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	<title>Tropiques Japonaises &#187; Quotidien</title>
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		<title>#jaimekyoto</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Apr 2011 11:06:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
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		<description><![CDATA[Je suis depuis quelques semaines de retour chez moi, à Kyôto. J&#8217;ai trouvé à Manigod, près d&#8217;Annecy, le lieu idéal pour &#171;&#160;transmettre les jardins de beauté&#171;&#160;. Je compte faire de mon mieux pour que cet endroit devienne une ambassade culturelle de Kyôto où pourront venir des jardiniers certes, mais également des maîtres de thé, d&#8217;encens, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5671496195/" title="Pré-tracés by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm6.static.flickr.com/5024/5671496195_6038e5afea.jpg" width="500" height="333" alt="Pré-tracés"></a></p>
<p>Je suis depuis quelques semaines de retour chez moi, à Kyôto.</p>
<p>J&#8217;ai trouvé à Manigod, près d&#8217;Annecy, le lieu idéal pour &laquo;&nbsp;<a href="http://www.tropiques-japonaises.fr/2011/03/19/transmettre-les-jardins-de-beaute/">transmettre les jardins de beauté</a>&laquo;&nbsp;.</p>
<p>Je compte faire de mon mieux pour que cet endroit devienne une ambassade culturelle de Kyôto où pourront venir des jardiniers certes, mais également des maîtres de thé, d&#8217;encens, de fleurs, des artisans, tous ceux qui font battre le coeur de ce qui me bouleverse ici. Leur faire découvrir la beauté des Alpes françaises dans un environnement à couper le souffle et qui sera respecté comme tel. Et permettre aux Français de rencontrer ces artistes, qu&#8217;en général, un touriste qui a pourtant fait le déplacement, n&#8217;a pas l&#8217;occasion d&#8217;approcher. Mettre en oeuvre mon devoir de passeur, autrement que par des textes et des photos.</p>
<p>C&#8217;est un projet sur le très long terme. D&#8217;autant que j&#8217;ai l&#8217;intention de continuer à habiter principalement ici au Japon, à Kyôto que les événements tragiques du mois dernier n&#8217;ont pas changé d&#8217;un iota, où vous pouvez venir en toute quiétude, et que j&#8217;ai décidé de célébrer en postant tous les jours sur <a href="https://twitter.com/#!/StephaneBarbery">twitter</a>, une raison qui explique ma fascination pour ce lieu unique.</p>
<p>Vous pouvez vous abonner et suivre ce fil ici : <a href="https://twitter.com/#!/StephaneBarbery">https://twitter.com/#!/StephaneBarbery</a></p>
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		<title>Offrez-vous Tokyo Sanpo, Offrez-vous Manabé Shima</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 07:54:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[La joie est toujours plus grande quand on la partage. Lorsqu&#8217;on sourit et se sent complice, immédiatement, d&#8217;un livre que l&#8217;on est heureux d&#8217;apercevoir du coin de l&#8217;oeil dans sa bibliothèque, on n&#8217;a qu&#8217;une envie : partager ce sourire et cette complicité avec ses vrais amis. Offrir et faire connaître cette joie là. Offrez-vous, faites-vous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5225230541/" title="Offrez-vous et offrez les livres de Florent Chavouet, Tokyo Sanpo, Manabé Shima by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm6.static.flickr.com/5166/5225230541_7f32594f06.jpg" width="376" height="500" alt="Offrez-vous et offrez les livres de Florent Chavouet, Tokyo Sanpo, Manabé Shima" /></a></p>
<p>La joie est toujours plus grande quand on la partage.</p>
<p>Lorsqu&#8217;on sourit et se sent complice, immédiatement, d&#8217;un livre que l&#8217;on est heureux d&#8217;apercevoir du coin de l&#8217;oeil dans sa bibliothèque, on n&#8217;a qu&#8217;une envie : partager ce sourire et cette complicité avec ses vrais amis.<br />
Offrir et faire connaître cette joie là.</p>
<p>Offrez-vous, faites-vous offrir, offrez les deux livres de <a href="http://florentchavouet.blogspot.com/">Florent Chavouet</a> : <a href="http://www.amazon.fr/Tokyo-Sanpo-Promenades-%C3%A0/dp/2809700761/">Tokyo Sanpo</a> et le tout dernier, <a href="http://www.amazon.fr/Manabeshima-carte-Florent-Chavouet/dp/2809702136/">Manabé Shima</a>.</p>
<p>Des talents fauchés qui rêvent de Japon, ça existe. Beaucoup. Dans la société occidentale cynique actuelle, verser dans l&#8217;aigreur, le côté obscur et la procrastination est la norme, la posture, le destin attendu de ces talents fauchés. Alors ceux &#8211; mais combien sont-ils ? un par génération ? &#8211; qui échappent à l&#8217;attraction complaisante de cette morgue forcent l&#8217;admiration.</p>
<p>Florent Chavouet se balade comme un petit prince, un brin bab mais poli, interrogeant avec candeur, curiosité sincère, souriante, le quotidien d&#8217;une partie du Japon actuel.</p>
<p>Il fait penser à ces peintres sans le sou décrits dans les poèmes chinois qui troquent dix centimètres de table, un repas frugal et l&#8217;abri approximatif d&#8217;une nuit contre un portrait.</p>
<p>Il fait penser à Daniel Mermet promenant son micro, où qu&#8217;il se trouve, et capable d&#8217;entrer en relation immédiate, de fraternité simple, avec des gens simples, non duplices, dont l&#8217;histoire, la temporalité à la Ozu, est plus proche de l&#8217;éternité que n&#8217;importe quel portrait de puissants qui sera tombé dans l&#8217;oubli dans cent ans.</p>
<p>Florent Chavouet fait penser à un <a href="http://www.amazon.fr/Oeuvres-compl%C3%A8tes-Nicolas-Bouvier/dp/207077094X/">Nicolas Bouvier</a>, lui aussi voyageur fauché, traquant, en ethnologue des petits détails, l&#8217;esprit mélancolique d&#8217;un peuple. A un Nicolas Bouvier qui lui aussi a fait confiance à la porte qui s&#8217;ouvre si on y frappe. Et combien d&#8217;entre nous osent frapper aux portes ? Lire Florent Chavouet c&#8217;est sourire en s&#8217;imaginant ce qui nous arriverait si nous osions, comme lui, tous les jours faire le pari, dans une confiance absolue, des réponses certaines de notre bonne étoile.</p>
<p>Et puis Florent Chavouet fait également penser à <a href="http://www.lewistrondheim.com/">Trondheim</a> et ses <a href="http://www.lewistrondheim.com/blog/">petits riens</a> : il nous fait rire aux éclats en trouvant les formules justes, en dévoilant par images nos dialogues intérieurs où nous nous moquons de nous-même et des autres. Tokyo Sanpo, c&#8217;est un <a href="http://www.amazon.fr/TOKYO-GA-Chishu-Ryu/dp/B0016YEO7Y/">Tokyo-ga</a> de Wim Wenders <em>sans la déprime</em>. On est joyeux en tournant les pages parce que la vie décrite par Florent Chavouet est joyeuse. Ni mièvre, ni crédule. Rigolote. Marrante. Même dans les pires désagréments.</p>
