://pourpre.com/chroma/dico.php?typ=champ&#038;ent=bleu">nuancier</a> sous-divisant récursivement l&#8217;aigue-marine et supprimant l&#8217;acier, l&#8217;ardoise, le bleuet, le berlin, le cobalt, le guède, le Klein, le marine, l&#8217;outremer, le prusse, le saphire et le turquin.</p>
<p>Un lagon, c&#8217;est <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Tcherenkov">l&#8217;effet tcherenkov</a> qualifié de mignon. Une verroterie plastique. Une encre de pré-adolescente anglo-saxonne.</p>
<p>Lagon ? Elaguons.</p>
<p>*</p>
<p>Langueur des îles. Pauvreté des îles. Une eau Tchernobyl. Des poissons d&#8217;aquarium sur la plage, des tortues marines plongeant sous nos fenêtres. Des insectes, de toutes tailles, de toutes morphologies, de l&#8217;indifférence à l&#8217;extrême attention, qui transforment ta chambre en surpopulation carcérale sud-américaine. Des papillons, plus gros que des hirondelles. Plus rapides que des hirondelles. Plus beaux que des hirondelles. Peu d&#8217;oiseaux. Et la moiteur qui crée la rouille, qui poisse la crasse.</p>
<p>*</p>
<p>Le Japon est encore là dans la langue, dans le régime alimentaire &#8211; minus la qualité.<br />
Mais un Japon comme sans Bouddhisme, sans Shinto. Avec une fierté micro-insulaire qui forge l&#8217;individualisme. Où le poids du groupe étreint moins. Semble étreindre moins.</p>
<p>*</p>
<p>La menthe à l&#8217;eau du lagon fige ton regard vers le plat, le flat. Tu passes en mode écran de veille monochrome en 2D. Qui t&#8217;induit, sans ton consentement, une transe suspensive : celle qui ralentit le temps et agrandit les pupilles, le sourire. En rendant con d&#8217;être sous-stimulé.</p>
<p>Dans un jeu de rôle, le Pacifique, c&#8217;est immédiatement intelligence -10, sagesse +5 sans jet de sauvegarde. Tu y perds. Jusqu’au désir.</p>
<p>*</p>
<p>Pourquoi l&#8217;Occident actuel rêve-t-il de ce mensonge anesthésiant, de cette fumette chloroformante ?<br />
Pourquoi Brel, le Bounty, la Jet set, Baudelaire, la Loterie nationale, les voyagistes dealent-ils ce narcotique sans goût, sans euphorie, cet assommoir inabordable ?</p>
<p>Faire de <em>ça</em> son paradis, c&#8217;est avoir renoncé à créer, c&#8217;est attendre la mort sans espoir de réaliser un faire. C&#8217;est avoir enterré le faiseur en soi.<br />
Le lagon, c&#8217;est une cure de sommeil pour excités du capitalisme, pour hypomanes enfants de la télé. Un  somnifère de mauvais goût, signe extérieur de richesse étalée sans idéal.</p>
<p>Un purgatoire. Une saignée. Qui ne soulage pas. Qui ne purifie pas. Un interlude triste. Sans fin.</p>
<p>*</p>
<p>Le lagon, c&#8217;est peut-être la nostalgie du <a href="http://www.elainemorgan.me.uk/">singe aquatique</a> en nous. Un regret qui ne se déclenche pas chez moi. Le singe qui s&#8217;active dans mes cellules, c&#8217;est celui qui n&#8217;est pas descendu de son arbre. Qui nomadise de cimes en cimes. Dans la verticalité. Alors imaginez-le sur une petite île sableuse&#8230;</p>
<p>*</p>
<p>Ce voyage m&#8217;aura permis de redécouvrir, de confirmer pour la énième fois que mon paradis, c&#8217;est la montagne, cet arbre suprême.<br />
Dont acte.<br />
Et que mon chez moi actuel, mon culturotope, ma vibration : c&#8217;est Kyôto. Qui m&#8217;a manqué &#8211; réellement manqué &#8211; en quelques heures.<br />
Dont acte.</p>
<p>*</p>
<p>Photos.</p>
<p>*</p>
<p>Il faut voir ces bateaux de liaison où, dans un open space évoquant les camps de réfugiés, chacun roupille sur le sol, en sandwich entre un matelas fin au drap bleu douteux, une couverture kaki pelucheuse et ses voisins. Le cou maintenu par un parallélépipède en skai marron de la taille d’une boîte à chaussures pour enfants.</p>
<p>*</p>
<p>Un japonais en transport en commun, c’est la règle : dort. Avec une certaine tenue.<br />
Quelle que soit l’heure du jour. Comme s’il avait trop, mais vraiment trop de sommeil à rattraper. Comme s’il savourait en affamé ce luxe de répit.<br />
Quand il se réveille, il mange. Senbei et Bento. Quand il a fini de manger, il boit. De la bière.</p>
<p>*</p>
