16 juillet 2008

Potlatch brésilien, mating de la vulgarité

Filed under: Quotidien,sociologie — Stéphane Barbery @ 11:43

De ce que j’en ai vu, je n’aime pas Gion Matsuri.

La procession spirituelle s’est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.
Le passé est instrumentalisé, l’esprit inexistant.
Et pourtant plein de morgue.
Carnaval.
Où 90% des jeunes femmes en yukata, belles comme des déesses sont horriblement, atrocement, désespérément : vulgaires.
Ambiance brésilienne de boite de nuit. Sans musique. Si ce n’est l’horrible kon-chiki-chin.
Mixé avec la kermesse familiale et son odeur collante de graillon doucereux, ses vendeurs d’oreilles de Mickey ou de petits diables clignotant dans le fluo, et ses immondes peluches gonflables d’un mètre cube (Panthère rose, Alien vert) que des abrutis en masse portent sur leur dos.

Dans cette poubelle du mauvais goût : où est la beauté ? où est l’esprit ? où est Kyôto ?


21 juin 2008

Ad libitum

Filed under: Watashi — Stéphane Barbery @ 7:40

Comment vis-tu ?

Tôt.
Avec le soleil.

Lever cinq heures
Tropiques : quatre heures
Deux heures de kanjis
Trois heures de Kyôto
Du temps pour Lightroom
Tous les jours.

Tu es fatigué ?
Non
Je change musicalement de mouvement.
Tu ne posteras plus aussi souvent ici ?
Non. Ma poitrine a besoin d’ampleur pour les montées qui viennent.
Passer du taiko au shakuhachi.

J’ai atteint mon camp de base.


18 juin 2008

Kanto San

Filed under: esthétique,Watashi — Stéphane Barbery @ 10:09

Un jardinier. Japonais.
Qui parle anglais.
Qui a fait Sciences-Po, à Tokyo.
Apprend le français.
M’emprunte un livre.
Qu’il lit.

*

Les jardiniers comme des mariées.
En blanc.
A gants blancs.

Aux chaussures de Ninja.

*

Il nous jauge.
Je parle.
Comme si j’m'y connaissais.
Honte.
Honte.
Honte.
rétroactive

*

Il nous montre de beaux livres.
De tsuboniwa.
Nous montre ce qu’il n’aime pas.
L’air de rien.
Nous réagissons bien.
« good taste »

*

Un triangle plus petit qu’un
jardin ouvrier
Devant un mur de béton
A masquer.

Dans le L de la maison.

*

Nous le voulons
japonais.
Lanterne de pierre,
mousse, eau, pierres.
Du bel
exotique.

Kanto san ne dit rien.
Mais ce qu’il dit
nous plaît.

Carte blanche.
Comme ses vêtements.

*

Il vient prendre des mesures.
Pour la cloison de bambous
Nous parle d’arbres. Trois.
Momiji et Tôga.
Nous montre un dessin.
Sans lanterne.

*

Je fronce les sourcils
intérieurs.
Inquiet.
Ca peut pas faire
japonais
S’il n’y a pas d’lanterne.
Comment crâner
S’il n’y a pas d’lanterne.
Je me raccroche à ses mots.

*

Déjà il enlève tout.
J’aurais gardé beaucoup.
Travaille lentement.
Comme les pelletées d’Erickson.
Un ouvrier qui charge
trop
sa pelle
Ne finit pas la journée.

Kanto San finit ses journées.

*

Un bon artisan, ça gagne du temps
en en perdant.
Dans le méticuleux.
Un artisan japonais. Pareil.
En mieux.

*

Un jardinier japonais
Avec ses outils de chirurgien
dans sa ceinture de cuir peau
sur son habit blanc :
Shaman.

*

La cloison de gros bambous
pour masquer le ciment
est montée.
En trois bois.
différents.
Des pierres magnifiques.
Et des tuiles argentées.
Nous,
nous avions pensé au rafia.

*

Je dis « ils sont bizarres,
vos clous »
Kanto san me répond qu’il les fait
lui-même
Un à un.
En aplatissant la tête
Dans un bain d’eau.
oxygénée.
Les noircir.
Les incorporer de rouille
au neuf.
Sabi.

*

Les bambous sont verts.
Grands. Gros comme ma paume.
Ils blanchiront.
J’ai peur.
La cloison semble massive.
Trop proche.
Prison.
Beau. Effrayant.
J’me dis
ça va rater.

*

Et puis arrivent les arbres.
Et c’est le choc.
Ils sont grands.
Ils sont cinq.
Et notre jardin
petit.

*

Je mords un instant
ma lèvre intérieure.
L’occidental en moi se révolte.
Pas un arbre. Pas là.
Pas cinq arbres. Pas là.

*

Un français plante un arbre.
Un chêne.
Droit.
Pour ses petits petits petits enfants.