<p>Florent Chavouet nous fait donc penser à de nombreuses personnes mais une fois qu&#8217;on a découvert ses livres, il nous fait surtout penser à&#8230; Florent Chavouet. C&#8217;est sans doute l&#8217;un des plus grands compliments qu&#8217;on puisse faire à un auteur : la création d&#8217;un style, d&#8217;une forme de création unique qui vient nommer de façon inédite le monde, un monde qui s&#8217;enrichit au même instant de ce nouveau vocabulaire.</p>
<p>Les dessins de Florent Chavouet sont époustouflants. Il y a de l&#8217;émotion à voir émerger tout au long de Tokyo Sanpo son coup de crayon qui capte comme de rien les ombres, les reflets, la lumière (je suis muet d&#8217;admiration devant ses toits), son utilisation incroyable, mixte photographico-crobardique, des crayons de couleur, ses perspectives étrangement naturelles à l&#8217;oeil, sa maîtrise de la mise en page ludique et harmonieuse.<br />
Il y a de la joie à voir exploser ce talent dans Manabé Shima dont le papier et l&#8217;impression mettent merveilleusement en valeur ces créations graphiques bien plus fortes que des photos ou de la vidéo et qui, après une unique lecture, s&#8217;ancrent profondément en nous.</p>
<p>Ceux qui ont la chance de connaître le Japon peuvent témoigner de la justesse sensible du Japon présenté par Florent Chavouet. Un Japon au quotidien doux, qui a un goût des années 50, à la Prévert, peuplé de gourmands, de gourmets, de vieux, de bourrus, de gentils, bercés par une nature vibrante aux formes martiennes. Offrir <a href="http://www.amazon.fr/Tokyo-Sanpo-Promenades-%C3%A0/dp/2809700761/">Tokyo Sanpo</a> ou <a href="http://www.amazon.fr/Manabeshima-carte-Florent-Chavouet/dp/2809702136/">Manabé Shima</a>, c&#8217;est offrir une authentique expérience japonaise, précieuse, rare, pour une vingtaine d&#8217;euros, à ceux qui autour de vous rêvent de ce voyage.</p>
<p>La dernière raison de s&#8217;offrir et d&#8217;offrir les livres de Florent Chavouet, c&#8217;est d&#8217;avoir le sentiment de contribuer à réparer une injustice. Un talent comme celui de cet auteur est si rare qu&#8217;il mérite d&#8217;être soutenu. Florent est encore jeune mais il mérite mieux que des voyages si ric-rac qu&#8217;il lui arrive de dormir dans un ancien wagon de train qui sert de jeu dans un parc pour enfants. On souhaite à Florent Chavouet de vendre suffisamment de livres pour pouvoir entrer dans les meilleures conditions possibles en contact avec l&#8217;autre Japon abyssal qui l&#8217;attend ici : celui de la beauté absolue, éternelle de Kyôto. Qu&#8217;il saura partager avec tous avec son talent unique.</p>
<p><a href="http://florentchavouet.blogspot.com/">Florent Chavouet</a> : <a href="http://www.amazon.fr/Tokyo-Sanpo-Promenades-%C3%A0/dp/2809700761/">Tokyo Sanpo</a> ou <a href="http://www.amazon.fr/Manabeshima-carte-Florent-Chavouet/dp/2809702136/">Manabé Shima</a>.</p>
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		<title>L&#8217;Ume, les Momiji, la Montagne</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Nov 2010 09:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Devant un momiji de Gosho cet après-midi, ému à ne pouvoir bouger, je me demandais : &#171;&#160;qu&#8217;as-tu vu d&#8217;aussi beau dans ta vie ?&#160;&#187;. Une première réponse fuse : &#171;&#160;les ume&#160;&#187;. Mon contradicteur intérieur poursuit : &#171;&#160;oui, mais hors Kyôto ?&#160;&#187;. Je me réponds : &#171;&#160;Les Alpes en hiver, par grand beau, au sommet&#160;&#187;. Et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/5152130557/" title="&quot;Oh, tu sais, elle finira bien par rougir&quot; by Stéphane Barbery, on Flickr"><img src="http://farm5.static.flickr.com/4024/5152130557_a8cb121877.jpg" width="299" height="500" alt="&quot;Oh, tu sais, elle finira bien par rougir&quot;" /></a></p>
<p>Devant un momiji de Gosho cet après-midi, ému à ne pouvoir bouger, je me demandais : &laquo;&nbsp;qu&#8217;as-tu vu d&#8217;aussi beau dans ta vie ?&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Une première réponse fuse : &laquo;&nbsp;les ume&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mon contradicteur intérieur poursuit : &laquo;&nbsp;oui, mais hors Kyôto ?&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je me réponds : &laquo;&nbsp;Les Alpes en hiver, par grand beau, au sommet&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Et ma bouche s&#8217;ouvre en O de découvrir que deux de mes expériences du sublime sur trois sont là, dans la ville qui m&#8217;accueille. Dans Kyôto dont je suis en amour. Adolescent. Croyant. Enfant. Adulte.</p>
<p>Cet état amoureux qui grandit tous les jours depuis trois ans me fait croire.<br />
Je crois en l&#8217;humanité qui, de grands-pères en grands-pères, a formé ce lieu où en février et novembre, la beauté bouleversante, celle qui prend à la gorge, celle qui presse le coeur dans sa main, éclate dans son temps ralenti &#8211; sous deux formes étrangères.<br />
Je crois aux hommes, artistes et veilleurs de cette beauté, qui balaient au roseau les feuilles sur la mousse.<br />
Je crois aux effets non esthétiques de la beauté.<br />
Et au devoir de notre temps, de planter partout où ils se sentiront chez eux, l&#8217;Ume et le Momiji.</p>
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		<title>Studio Kyoto</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Aug 2008 01:40:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
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		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
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		<description><![CDATA[Hier, je visitais les studios Toei. Une partie de moi rechignait depuis plusieurs jours. Je m&#8217;étais perdu longuement, sous le cagnard, à scoot&#8217;, pour en trouver l&#8217;entrée la semaine précédente. Mais pour arriver à 17h. L&#8217;heure de fermeture au Japon. Je rechignais car ce mini parc où les attractions sont des studios de cinéma encore [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2742836132/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3194/2742836132_404314d236.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Hier, je visitais les studios Toei.<br />
Une partie de moi rechignait depuis plusieurs jours.<br />