<p>J’aime, lors des accostages des bateaux, la joie des hommes d&#8217;équipages à lancer dans un beau geste de fronde les grapins qui serviront à tirer les gros cordeaux. Cette combinaison du cercle, du fluide, de la direction et du lien : je m&#8217;y reconnais.</p>
<p>*</p>
<p>Ils rayonnent chouettement, les enfants japonais. Petits et débrouillards, autonomes, se relevant sans pleurs d’une chute qui n’inquiète pas les parents, au loin, en confiance, suggestionnant la confiance.</p>
<p>Comment comprendre alors cette bascule entre ces enfants chouettes, irradiant de confiance et d’eux-mêmes, à ces adultes prisonniers, conformistes, semblant traverser la vie comme des civils en guerre risquant en permanence le sniper ou la sous-munition ? Comment des parents confiants pour leurs enfants confiants vivent-ils simultanément comme adultes trouillus, sans confiance ?</p>
<p>Est-ce un trait transitoirement créé par ces derniers siècles, les guerres civiles, le féodalisme shogunal, Meiji, le sentiment du retard de civilisation et l’extrême-droitisation, puis la défaite cimentant un complexe d’infériorité, la difficulté à croire véritablement en son génie ?<br />
Que faudrait-il à la société japonaise pour créer des adultes confiants sans morgue, des adultes aussi confiants et chouettes que le sont leurs enfants aujourd’hui ?</p>
<p>*</p>
<p>Question en suspens : si le Japon est un <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Chanpur%C5%AB">champloo</a> magique, quelle est la contribution, quel est le goût (de mangue ?) ajouté par ce mana du Sud ?</p>
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		<title>L&#8217;homme est-il un zoo pour l&#8217;homme ?</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Jun 2008 21:14:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[animaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier, sur le toit de la maison, sur l&#8217;arbre du jardin : le groupe de singes du quartier. Capables d&#8217;ouvrir les fenêtres et les paquets de gâteaux. Aux yeux solaires, satoriques, et aux culs rouges. La semaine dernière : premier mukade, gros scolopendre d&#8217;un bon dix centimètres dans la chambre. Il paraît qu&#8217;ils sont utiles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2540642977/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2254/2540642977_65794481ff.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Hier, sur le toit de la maison, sur l&#8217;arbre du jardin : le groupe de <a href="http://flickr.com/photos/barbery/sets/72157605367595682/">singes</a> du quartier. Capables d&#8217;ouvrir les fenêtres et les paquets de gâteaux. Aux yeux solaires, satoriques, et aux culs rouges.</p>
<p>La semaine dernière : premier <a href="http://www.youtube.com/watch?v=U1Evn_5IW44">mukade</a>, gros scolopendre d&#8217;un bon dix centimètres dans la chambre. Il paraît qu&#8217;ils sont utiles parce qu&#8217;ils tuent les cafards&#8230;</p>
<p>Juste avant, sur le canapé, une grosse araignée noire velue de la taille de la main.</p>
<p>Sur le chemin qui monte vers la maison, les traces régulières du gros sanglier du coin.</p>
<p>Près de nos scooters, un très très long serpent vert. Et des papillons immenses, magnifiques. Qu&#8217;on ne voit que punaisés en sous-verre en Europe.</p>
<p>*</p>
<p>En regardant le singe se déplacer dans l&#8217;arbre, être l&#8217;arbre, derrière mon réflex numérique, mes vitres, mes mots et mes vaccins, un instant je l&#8217;enviai.<br />
Mes photos d&#8217;<a href="http://flickr.com/photos/barbery/sets/72157603655810570/">arbres au soleil</a> sont des rêves nostalgiques.</p>
<p>*</p>
<p>Nous partons demain pour quelques jours à Okinawa. Sans garantie d&#8217;arbre de connexion.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Trois objets comme ça&#8230; (2)</title>
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		<pubDate>Wed, 14 May 2008 20:43:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[objets]]></category>