Il voit déjà le tronc de 3 mètres.
Les racines et les fondations.
De sa maison
de maçon.

Il a appris.
Des trois p’tits cochons.

*

- Combien de temps la cloison ?
- Dix ans.
Mais le bois pourrira avant.
- Et les arbres ne vont pas grossir ?
- Non.
- Vraiment ?
- Cut.
Every two years.

*

Obsolescence incorporée.
Contrôle du temps incorporé.
Dans le Bescherelle japonais,
présent = futur

Cette semaine, plusieurs morts
dans le tremblement d’Iwate.

*

Les arbres traversent la maison.
Sur un tapis de mousse bleue.
Ils ont vingt ans.
J’étais en première.
Je pensais au suicide.

*

Kanto San dirige Iwamura San
du Nord de Kyôto.
Qui pratique le Kyudô et
Dégage une force à déplacer des arbres.
Ce qu’il fait tous les jours.
Fier de ses arbres.
« Good shape ».

*

L’espace était vide.
Avec la cloison prison.
On aurait dit un chantier.
J’me préparais à m’résigner.
A l’intérieur.

*

D’abord le Momiji.
aux antipodes du
canadien.
Tiny feuilles de dessous
chics.
Au vert émeraude.
A en rougir.

Saisons. Changements.
Vivre le temps
dans la rivière

*

Le triangle du jardin,
j’le voyais comme un vecteur.
La force vers la pointe.
Bleng :
l’érable y est planté,
couché,
en sens inverse.

Ma mâchoire
intérieure
tombe.

*

Les tôga sont verts. Toujours.
Comme la vie en hiver.
Leurs épines donnent du crisp.
Et leurs branches de l’horizon.
Du chantier, on passe aux cieux
on passe au loin.

*

La deuxième clé de planter

vaut pour droit.
Un japonais ne plante pas droit.
L’angle est ajusté.
Au degré près.
Pour le wild.
Pour le temps.

Le p’tit tôga a donné gentiment ses quinze ans
à la cloison.

*

On reste sans voix.
A voir paraître
la Nature.
Aucun français n’a les yeux
intérieurs
pour cela.

*

Notre jardin ouvrier
est devenue forêt.
Privée.
Sacrée.
De onze mètres carré

*

Le jardin est en cours.
Sazare ishi, eau
arbuste, fleur
mousse.
Dans l’épure. La grandeur.
L’humble et
Le mystère.

*

On se sent con. Devant la leçon.
Et grandi. Et stupéfait.
Et écarquillé.
De l’intérieur.
Dépucelé.
du Japon.
Le sourire niais.

*

La mâchoire
intérieure ne
remontera
pas.

*

Habillé de blanc,
Kanto San est un sensei.


13 juin 2008

Le pendu

Filed under: Quotidien,Texte — Stéphane Barbery @ 12:20

Kyôto me rend gras du bide.
Mon corps réclame de marcher.
6h. Du matin.
Une gourde à tuyau, une goutte de Pernod.
Mes bâtons. De compétition.
Plan : Daimonji et retour. Deux heures.
Grand soleil. Air de fin de nuit.

*

J’arrive au pied de notre temple.
Du haut de l’escalier de pierre, un vieux me hèle.
En hurlant.
Il ressemble à ces p’tits vieux qui marchent tôt.
En plus vieux. Dans les 85 ans.
Il n’a pas de cosplay. Juste deux grandes branches.
Les yeux affolés et de la bave aux commissures.
De loin, il ressemble au prêtre du temple. Je m’approche.
On dirait un sdf. Je comprends « denwa ».
Je réponds « oui, j’ai un mobile ».
Je le sors. Ne comprends rien à ce que me dit le vieux, excité comme j’ai rarement vu un japonais.
Il me montre la forêt, plus haut.
J’imagine qu’un de ses copains de marche est tombé.
Le mobile met un temps fou à booter. Puis à trouver un réseau.
« Ichi ichi kyu ». 119. Les secours.
Il explique quelque chose à l’opérateur dans une prononciation de dentier non collé, en postillonnant dans mon smartphone à clavier comme dans un talkie.
Me retend le téléphone. Soulagé à dix pour cent. Les secours viennent.
Il me repointe la forêt. Je monte les escaliers.
Il les monte trop vite pour son âge.
Me dirige vers le bâtiment central du temple.
Et, arrêté par la surprise, je le vois.

Bleu, beau. Jeune.
Le pendu.

*

Il a son cosplay de jogger.
Des adidas rouges, chères et neuves. Une grosse montre sportive.
La goutte au nez.
Il n’y a pas de vent. Il ne balance pas.
La mort le rend tonique.
Le pendu.