Je m&#8217;étais perdu longuement, sous le cagnard, à scoot&#8217;, pour en trouver l&#8217;entrée la semaine précédente.<br />
Mais pour arriver à 17h. L&#8217;heure de fermeture au Japon.</p>
<p>Je rechignais car ce mini parc où les attractions sont des studios de cinéma encore utilisés aujourd&#8217;hui pour des séries télé historiques était le dernier item important que je n&#8217;avais pas coché sur la liste des &laquo;&nbsp;visites à ne pas manquer&nbsp;&raquo; des guides touristiques.</p>
<p>Je rechignais pour ne pas connaître le sentiment d&#8217;avoir déjà tout vu.<br />
Donc voilà. A priori, j&#8217;ai visité l&#8217;essentiel. Il m&#8217;aura fallu sept mois.<br />
A temps plein.</p>
<p>*</p>
<p>Un constat m&#8217;apaise pourtant : je dois encore multiplier par quatre &#8211; a minima &#8211; cette durée car chaque lieu, pour être appréhendé véritablement, doit être perçu sous toutes saisons.</p>
<p>On pourrait croire que je m&#8217;autorise ici un effet de style complaisant, un auto-illusionnement de poseur pour relancer arbitrairement ma curiosité.</p>
<p>Mais non. Kyôto, le Japon, c&#8217;est les quatre saisons de Vivaldi jouées avec fougue par des ados doués.</p>
<p>Pas un défilement de jours à la saveur polyphosphatée.<br />
Non : quatre princesses radicalement différentes, étrangères comme suédoise, brésilienne, sénégalaise, indienne.<br />
Mais toutes : métisses japonaises&#8230;</p>
<p>*</p>
<p>A la question que l&#8217;on me pose donc parfois : &laquo;&nbsp;combien de temps dois-je consacrer à la visite de Kyoto ?&nbsp;&raquo;, la réponse est ainsi sans appel : deux ans.<br />
Pour un aperçu rapide.</p>
<p>*</p>
<p>Attention : les studios de la Toei produisent cet effet abyssal de zoom qui te révèlent l&#8217;évidence.<br />
Qui te font nommer le ressenti que tu as depuis la première minute :</p>
<p><em>Kyôto n&#8217;est qu&#8217;un immense, sublime, parfait, magique et flippant : studio de cinéma.</em></p>
<p>Cette appréhension n&#8217;est pas une métaphore de touriste. Mais la désignation du cœur (de la fonction ?) de la ville.<br />
Parce qu&#8217;il n&#8217;y a aucune, je répète, aucune, strictement aucune différence entre l&#8217;intérieur et l&#8217;extérieur du studio. Alors tu souris les premières minutes. T&#8217;as les j&#8217;tons celles d&#8217;après. Puis tu pourrais oublier ce que tu viens de noter, continuer ta visite en déployant le script &laquo;&nbsp;je suis dans un parc d&#8217;attraction&nbsp;&raquo; pour ressortir en déployant le &laquo;&nbsp;je suis dans la vie réelle&nbsp;&raquo;. Sauf, et je dois vraiment insister sur ce sauf, sauf que si l&#8217;on force le maintien en mémoire de travail réflexive de la prise de conscience de l&#8217;identité de la ville et du studio, alors on ressent une angoisse diffuse similaire à celle du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Truman_Show">Truman Show</a> qui n&#8217;est pas un simple divertissement critique mais un miroir profond. Trop vrai. Insupportablement exact.</p>
<p>*</p>
<p><em><br />
All the world’s a stage,<br />
And all the men and women merely players<br />
</em></p>
<p>Nausée.</p>
<p>*</p>
<p>Qui tourne et qui regarde.<br />
Qui tourne et qui regarde ?<br />
Ces questions qui font suite au choc de la prise de conscience permettent de percevoir les champs de vecteurs organisés qui structurent Kyôto.<br />
L&#8217;ancienne capitale est construite comme microcosme, réduction de l&#8217;univers, comme paysage manifestant aux yeux du pouvoir l&#8217;étendue et la réalité de son empire.<br />
C&#8217;est donc l&#8217;empereur (et ses délégués &#8211; aujourd&#8217;hui la police, le voisinage) qui tourne et qui regarde.<br />
Les décors, parfaits, sont là pour assurer le semblant et légitimer l&#8217;arbitraire.<br />
Les kyotoïtes ne sont pas des habitants mais des figurants.<br />
Qui regardent la scène au moment même où ils la jouent, chacun contrôlant, dans le regard de l&#8217;autre, le déroulement fluide de la séquence.<br />
Kyôto, panoptique 3D à la caméra superflue, où chaque point de l&#8217;espace est omni-regardant et où tout être se vit comme spectateur d&#8217;une réalisation collecto-collaborative illimitée.</p>
<p>*</p>
<p>D&#8217;où cette sensation profonde, permanente, de vivre dans une œuvre. De vivre une œuvre.</p>
<p>Kyôto, non pas ville d&#8217;Art.<br />
Mais Ville-Art.<br />
Qui prie pour que ne se réalise son désir :<br />
<a href="http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/31/discretion-dans-le-continu/">切</a>.<br />
Cut.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le noble et l&#8217;ignoble</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/17/le-noble-et-lignoble/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Jul 2008 13:10:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un quotidien où tu swappes, - de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses. - à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison. Pour déloger ces gros cafards volants qui frisent les 8cm et pour éviter qu&#8217;ils ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2675790232/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3210/2675790232_4858ed8d8d.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Un quotidien où tu swappes,<br />
- de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses.<br />
- à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison.<br />
Pour déloger ces gros cafards volants qui frisent les 8cm et pour éviter qu&#8217;ils ne meurent empoisonnés par de mauvais pièges en maturant des centaines d&#8217;oeufs, la solution du coin : le barusan, grosse bombe fumigène vendue en pharmacie qui les fait sortir et les tue.<br />
Qui les tue, euh, mais pas complètement.<br />
Ils bougent encore quand tu rentres dans ta maison enfumée.</p>
<p>*</p>
<p>En brave, j&#8217;ai confié l&#8217;opération barusan à Muriel&#8230;</p>
<p>Elle était motivée : le placard de son bureau était le nid numéro 1.<br />
Et puis il fallait mettre fin à l&#8217;équivoque. A chaque croisement avec un gokiburi, un grand cri retentissait dans la maison. Les voisins allaient commencer à se poser des questions&#8230;</p>
<p>*</p>
<p>Demain matin, nous partons quelques jours avec Shigenori pour filmer des images de Hyuga, ville réputée pour ses gobans et ses pierres blanches&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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Un quotidien où tu swappes,
- de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses.