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		<description><![CDATA[- Les deux tickets qu&#8217;on insère, en même temps, l&#8217;un sur l&#8217;autre, dans les poinçonneuses-portières-automatiques-à-double-sens des gares de métro et de chemin de fer. - Les gros papillons noirs qui volètent doucement, comme des mouchoirs de deuil saouls, en plein soleil. - Le Shô, cet orgue à bouche &#8211; vu hier dans les mains d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2491310105/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2156/2491310105_836872a1be.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>- Les deux tickets qu&#8217;on insère, en même temps, <em>l&#8217;un sur l&#8217;autre</em>, dans les poinçonneuses-portières-automatiques-à-double-sens des gares de métro et de chemin de fer.</p>
<p>- Les gros papillons noirs qui volètent doucement, comme des mouchoirs de deuil saouls, en plein soleil.</p>
<p>- Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sh%C3%B4">Shô</a>, cet orgue à bouche &#8211; vu hier dans les mains d&#8217;une sculpture en bois de bodhisattva sur nuage au Byodo-in &#8211; qui me fait bien envie pour pouvoir souffler, moi aussi, le bruit de jouet métallique d&#8217;un accordéon/harmonica cassé et d&#8217;une parade de kamis.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;humain, le Mal, les causes, sa vie</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/05/14/lhumain-le-mal-les-causes-sa-vie/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 May 2008 22:57:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Watashi]]></category>
		<category><![CDATA[éthique]]></category>
		<category><![CDATA[mal]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
		<category><![CDATA[Unité 731]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;unité 731 souille si fort qu&#8217;il n&#8217;y a pas de transition possible après la découverte de ses crimes. Comment reprendre le cours d&#8217;une pérégrination sur l&#8217;Art et le wabi-sabi après la découverte de &#171;&#160;ça&#160;&#187;. Un &#171;&#160;ça&#160;&#187; qui restera actuel tant qu&#8217;il conservera son halo d&#8217;ignoble impunité officielle. Une attitude cohérente avec le &#171;&#160;ni ignorer, ni [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2433361085/in/set-72157603655810570/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2281/2433361085_1cdee18fb5.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>L&#8217;<a href="http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/05/13/penser-lunite-731/">unité 731</a> souille si fort qu&#8217;il n&#8217;y a pas de transition possible après la découverte de ses crimes. Comment reprendre le cours d&#8217;une pérégrination sur l&#8217;Art et le wabi-sabi après la découverte de &laquo;&nbsp;ça&nbsp;&raquo;. Un &laquo;&nbsp;ça&nbsp;&raquo; qui restera actuel tant qu&#8217;il conservera son halo d&#8217;ignoble impunité officielle.</p>
<p>Une attitude cohérente avec le &laquo;&nbsp;ni ignorer, ni banaliser, ni refouler, ni dénier&nbsp;&raquo; consisterait à se faire militant actif de cette cause.<br />
Ne pas y consacrer tout son temps disponible, surtout dans ma situation, est-ce que ce ne serait pas &#8211; par lâcheté, par confort &#8211; se faire complice volontaire de l&#8217;oubli des victimes ? Hausser négligemment les épaules sur la fatalité du mal ? Un j&#8217;men foutisme que seul peut s&#8217;autoriser une personne qui se sent à l&#8217;abri ?</p>
<p>L&#8217;unité 731, tous les crimes contre l&#8217;humanité, le mal et l&#8217;injustice sur Terre, souillent.<br />
Mais, et il n&#8217;y a rien de soulageant dans ce &laquo;&nbsp;mais&nbsp;&raquo;,  les ressources en temps et en compétences de chacun sont limitées.<br />
Les horreurs passées impunies et les injustices actuelles sont trop nombreuses pour que l&#8217;on puisse simultanément se consacrer authentiquement, efficacement et pas simplement symboliquement, à plusieurs causes &#8211; chacune digne pourtant des ressources d&#8217;une existence entière.</p>
<p>Et surtout, on ne se consacre authentiquement à une cause que si, pour des raisons d&#8217;histoire personnelle, familiale le plus souvent, ou de projection profonde, on s&#8217;identifie aux victimes.</p>
<p>Rien de pire que la posture de l&#8217;intello français, incapable de contrôler sa mégalo tachycarde, qui agite de grandiloquents effets de manche en se prenant pour l&#8217;avocat de l&#8217;universel, puis change de cause dix-huit mois plus tard parce que les lecteurs de revues veulent, comme la ménagère du poisson et du cancan : du débat frais.</p>
