Atelier Poésie, mardi 7 mai 2013, Yoshida Yama, 14h00 : Rimbaud
Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit.
Il se déroule chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).
C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.
Chaque séance est généralement consacrée à un poème classique ou à une série de poèmes d’un auteur classique.
L’essentiel de l’atelier consiste en une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du ou des poèmes. Cette lecture est le point de départ d’une interrogation sur l’esthétique française et ce qui la différencie de l’esthétique japonaise.
Texte étudié lors du prochain atelier : Roman de Rimbaud
杲
Roman
On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bons dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits, – la ville n’est pas loin, -
A des parfums de vigne et des parfums de bière …
Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche …
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête …
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête …
Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux-col effrayant de son père …
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif …
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines …
Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets la font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire … !
- Ce soir-là, … – vous entrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade …
- On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade
Arthur Rimbaud, 1870.
杲
Les tilleuls verts sur la promenade.
Les momiji verts et leurs doux frissons.
L’air doux de juin. Les premières bières de mai.
Le printemps qui n’est pas sérieux.
La golden week et les cheveux de Rimbaud.
杲
Liens :
- Traduction du poème en japonais
- Chanté par Léo Ferré
- Me contacter : barbery@gmail.com