- à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison.
Pour déloger ces gros cafards vol[...]</itunes:subtitle>
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Un quotidien où tu swappes,
- de la beauté pure : concert de koto où officient des déesses.
- à la gerbe absolue : les gokiburi qui se baladent, à vitesse ahurissante, toujours plus nombreux le soir dans la maison.
Pour déloger ces gros cafards volants qui frisent les 8cm et pour éviter qu&#8217;ils ne meurent empoisonnés par de mauvais pièges en maturant des centaines d&#8217;oeufs, la solution du coin : le barusan, grosse bombe fumigène vendue en pharmacie qui les fait sortir et les tue.
Qui les tue, euh, mais pas complètement.
Ils bougent encore quand tu rentres dans ta maison enfumée.
*
En brave, j&#8217;ai confié l&#8217;opération barusan à Muriel&#8230;
Elle était motivée : le placard de son bureau était le nid numéro 1.
Et puis il fallait mettre fin à l&#8217;équivoque. A chaque croisement avec un gokiburi, un grand cri retentissait dans la maison. Les voisins allaient commencer à se poser des questions&#8230;
*
Demain matin, nous partons quelques jours avec Shigenori pour filmer des images de Hyuga, ville réputée pour ses gobans et ses pierres blanches&#8230;</itunes:summary>
		<itunes:keywords>esthétique, Quotidien, Son</itunes:keywords>
		<itunes:author>Stéphane Barbery</itunes:author>
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		<title>Potlatch brésilien, mating de la vulgarité</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/16/potlatch-bresilien-mating-de-la-vulgarite/</link>
		<comments>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/07/16/potlatch-bresilien-mating-de-la-vulgarite/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2008 02:43:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[gion matsuri]]></category>
		<category><![CDATA[Son]]></category>

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		<description><![CDATA[De ce que j&#8217;en ai vu, je n&#8217;aime pas Gion Matsuri. La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir. Le passé est instrumentalisé, l&#8217;esprit inexistant. Et pourtant plein de morgue. Carnaval. Où 90% des jeunes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2672576910/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3006/2672576910_fc0b85c337.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p><em>De ce que j&#8217;en ai vu</em>, je n&#8217;aime pas <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Gion_Matsuri">Gion Matsuri</a>.</p>
<p>La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.<br />
Le passé est instrumentalisé, l&#8217;esprit inexistant.<br />
Et pourtant plein de morgue.<br />
Carnaval.<br />
Où 90% des jeunes femmes en yukata, belles comme des déesses sont horriblement, atrocement, désespérément : vulgaires.<br />
Ambiance brésilienne de boite de nuit. Sans musique. Si ce n&#8217;est l&#8217;horrible kon-chiki-chin.<br />
Mixé avec la kermesse familiale et son odeur collante de graillon doucereux, ses vendeurs d&#8217;oreilles de Mickey ou de petits diables clignotant dans le fluo, et ses immondes peluches gonflables d&#8217;un mètre cube (Panthère rose, Alien vert) que des abrutis en masse portent sur leur dos.</p>
<p>Dans cette poubelle du mauvais goût : où est la beauté ? où est l&#8217;esprit ? où est Kyôto ?</p>
]]></content:encoded>
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De ce que j&#8217;en ai vu, je n&#8217;aime pas Gion Matsuri.
La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.
Le [...]</itunes:subtitle>
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De ce que j&#8217;en ai vu, je n&#8217;aime pas Gion Matsuri.
La procession spirituelle s&#8217;est transformée en potlatch où chaque pâté de maison rivalise dans le show off, dans la débauche bourgeoise commerçante de son fric, de son pouvoir.
Le passé est instrumentalisé, l&#8217;esprit inexistant.
Et pourtant plein de morgue.
Carnaval.
Où 90% des jeunes femmes en yukata, belles comme des déesses sont horriblement, atrocement, désespérément : vulgaires.
Ambiance brésilienne de boite de nuit. Sans musique. Si ce n&#8217;est l&#8217;horrible kon-chiki-chin.
Mixé avec la kermesse familiale et son odeur collante de graillon doucereux, ses vendeurs d&#8217;oreilles de Mickey ou de petits diables clignotant dans le fluo, et ses immondes peluches gonflables d&#8217;un mètre cube (Panthère rose, Alien vert) que des abrutis en masse portent sur leur dos.