<p>Comment choisir sa cause sans ignorer, sans banaliser, sans refouler, sans dénier la douleur et l&#8217;injustice des autres causes.</p>
<p>Et comment vivre aussi dans la joie, avec l&#8217;exigence de joie qu&#8217;attendent de nous ceux qui n&#8217;ont pas la chance de la pouvoir vivre, sans ignorer, banaliser, refouler, dénier les causes.</p>
<p>Je ne peux pas moins apprécier mes udons <a href="http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&#038;aid=8387">alors que je sais</a> que toutes les cinq secondes (1&#8230;2&#8230;3&#8230;4&#8230;5&#8230;1&#8230;2&#8230;3&#8230;4&#8230;5&#8230;) un <em>enfant</em> de moins de dix ans meurt de faim. Qu&#8217;à cet instant précis où j&#8217;écris et alors que je vais prendre mon petit déjeuner, 900 millions de personnes sont &#8211; sans aucune raison si ce n&#8217;est l&#8217;inertie de l&#8217;oppression du plus fort &#8211; mutilées par la faim.</p>
<p>Que faire bon sang, que faire, pour ne pas ignorer, banaliser, refouler, dénier, pour ne pas me faire complice, et pour vivre ma vie, le plus irréprochablement possible, en appréciant chaque seconde de bonheur en en connaissant le prix ?</p>
<p>Honorer mes aptitudes : identifier le bon, le beau; en témoigner; animer.</p>
<p>Honorer mes aptitudes.<br />
Honorer ma chance.<br />
Honorer les autres.<br />
Et toujours m&#8217;orienter vers le soleil qui vient.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Respirer</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/05/12/respirer/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 May 2008 21:14:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[respirer]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, place au témoignage et aux crottes de nez. * Cela fait plus de trois semaines que nous respirons mal. Et franchement désagréablement mal, la nuit. Non non : la clim&#8217; (prononcer &#171;&#160;air conne&#160;&#187;) n&#8217;est pas encore en route. Même si je cours aujourd&#8217;hui acheter un humidificateur. Car j&#8217;en ai marre d&#8217;avoir le nez comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2479331258/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2325/2479331258_f21fe32eec.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Aujourd&#8217;hui, place au témoignage et aux crottes de nez.</p>
<p>*</p>
<p>Cela fait plus de trois semaines que nous respirons mal.<br />
Et franchement désagréablement mal, la nuit.<br />
Non non : la clim&#8217; (prononcer &laquo;&nbsp;air conne&nbsp;&raquo;) n&#8217;est pas encore en route. Même si je cours aujourd&#8217;hui acheter un humidificateur. Car j&#8217;en ai marre d&#8217;avoir le nez comme une patate au petit réveil.</p>
<p>Et puis ça me fait des crottes de nez jaunes gluantes comme j&#8217;en ai jamais eues. J&#8217;ose pas regarder sous mon bureau.<br />
Plus personne ne pourra m&#8217;accuser désormais de tricher en enjolivant la réalité.</p>
<p>*</p>
<p>A partir de là, plusieurs hypothèses sont possibles.</p>
<p>*</p>
<p>Première hypothèse : à force d&#8217;habiter dans la cambrousse, nous sommes devenus de gros ploucs hypersensibles à l&#8217;atmosphère urbaine et nos muqueuses requièrent un nécessaire temps de réadaptation.<br />
Cette piste là, j&#8217;y crois pas trop car les symptômes seraient venus plus tôt.</p>
<p>*</p>
<p>Deuxième hypothèse bienveillante : une micro-allergie aux pollens printaniers locaux. Possible, mais ça me laisse dubitatif.</p>
<p>*</p>
<p>Troisième hypothèse, tristouille mais plus probable : la pollution.<br />
A l&#8217;évocation de cette idée, la réponse de Shigenori San fut immédiate et sans appel : &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo;. On a compris qu&#8217;il fallait pas trop critiquer. Et d&#8217;immédiatement pointer vers les chinois et le sable jaune du désert de Gobi qui couvre les voitures &#8211; ici toujours immaculées &#8211; d&#8217;une fine poussière, signature de sa nature étrangère.<br />
Mouais. Sauf qu&#8217;on respire mal même quand le ciel est clair. Et que j&#8217;ai régulièrement les yeux qui piquent. Légèrement mais sans appel.</p>