*

Le vieux me demande si j’ai un couteau.
Pour trancher la sangle.
Je réponds non.
J’ai laissé le mien dans la valise.
Le vieux monte dangereusement sur le banc pliant.
Qu’il a remis droit.
Pour défaire le noeud.

Il me semble bien mort.
J’ai pas envie de le toucher.
Le Pendu.

*

Je touche son bras. Du bout d’un doigt.
Dur comme une crampe. Mais élastique.
Il est bleu.
Je baragouine qu’il est mort.
Le vieux tient à défaire le noeud.
Je soulève un peu le corps.
Beau comme un mannequin de vitrine Nike.
C’est lourd. Je le dis.
Le vieux renonce.
Il me montre l’entrée du temple.
Je comprends qu’il me suggère d’attendre et guider les secours.
Qu’on entend déjà.
J’y vais.
Arrive un beau camion de pompier rouge. Rutilant.
Toutes sirènes à fond. Inutiles.
C’est le protocole.
Suivi d’une ambulance.
Dans leur cosplaymobil.
Je leur dis il est mort.
Ils ne se pressent pas.
Ils n’ont pas envie de le voir.
Le pendu.

*

Les ambulanciers confirment.
Le vieux peut enfin s’asseoir.
Tremblottant. Sur les marches.
Le sergent chef prend ses coordonnées.
J’aime bien ces vieux pompiers à la voix cassée.
Ils en ont vu.
Beaucoup. Trop.
Ils savent faire.
C’est des solides. Des débrouillards. Des sauveurs.
Ils arrivent encore à pétiller de vie.
C’est leur métier.

*

Par acquis de conscience les ambulanciers utilisent leur défibrillateur.
Je me demande combien coûtent les électrodes jetables stérilisés qu’ils sortent d’un grand emballage plasto-aluminium grand comme une enveloppe demi-A4.
C’est juste pour voir si le coeur bat.
« Flat ».

*

Le sergent chef parle dans son talkie au dispatcheur.
Pendu = police.
Faut les attendre pour descendre le corps.
Qui ne balance toujours pas.
Qui est toujours jeune et beau.
Le pendu.

*

La police annonce son arrivée à moto.
Ca fait soupirer-marrer le collègue pompier du sergent-chef.
Les ambulanciers s’en foutent.
Personne ne se regarde trop.
Le pendu est trop beau. C’est trop triste.
Et puis on lui en veut.
Pour le dérangement. Pour l’impureté faite au temple.
Parce qu’il est tôt. Qu’il fait trop beau. Vraiment trop beau pour se pendre.
J’ai laissé ma carte au sergent chef.
On me dit qu’on n’a plus besoin de moi.
Le vieux est déjà parti depuis deux minutes. A toute allure, presque en courant.
Vers la montagne.
Pour faire sa balade. Pour se purifier. Pour ne pas interrompre sa routine.
La mort, on sent qu’il la perçoit déjà trop proche.
Pour lui qui entretient sa vie dans l’effort, ce beau, ce très jeune pendu, c’est une insulte.
Et une grande. Une très grande tristesse.

*

J’ai marché jusqu’au Daimonji.
Il fait très beau aujourd’hui.


10 juin 2008

Le Pacifique, le Paradis, le Purgatoire, le Prépréhistorique

Filed under: sociologie,Watashi — Stéphane Barbery @ 7:33

Quel bilan pour cette prise de goût express sur les îles lagonées d’Amami, au nord d’Okinawa ?

Six jours.
Sous pluies fines ou délugeantes.
Sous vent violent, sous vent chaud, sous vent absent.
Sous soleil à vous donner des coups. Comme des claques, fulgurantes, qui laissent l’empreinte rouge sur la peau.

*

La Nouvelle Zélande – son île sud – ne crée pas des blasés. Mais des exigeants. Des connaisseurs.
Quand tu as eu le temps de jouir du grandiose, du sidérant, le beau t’apparaît pour ce qu’il est : beau. Pas plus.

*

Les îles Amami, c’est encore le Japon mais plus le Japon.
On bascule dans le Pacifique. De l’Asie à l’Océanie.
Du dragon au lagon.
De la laque au corail.

*

Comme une flaque de regard d’un husky… chaud.
Un nuancier sous-divisant récursivement l’aigue-marine et supprimant l’acier, l’ardoise, le bleuet, le berlin, le cobalt, le guède, le Klein, le marine, l’outremer, le prusse, le saphire et le turquin.

Un lagon, c’est l’effet tcherenkov qualifié de mignon. Une verroterie plastique. Une encre de pré-adolescente anglo-saxonne.

Lagon ? Elaguons.