Dans cette poubelle du mauvais goût : où est la beauté ? où est l&#8217;esprit ? où est Kyôto ?</itunes:summary>
		<itunes:keywords>Quotidien, sociologie</itunes:keywords>
		<itunes:author>Stéphane Barbery</itunes:author>
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		<title>Le pendu</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/06/13/le-pendu/</link>
		<comments>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/06/13/le-pendu/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 13 Jun 2008 03:20:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Texte]]></category>
		<category><![CDATA[jeune]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
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		<description><![CDATA[Kyôto me rend gras du bide. Mon corps réclame de marcher. 6h. Du matin. Une gourde à tuyau, une goutte de Pernod. Mes bâtons. De compétition. Plan : Daimonji et retour. Deux heures. Grand soleil. Air de fin de nuit. * J&#8217;arrive au pied de notre temple. Du haut de l&#8217;escalier de pierre, un vieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2573752763/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3062/2573752763_6eb9c432f9.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Kyôto me rend gras du bide.<br />
Mon corps réclame de marcher.<br />
6h. Du matin.<br />
Une gourde à tuyau, une goutte de Pernod.<br />
Mes bâtons. De compétition.<br />
Plan : Daimonji et retour. Deux heures.<br />
Grand soleil. Air de fin de nuit.</p>
<p>*</p>
<p>J&#8217;arrive au pied de notre temple.<br />
Du haut de l&#8217;escalier de pierre, un vieux me hèle.<br />
En hurlant.<br />
Il ressemble à ces p&#8217;tits vieux qui marchent tôt.<br />
En plus vieux. Dans les 85 ans.<br />
Il n&#8217;a pas de cosplay. Juste deux grandes branches.<br />
Les yeux affolés et de la bave aux commissures.<br />
De loin, il ressemble au prêtre du temple. Je m&#8217;approche.<br />
On dirait un sdf. Je comprends &laquo;&nbsp;denwa&nbsp;&raquo;.<br />
Je réponds &laquo;&nbsp;oui, j&#8217;ai un mobile&nbsp;&raquo;.<br />
Je le sors. Ne comprends rien à ce que me dit le vieux, excité comme j&#8217;ai rarement vu un japonais.<br />
Il me montre la forêt, plus haut.<br />
J&#8217;imagine qu&#8217;un de ses copains de marche est tombé.<br />
Le mobile met un temps fou à booter. Puis à trouver un réseau.<br />
&laquo;&nbsp;Ichi ichi kyu&nbsp;&raquo;. 119. Les secours.<br />
Il explique quelque chose à l&#8217;opérateur dans une prononciation de dentier non collé, en postillonnant dans mon smartphone à clavier comme dans un talkie.<br />
Me retend le téléphone. Soulagé à dix pour cent. Les secours viennent.<br />
Il me repointe la forêt. Je monte les escaliers.<br />
Il les monte trop vite pour son âge.<br />
Me dirige vers le bâtiment central du temple.<br />
Et, arrêté par la surprise, je le vois.</p>
<p>Bleu, beau. Jeune.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Il a son cosplay de jogger.<br />
Des adidas rouges, chères et neuves. Une grosse montre sportive.<br />
La goutte au nez.<br />
Il n&#8217;y a pas de vent. Il ne balance pas.<br />
La mort le rend tonique.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Le vieux me demande si j&#8217;ai un couteau.<br />
Pour trancher la sangle.<br />
Je réponds non.<br />
J&#8217;ai laissé le mien dans la valise.<br />
Le vieux monte dangereusement sur le banc pliant.<br />
Qu&#8217;il a remis droit.<br />
Pour défaire le noeud.</p>
<p>Il me semble bien mort.<br />
J&#8217;ai pas envie de le toucher.<br />
Le Pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Je touche son bras. Du bout d&#8217;un doigt.<br />
Dur comme une crampe. Mais élastique.<br />
Il est bleu.<br />
Je baragouine qu&#8217;il est mort.<br />
Le vieux tient à défaire le noeud.<br />
Je soulève un peu le corps.<br />
Beau comme un mannequin de vitrine Nike.<br />
C&#8217;est lourd. Je le dis.<br />
Le vieux renonce.<br />
Il me montre l&#8217;entrée du temple.<br />
Je comprends qu&#8217;il me suggère d&#8217;attendre et guider les secours.<br />
Qu&#8217;on entend déjà.<br />
J&#8217;y vais.<br />
Arrive un beau camion de pompier rouge. Rutilant.<br />
Toutes sirènes à fond. Inutiles.<br />
C&#8217;est le protocole.<br />
Suivi d&#8217;une ambulance.<br />
Dans leur cosplaymobil.<br />
Je leur dis il est mort.<br />
Ils ne se pressent pas.<br />
Ils n&#8217;ont pas envie de le voir.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>Les ambulanciers confirment.<br />
Le vieux peut enfin s&#8217;asseoir.<br />
Tremblottant. Sur les marches.<br />
Le sergent chef prend ses coordonnées.<br />
J&#8217;aime bien ces vieux pompiers à la voix cassée.<br />
Ils en ont vu.<br />
Beaucoup. Trop.<br />
Ils savent faire.<br />
C&#8217;est des solides. Des débrouillards. Des sauveurs.<br />
Ils arrivent encore à pétiller de vie.<br />
C&#8217;est leur métier.</p>
<p>*</p>
<p>Par acquis de conscience les ambulanciers utilisent leur défibrillateur.<br />
Je me demande combien coûtent les électrodes jetables stérilisés qu&#8217;ils sortent d&#8217;un grand emballage plasto-aluminium grand comme une enveloppe demi-A4.<br />
C&#8217;est juste pour voir si le coeur bat.<br />
&laquo;&nbsp;Flat&nbsp;&raquo;.</p>
<p>*</p>
<p>Le sergent chef parle dans son talkie au dispatcheur.<br />
Pendu = police.<br />
Faut les attendre pour descendre le corps.<br />
Qui ne balance toujours pas.<br />
Qui est toujours jeune et beau.<br />
Le pendu.</p>
<p>*</p>
<p>La police annonce son arrivée à moto.<br />
Ca fait soupirer-marrer le collègue pompier du sergent-chef.<br />
Les ambulanciers s&#8217;en foutent.<br />
Personne ne se regarde trop.<br />
Le pendu est trop beau. C&#8217;est trop triste.<br />
Et puis on lui en veut.<br />
Pour le dérangement. Pour l&#8217;impureté faite au temple.<br />
Parce qu&#8217;il est tôt. Qu&#8217;il fait trop beau. Vraiment trop beau pour se pendre.<br />
J&#8217;ai laissé ma carte au sergent chef.<br />
On me dit qu&#8217;on n&#8217;a plus besoin de moi.<br />
Le vieux est déjà parti depuis deux minutes. A toute allure, presque en courant.<br />
Vers la montagne.<br />
Pour faire sa balade. Pour se purifier. Pour ne pas interrompre sa routine.<br />
La mort, on sent qu&#8217;il la perçoit déjà trop proche.<br />
