15 mars 2008

Protégé : Des marches

Filed under: Quotidien — Stéphane Barbery @ 12:03

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10 février 2008

Le destin du bruit de la fraise

Filed under: Quotidien — Stéphane Barbery @ 8:56

Il y a un anti-wabi-sabi absolu dans le Japon contemporain : le haut-parleur.
Kyoto est une ville impressionnament calme. Au point que je n’ai pas le sentiment d’habiter en ville.
Sauf sur un aspect : le barouf monstrueux, insupportable les premières semaines, des haut-parleurs des camions (de poubelle, de livraison quand ils tournent ou reculent, de collecte d’encombrants ou de cartons, de campagne politique). Mon sentiment d’agression sonore, d’intrusion d’une sphère publique irrespectueuse dans ma sphère privée, est en train de changer peu à peu. C’est un bruit qui devient pareil à celui des corbeaux. De fond. J’en deviendrai certainement nostalgique. Mais je ne peux cesser pourtant de le percevoir comme le témoignage d’une formidable violence sociale : un bruit-instrument de société totalitaire à la Brazil.
Je ne dois pas avoir le bon code pour en comprendre les références. Car ce goût pour le bruit fort, on le retrouve dans l’interpellation des vendeurs dans la rue, dans les pachinkos, dans les émissions de télé. Un bruit assourdissant, saoulant, vulgaire. L’anti-wabi-sabi absolu.
J’ai tenté de me documenter sur le « hade de ii » (nice and loud) évoqué par Donald Richie, sans succès.

*

Hier soir, nous devions dîner chez Thomas et Erico. Nous avions acheté un chouette assortiment de gâteaux traditionnels dans un magasin de la galerie couverte de Teramachi où s’arrêtent peu de touristes. Mais la neige qui est tombée à flocons obèses toute la journée d’hier a rendu les routes vraiment dangereuses. Notre taxi dérapait et glissait en nous raccompagnant à la maison. Je décidai donc de suivre mon intuition et de décommander – avec la conscience douloureuse de l’impolitesse de cette décision.
La vendeuse de wagashis nous avait fait la recommandation ferme de consommer ses produits le jour même. Vers 21h, je décidai d’ouvrir la boîte. Et ce fut une révélation. Il y avait parmi les gâteaux un petit mochi en forme de gros nichon fourré à la fraise fraîche. Une vraie fraise intacte. Pas une purée, pas une confiture. Non, une vraie fraise fraîche naturellement sucrée; ce fut comme une révélation. Le meilleur dessert japonais que j’aie jamais mangé. Un mets de kami suprême.
Thomas, Erico : je sais comment me faire pardonner.

*

La fascination des occidentaux pour les toilettes japonaises me fait penser à celle des barbares pour Rome. Notre curiosité rigolarde et envieuse envers les sanitaires sublimement technologiques de chez Toto témoigne de notre malpropreté de cul-terreux. Et hier, j’ai encore poussé un wouah : j’entre dans des toilettes et, prestidigitation : la cuvette se lève seule, devant moi. Devant tant de magie, je décide – les femmes auront un début d’explication à leur légitime indignation – de faire l’effort de lever la lunette – un geste dont j’ai horreur car il m’oblige à toucher l’un des objets les plus suspects qui soit puis à porter ma main, cette même main qui a levé la lunette, sur une partie de mon anatomie que je tends à choyer.
Bon. Je voyais bien que je devais manquer une opération car le lever manuel de la lunette de ce Toto-là forçait un peu.
Je fis l’hypothèse qu’il devait y avoir un capteur quelque part et passai la main ici et là dans un geste de passe de magicien. Niet.
Je forçai le levage. La lunette finit par comprendre et termina sa course seule.
Il fallait ensuite tirer la chasse. Passé maître dans la lecture des kanjis (petit) et 大 (gros), j’inspectai du côté du réservoir. Sans succès.
Je regardai alentour. Pour découvrir la commande déportée près de la porte. Sur celle-ci, évidemment : les boutons de lever et de fermeture de la lunette et du couvercle…

J’avais envie de mettre une toge romaine comme le Aplusbégalix du Combat des Chefs.


24 janvier 2008

Une sagacité presque agaçante (on n’y a pas pensé)

Filed under: Quotidien — Stéphane Barbery @ 13:18

Deux ébahissements joyeux du quotidien :

1) Sur le trône, on a le temps de regarder la porte. Et en haut à gauche, comme un gros judas de la taille d’une pièce de cinq francs avec un verre épais opaque. Qu’est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant aux extérieurs un « j’ai vu de la lumière » : bref un « ne pas entrer sans avoir à frapper ».

2) Mon livre d’apprentissage de japonais propose sous les hiragana un romaji qui, on a beau vouloir bien faire, conduit imparablement à tricher. Je m’apprêtais à acheter du typex en bande ou un gros feutre noir pour barbouiller mon bouquin quand Shigenori me conduisit dans une papeterie pour acheter… une feuille transparente rouge. Quoi ? Qu’est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant de masquer le romaji – imprimé en rouge – et permettant à l’oeil de lire sans avoir à tricher…

Ca me fait rire de plaisir


 
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