*

Langueur des îles. Pauvreté des îles. Une eau Tchernobyl. Des poissons d’aquarium sur la plage, des tortues marines plongeant sous nos fenêtres. Des insectes, de toutes tailles, de toutes morphologies, de l’indifférence à l’extrême attention, qui transforment ta chambre en surpopulation carcérale sud-américaine. Des papillons, plus gros que des hirondelles. Plus rapides que des hirondelles. Plus beaux que des hirondelles. Peu d’oiseaux. Et la moiteur qui crée la rouille, qui poisse la crasse.

*

Le Japon est encore là dans la langue, dans le régime alimentaire – minus la qualité.
Mais un Japon comme sans Bouddhisme, sans Shinto. Avec une fierté micro-insulaire qui forge l’individualisme. Où le poids du groupe étreint moins. Semble étreindre moins.

*

La menthe à l’eau du lagon fige ton regard vers le plat, le flat. Tu passes en mode écran de veille monochrome en 2D. Qui t’induit, sans ton consentement, une transe suspensive : celle qui ralentit le temps et agrandit les pupilles, le sourire. En rendant con d’être sous-stimulé.

Dans un jeu de rôle, le Pacifique, c’est immédiatement intelligence -10, sagesse +5 sans jet de sauvegarde. Tu y perds. Jusqu’au désir.

*

Pourquoi l’Occident actuel rêve-t-il de ce mensonge anesthésiant, de cette fumette chloroformante ?
Pourquoi Brel, le Bounty, la Jet set, Baudelaire, la Loterie nationale, les voyagistes dealent-ils ce narcotique sans goût, sans euphorie, cet assommoir inabordable ?

Faire de ça son paradis, c’est avoir renoncé à créer, c’est attendre la mort sans espoir de réaliser un faire. C’est avoir enterré le faiseur en soi.
Le lagon, c’est une cure de sommeil pour excités du capitalisme, pour hypomanes enfants de la télé. Un somnifère de mauvais goût, signe extérieur de richesse étalée sans idéal.

Un purgatoire. Une saignée. Qui ne soulage pas. Qui ne purifie pas. Un interlude triste. Sans fin.

*

Le lagon, c’est peut-être la nostalgie du singe aquatique en nous. Un regret qui ne se déclenche pas chez moi. Le singe qui s’active dans mes cellules, c’est celui qui n’est pas descendu de son arbre. Qui nomadise de cimes en cimes. Dans la verticalité. Alors imaginez-le sur une petite île sableuse…

*

Ce voyage m’aura permis de redécouvrir, de confirmer pour la énième fois que mon paradis, c’est la montagne, cet arbre suprême.
Dont acte.
Et que mon chez moi actuel, mon culturotope, ma vibration : c’est Kyôto. Qui m’a manqué – réellement manqué – en quelques heures.
Dont acte.

*

Photos.

*

Il faut voir ces bateaux de liaison où, dans un open space évoquant les camps de réfugiés, chacun roupille sur le sol, en sandwich entre un matelas fin au drap bleu douteux, une couverture kaki pelucheuse et ses voisins. Le cou maintenu par un parallélépipède en skai marron de la taille d’une boîte à chaussures pour enfants.

*

Un japonais en transport en commun, c’est la règle : dort. Avec une certaine tenue.
Quelle que soit l’heure du jour. Comme s’il avait trop, mais vraiment trop de sommeil à rattraper. Comme s’il savourait en affamé ce luxe de répit.
Quand il se réveille, il mange. Senbei et Bento. Quand il a fini de manger, il boit. De la bière.

*

J’aime, lors des accostages des bateaux, la joie des hommes d’équipages à lancer dans un beau geste de fronde les grapins qui serviront à tirer les gros cordeaux. Cette combinaison du cercle, du fluide, de la direction et du lien : je m’y reconnais.

*

Ils rayonnent chouettement, les enfants japonais. Petits et débrouillards, autonomes, se relevant sans pleurs d’une chute qui n’inquiète pas les parents, au loin, en confiance, suggestionnant la confiance.

Comment comprendre alors cette bascule entre ces enfants chouettes, irradiant de confiance et d’eux-mêmes, à ces adultes prisonniers, conformistes, semblant traverser la vie comme des civils en guerre risquant en permanence le sniper ou la sous-munition ? Comment des parents confiants pour leurs enfants confiants vivent-ils simultanément comme adultes trouillus, sans confiance ?

Est-ce un trait transitoirement créé par ces derniers siècles, les guerres civiles, le féodalisme shogunal, Meiji, le sentiment du retard de civilisation et l’extrême-droitisation, puis la défaite cimentant un complexe d’infériorité, la difficulté à croire véritablement en son génie ?
Que faudrait-il à la société japonaise pour créer des adultes confiants sans morgue, des adultes aussi confiants et chouettes que le sont leurs enfants aujourd’hui ?

*

Question en suspens : si le Japon est un champloo magique, quelle est la contribution, quel est le goût (de mangue ?) ajouté par ce mana du Sud ?


 
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