Pour lui qui entretient sa vie dans l&#8217;effort, ce beau, ce très jeune pendu, c&#8217;est une insulte.<br />
Et une grande. Une très grande tristesse.</p>
<p>*</p>
<p>J&#8217;ai marché jusqu&#8217;au Daimonji.<br />
Il fait très beau aujourd&#8217;hui.</p>
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		<title>Trois objets comme ça&#8230; (2)</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/05/15/trois-objets-comme-ca-2/</link>
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		<pubDate>Wed, 14 May 2008 20:43:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[objets]]></category>

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		<description><![CDATA[- Les deux tickets qu&#8217;on insère, en même temps, l&#8217;un sur l&#8217;autre, dans les poinçonneuses-portières-automatiques-à-double-sens des gares de métro et de chemin de fer. - Les gros papillons noirs qui volètent doucement, comme des mouchoirs de deuil saouls, en plein soleil. - Le Shô, cet orgue à bouche &#8211; vu hier dans les mains d&#8217;une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2491310105/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2156/2491310105_836872a1be.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>- Les deux tickets qu&#8217;on insère, en même temps, <em>l&#8217;un sur l&#8217;autre</em>, dans les poinçonneuses-portières-automatiques-à-double-sens des gares de métro et de chemin de fer.</p>
<p>- Les gros papillons noirs qui volètent doucement, comme des mouchoirs de deuil saouls, en plein soleil.</p>
<p>- Le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sh%C3%B4">Shô</a>, cet orgue à bouche &#8211; vu hier dans les mains d&#8217;une sculpture en bois de bodhisattva sur nuage au Byodo-in &#8211; qui me fait bien envie pour pouvoir souffler, moi aussi, le bruit de jouet métallique d&#8217;un accordéon/harmonica cassé et d&#8217;une parade de kamis.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Respirer</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/05/12/respirer/</link>
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		<pubDate>Sun, 11 May 2008 21:14:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[pollution]]></category>
		<category><![CDATA[respirer]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, place au témoignage et aux crottes de nez. * Cela fait plus de trois semaines que nous respirons mal. Et franchement désagréablement mal, la nuit. Non non : la clim&#8217; (prononcer &#171;&#160;air conne&#160;&#187;) n&#8217;est pas encore en route. Même si je cours aujourd&#8217;hui acheter un humidificateur. Car j&#8217;en ai marre d&#8217;avoir le nez comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2479331258/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2325/2479331258_f21fe32eec.jpg?v=0" alt="" /></a></p>
<p>Aujourd&#8217;hui, place au témoignage et aux crottes de nez.</p>
<p>*</p>
<p>Cela fait plus de trois semaines que nous respirons mal.<br />
Et franchement désagréablement mal, la nuit.<br />
Non non : la clim&#8217; (prononcer &laquo;&nbsp;air conne&nbsp;&raquo;) n&#8217;est pas encore en route. Même si je cours aujourd&#8217;hui acheter un humidificateur. Car j&#8217;en ai marre d&#8217;avoir le nez comme une patate au petit réveil.</p>
<p>Et puis ça me fait des crottes de nez jaunes gluantes comme j&#8217;en ai jamais eues. J&#8217;ose pas regarder sous mon bureau.<br />
Plus personne ne pourra m&#8217;accuser désormais de tricher en enjolivant la réalité.</p>
<p>*</p>
<p>A partir de là, plusieurs hypothèses sont possibles.</p>
<p>*</p>
<p>Première hypothèse : à force d&#8217;habiter dans la cambrousse, nous sommes devenus de gros ploucs hypersensibles à l&#8217;atmosphère urbaine et nos muqueuses requièrent un nécessaire temps de réadaptation.<br />
Cette piste là, j&#8217;y crois pas trop car les symptômes seraient venus plus tôt.</p>
<p>*</p>
<p>Deuxième hypothèse bienveillante : une micro-allergie aux pollens printaniers locaux. Possible, mais ça me laisse dubitatif.</p>
<p>*</p>
<p>Troisième hypothèse, tristouille mais plus probable : la pollution.<br />
A l&#8217;évocation de cette idée, la réponse de Shigenori San fut immédiate et sans appel : &laquo;&nbsp;non&nbsp;&raquo;. On a compris qu&#8217;il fallait pas trop critiquer. Et d&#8217;immédiatement pointer vers les chinois et le sable jaune du désert de Gobi qui couvre les voitures &#8211; ici toujours immaculées &#8211; d&#8217;une fine poussière, signature de sa nature étrangère.<br />
Mouais. Sauf qu&#8217;on respire mal même quand le ciel est clair. Et que j&#8217;ai régulièrement les yeux qui piquent. Légèrement mais sans appel.</p>
<p>*</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui mais c&#8217;est parce que vous faites du scooter (prononcer &laquo;&nbsp;scootaa&nbsp;&raquo;) et que vous respirez plus de gaz d&#8217;échappement&nbsp;&raquo;.<br />
C&#8217;est vrai. Mais pas tous les jours. Et il nous arrive de ne pas descendre en ville et de rester dans notre quartier, en hauteur et sans circulation. Sans que nous respirions mieux.</p>
<p>*</p>
<p>Mon intuition est que l&#8217;air est bel et bien méchamment pollué. Que Kyôto est une cuvette. Que la chaleur des beaux jours n&#8217;arrange rien.</p>
<p>Voilà. C&#8217;est dit.</p>
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		<item>
		<title>Netsuke, le familier</title>
		<link>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/04/05/netsuke-le-familier/</link>
		<comments>http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/04/05/netsuke-le-familier/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2008 23:28:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[netsuke]]></category>
		<category><![CDATA[Ozu]]></category>
		<category><![CDATA[sculpture]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;avais du mal à comprendre cet art du mauvais goût pour les breloques. Vous marchez dans les rues et tout d&#8217;un coup zouim, cling, blong, zouim : un gosse de Kyoto passe avec pas moins de dix trucs que vous identifiez comme des porte-clés accrochés à son sac. Et puis vous vous reprenez : ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.flickr.com/photos/barbery/2385393306/"><img src="http://farm4.static.flickr.com/3280/2385393306_8f6902a824.jpg?v=0" height="500" width="500" /></a></p>