<p>*</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui mais c&#8217;est parce que vous faites du scooter (prononcer &laquo;&nbsp;scootaa&nbsp;&raquo;) et que vous respirez plus de gaz d&#8217;échappement&nbsp;&raquo;.<br />
C&#8217;est vrai. Mais pas tous les jours. Et il nous arrive de ne pas descendre en ville et de rester dans notre quartier, en hauteur et sans circulation. Sans que nous respirions mieux.</p>
<p>*</p>
<p>Mon intuition est que l&#8217;air est bel et bien méchamment pollué. Que Kyôto est une cuvette. Que la chaleur des beaux jours n&#8217;arrange rien.</p>
<p>Voilà. C&#8217;est dit.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Salah, Kyoto</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/04/24/salah-kyoto/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Apr 2008 02:04:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Son]]></category>
		<category><![CDATA[Texte]]></category>
		<category><![CDATA[Watashi]]></category>

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		<description><![CDATA[Honte : je ne connaissais pas Salah Stétié. Et Kyoto qui me fait ce cadeau. Trois jours avec lui. A partager le plus beau. A partager le plus fort. A rire du grivois. A communier du silence. * Je sens, chaude et honorante. Sous ma peau. - Là où le droitier se prend le pouls [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/sets/72157604669573206/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3065/2435228478_4c8bee420b.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Honte : je ne connaissais pas <a href="http://www.salahstetie.com/">Salah Stétié</a>.</p>
<p>Et Kyoto qui me fait ce cadeau. <a href="http://flickr.com/photos/barbery/sets/72157604669573206/">Trois jours avec lui</a>.</p>
<p>A partager le plus beau. A partager le plus fort. A rire du grivois. A communier du silence.</p>
<p>*</p>
<p>Je sens, chaude et honorante.<br />
Sous ma peau.<br />
- Là où le droitier se prend le pouls -<br />
la vibration.<br />
Comme une calligraphie soufie tatouée au calame<br />
comme une marque d&#8217;Eleusys qui élève et oblige.<br />
La voix de Salah. </p>
<p>Je vois, chaude et honorante.<br />
- Koto in -<br />
Sous l&#8217;auvent vert<br />
Sous l&#8217;auvent mousse<br />
Sous l&#8217;auvent bois<br />
- Koto in -<br />
la voie de Salah.</p>
<p>Sa voix qui me tatoue chuchote un mystère :</p>
<p>Le balcon, <em>le balcon</em> de Baudelaire.</p>
<p>J&#8217;entends. Chaude et honorante.<br />
A la base de mon cou.<br />
La voix de Salah.</p>
<p>Liturgique rouleuse de R.<br />
Rebelle en sutra de lumière<br />
Appolinien souffle du désert.</p>
<p>qui intime, ordonne :</p>
<p>Les mots : comme Kyoto</p>
]]></content:encoded>
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Honte : je ne connaissais pas Salah Stétié.
Et Kyoto qui me fait ce cadeau. Trois jours avec lui.
A partager le plus beau. A partager le plus fort. A rire du grivois. A communier du silence.
*
Je sens, chaude et honorante.
Sous ma peau.
- Là où le [...]</itunes:subtitle>
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Honte : je ne connaissais pas Salah Stétié.
Et Kyoto qui me fait ce cadeau. Trois jours avec lui.
A partager le plus beau. A partager le plus fort. A rire du grivois. A communier du silence.
*
Je sens, chaude et honorante.
Sous ma peau.
- Là où le droitier se prend le pouls -
la vibration.
Comme une calligraphie soufie tatouée au calame
comme une marque d&#8217;Eleusys qui élève et oblige.
La voix de Salah. 
Je vois, chaude et honorante.
- Koto in -
Sous l&#8217;auvent vert
Sous l&#8217;auvent mousse
Sous l&#8217;auvent bois
- Koto in -
la voie de Salah.
Sa voix qui me tatoue chuchote un mystère :
Le balcon, le balcon de Baudelaire.
J&#8217;entends. Chaude et honorante.
A la base de mon cou.
La voix de Salah.
Liturgique rouleuse de R.
Rebelle en sutra de lumière
Appolinien souffle du désert.
qui intime, ordonne :
Les mots : comme Kyoto</itunes:summary>
		<itunes:keywords>Son, Texte, Watashi</itunes:keywords>
		<itunes:author>Stéphane Barbery</itunes:author>
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