<p>J&#8217;avais du mal à comprendre cet art du mauvais goût pour les breloques. Vous marchez dans les rues et tout d&#8217;un coup zouim, cling, blong, zouim : un gosse de Kyoto passe avec pas moins de dix trucs que vous identifiez comme des porte-clés accrochés à son sac.  Et puis vous vous reprenez : ce ne sont pas des porte-clés vu qu&#8217;on y attache&#8230; des sacs. Ou des mobiles. Ce n&#8217;est pas utile puisqu&#8217;il y en a toujours plusieurs, que la caractéristique en est même l&#8217;hyper redondance. Donc ce doit être de la déco. Une déco kitch et moche. Une façon de personnaliser son <a href="http://www.tropiques-japonaises.fr/2008/03/10/taquin-du-temps/">cosplay</a>. Le pré-carré de l&#8217;individualité nippone.</p>
<p>Individualité évidemment normée. Il y a des règles précises pour le port et le choix de ces colifichets.</p>
<ul>
<li>Une petite fille de trois ans ne sort déjà jamais dans la rue sans son sac en bandoulière auquel sont accrochés pas moins de trois breloques dont une représente son personnage de dessin animé préféré.</li>
<li>Les enfants jusqu&#8217;au collège sont des musées ambulants. En primaire, c&#8217;est concours de bling bling. Manga et animés sont la principale source de référence. La règle, c&#8217;est que l&#8217;un des bidules soit beaucoup plus volumineux que les autres &#8211; catégorie petite peluche (gagnée dans les grues des game centers). Comme le sac est trimballé, retrimballé, à tous vents, à toute pluie, à tout transport en commun, la peluche est en général sale et déformée : piteuse.</li>
<li>Collège, lycée : ça se sexualise. Le biniou devient kawai. Donc objet de teasing, de mouche attrape-regard. Avec d&#8217;un côté les coquettes versant dans le symbole &laquo;&nbsp;dis-moi que je suis la plus belle&nbsp;&raquo; et de l&#8217;autre celles qui trouvent leur place à rester des enfants en conservant la peluche de l&#8217;étape précédente &#8211; mais en élaguant, à la <a href="http://www.japonismus.com/jardins-japon-taille.html">niwaki</a>, le superflu dans un geste de réflexivité affirmée. De ce que j&#8217;ai vu, les p&#8217;tits mecs en portent moins.</li>
<li>Pour les adultes, la règle veut que ces objets ne soient pas immédiatement extérieurs. Cette discrétion a trouvé un objet d&#8217;élection dans le mobile. Chez Yodobashi Kamera, le rayon customisation des téléphones (à coller ou à accrocher au strap) ne fait pas moins de dix mètres de long sur deux de hauteur. Dans tous les temples, vous pouvez acheter ces bimbelots. Et quand on monte en âge, c&#8217;est l&#8217;un d&#8217;entre eux que l&#8217;on porte à son mobile, comme porte-bonheur, amulette, charme. Ou témoignage de passage dans un musée.</li>
</ul>
<p>J&#8217;en étais là quand je suis resté baba devant la beauté exquise de petites sculptures d&#8217;ivoire exposées par quelques stands de la foire aux antiquaires du Pulse Plazza. Impression renouvelée et vraiment stupéfiante de l&#8217;existence d&#8217;un génie japonais de la sculpture complètement ignoré de l&#8217;Occident et dont la force et la finesse surclassent peut-être les productions européennes. Ce qui ne fait aucun doute, c&#8217;est que notre ignorance de ce génie est totalement incompréhensible. Un peu comme s&#8217;il fallait imaginer le Louvre sans l&#8217;Italie ou les Pays-bas. Je tremble à l&#8217;idée que cette ignorance ne soit qu&#8217;un banal effet de provincialisme infatué d&#8217;arrogance nombriliste.</p>
<p>Je me renseigne donc pour en savoir davantage sur ces petites statues. Et je découvre les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Netsuke">netsuke</a> : un kimono, ça n&#8217;a pas de poche; alors pour trimballer sa monnaie, son hanko, sa pipe, ses médocs, les japonais avaient de petites boîtes accrochées à leur ceinture par une ficelle nouée par le netsuke. Une belle breloque.</p>
<p>Les binious d&#8217;aujourd&#8217;hui comme effet de l&#8217;absence de poche d&#8217;hier saupoudrée de la culture amulette asiatique ? Tout de suite, ça énerve moins. Ce n&#8217;est pas moins ridicule, pas moins kitch, pas moins problématiquement infantile pour les jeunes filles, mais, comme inertie de l&#8217;histoire, ça passe mieux.</p>
<p>*</p>
<p>Nous regardions avant-hier soir avec les amis <em>Dernier Caprice</em> d&#8217;Ozu dont le titre en japonais, plus touchant, est : l&#8217;automne de la famille Kohayagawa. Jusqu&#8217;à présent, quand je regardais un film d&#8217;Ozu, la sensation la plus forte était celle de l&#8217;exotisme, d&#8217;un étranger radicalement autre, lointain, passé. Dans toute sensation d&#8217;exotisme, il y a une certaine forme de supériorité paternaliste, bienveillante, attendrie mais supérieure. Je doute qu&#8217;on puisse se soustraire à cet universel égocentrage. Avant-hier, pour la première fois, après trois mois de vie à Kyoto, je n&#8217;avais plus cette sensation d&#8217;exotisme. Tout me paraissait familier, actuel. Shigenori San disait se sentir nostalgique de cet univers estompé des années soixante. J&#8217;étais pour ma part bluffé, très heureusement surpris, de commencer à m&#8217;y sentir chez moi. Familier.</p>
<p>Hier, au Mont Hiei, j&#8217;ai regardé discrètement les breloques vendues par le temple&#8230;</p>
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		<title>Protégé&#160;: Des marches</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Mar 2008 03:03:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il n&#8217;y pas d&#8217;extrait, car cet article est protégé.]]></description>
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		<title>Le destin du bruit de la fraise</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Feb 2008 23:56:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a un anti-wabi-sabi absolu dans le Japon contemporain : le haut-parleur. Kyoto est une ville impressionnament calme. Au point que je n&#8217;ai pas le sentiment d&#8217;habiter en ville. Sauf sur un aspect : le barouf monstrueux, insupportable les premières semaines, des haut-parleurs des camions (de poubelle, de livraison quand ils tournent ou reculent, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://flickr.com/photos/barbery/2251623605/"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2289/2251623605_95c2e017d4.jpg?v=0" height="500" width="500" /></a></p>
<p>Il y a un anti-wabi-sabi absolu dans le Japon contemporain : le haut-parleur.<br />
Kyoto est une ville impressionnament calme.  Au point que je n&#8217;ai pas le sentiment d&#8217;habiter en ville.<br />
Sauf sur un aspect : le barouf monstrueux, insupportable les premières semaines, des haut-parleurs des camions (de poubelle, de livraison quand ils tournent ou reculent, de collecte d&#8217;encombrants ou de cartons, de campagne politique). Mon sentiment d&#8217;agression sonore, d&#8217;intrusion d&#8217;une sphère publique irrespectueuse dans ma sphère privée, est en train de changer peu à peu. C&#8217;est un bruit qui devient pareil à celui des corbeaux. De fond. J&#8217;en deviendrai certainement nostalgique. Mais je ne peux cesser pourtant de le percevoir comme le témoignage d&#8217;une formidable violence sociale : un bruit-instrument de société totalitaire à la <em>Brazil</em>.<br />
Je ne dois pas avoir le bon code pour en comprendre les références. Car ce goût pour le bruit fort, on le retrouve dans l&#8217;interpellation des vendeurs dans la rue, dans les pachinkos, dans les émissions de télé. Un bruit assourdissant, saoulant, vulgaire. L&#8217;anti-wabi-sabi absolu.<br />
J&#8217;ai tenté de me documenter sur le &laquo;&nbsp;hade de ii&nbsp;&raquo; (nice and loud) évoqué par Donald Richie, sans succès.</p>
<p>*</p>
<p>Hier soir, nous devions dîner chez <a href="http://lariviereauxcanards.typepad.com/la_riviere_aux_canards/">Thomas</a> et Erico. Nous avions acheté un chouette assortiment de gâteaux traditionnels dans un magasin de la galerie couverte de Teramachi où s&#8217;arrêtent peu de touristes. Mais la neige qui est tombée à flocons obèses toute la journée d&#8217;hier a rendu les routes vraiment dangereuses. Notre taxi dérapait et glissait en nous raccompagnant à la maison. Je décidai donc de suivre mon intuition et de décommander &#8211; avec la conscience douloureuse de l&#8217;impolitesse de cette décision.<br />
La vendeuse de wagashis nous avait fait la recommandation ferme de consommer ses produits le jour même. Vers 21h, je décidai d&#8217;ouvrir la boîte. Et ce fut une révélation. Il y avait parmi les gâteaux un petit mochi en forme de gros nichon fourré à la fraise fraîche. Une vraie fraise intacte. Pas une purée, pas une confiture. Non, une vraie fraise fraîche naturellement sucrée; ce fut comme une révélation. Le meilleur dessert japonais que j&#8217;aie jamais mangé. Un mets de kami suprême.<br />
Thomas, Erico : je sais comment me faire pardonner.</p>
<p>*</p>
<p>La fascination des occidentaux pour les toilettes japonaises me fait penser à celle des barbares pour Rome. Notre curiosité rigolarde et envieuse envers les sanitaires sublimement technologiques de chez <a href="http://www.toto.co.jp/products/toilet/t00016/">Toto</a> témoigne de notre malpropreté de cul-terreux. Et hier, j&#8217;ai encore poussé un wouah : j&#8217;entre dans des toilettes et, prestidigitation : la cuvette se lève seule, devant moi. Devant tant de magie, je décide &#8211; les femmes auront un début d&#8217;explication à leur légitime indignation &#8211; de faire l&#8217;effort de lever la lunette &#8211; un geste dont j&#8217;ai horreur car il m&#8217;oblige à toucher l&#8217;un des objets les plus suspects qui soit puis à porter ma main, cette même main qui a levé la lunette, sur une partie de mon anatomie que je tends à choyer.<br />
Bon. Je voyais bien que je devais manquer une opération car le lever manuel de la lunette de ce Toto-là forçait un peu.<br />
Je fis l&#8217;hypothèse qu&#8217;il devait y avoir un capteur quelque part et passai la main ici et là dans un geste de passe de magicien. Niet.<br />
Je forçai le levage. La lunette finit par comprendre et termina sa course seule.<br />
Il fallait ensuite tirer la chasse. Passé maître dans la lecture des kanjis      <span class="jp1">小 </span>(petit) et      <span class="jp1">大 (</span>gros), j&#8217;inspectai du côté du réservoir. Sans succès.<br />
Je regardai alentour. Pour découvrir la commande déportée près de la porte. Sur celle-ci, évidemment : les boutons de lever et de fermeture de la lunette et du couvercle&#8230;</p>
<p>J&#8217;avais envie de mettre une toge romaine comme le Aplusbégalix du <em>Combat des Chefs</em>.</p>
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		<title>Une sagacité presque agaçante (on n&#8217;y a pas pensé)</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jan 2008 04:18:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphane Barbery</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[ergonomie]]></category>
		<category><![CDATA[intelligence]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[lumière]]></category>
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		<category><![CDATA[porte]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux ébahissements joyeux du quotidien : 1) Sur le trône, on a le temps de regarder la porte. Et en haut à gauche, comme un gros judas de la taille d&#8217;une pièce de cinq francs avec un verre épais opaque. Qu&#8217;est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant aux extérieurs un &#171;&#160;j&#8217;ai vu de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Deux ébahissements joyeux du quotidien :</p>
<p>1)  Sur le trône, on a le temps de regarder la porte. Et en haut à gauche, comme un gros judas de la taille d&#8217;une pièce de cinq francs avec un verre épais opaque. Qu&#8217;est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant aux extérieurs un &laquo;&nbsp;j&#8217;ai vu de la lumière&nbsp;&raquo; : bref un &laquo;&nbsp;ne pas entrer sans avoir à frapper&nbsp;&raquo;.</p>
<p>2)  Mon livre d&#8217;apprentissage de japonais propose sous les hiragana un romaji qui, on a beau vouloir bien faire, conduit imparablement à tricher. Je m&#8217;apprêtais à acheter du typex en bande ou un gros feutre noir pour barbouiller mon bouquin quand Shigenori me conduisit dans une papeterie pour acheter&#8230; une feuille transparente rouge. Quoi ? Qu&#8217;est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant de masquer le romaji &#8211; <em>imprimé en rouge</em> &#8211; et permettant à l&#8217;oeil de lire sans avoir à tricher&#8230;</p>
<p>Ca me fait rire de plaisir</p>
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