Les draps blancs de l’accordeur aveugle
il les plie comme une veuve
mal
La stupéfaction
face au gaijin
qui baragouine
n’est pas de supériorité :
qui peut bien
désirer
s’exiler
dans l’épuisant
musée doux
de l’épisode 22
de Samurai Champloo ?
Des pérégrins du temps
和 n’est pas l’harmonie.
Harmonie
est pwouah pwouah
municipale
de sous-sous-préfecture.
和
c’est l’Accord
*
Vivre :
un cosplay permanent
qui là-bas
s’ignore.
Ici,
on ne l’ignore pas.
On le soigne.
Un cosplay permanent
sur son 31
interdit tout carnaval :
comment distinguer un déguisement d’un déguisement ?
Ici, au carnaval de tous les jours
on oublie que l’on défile déguisé
on oublie de regarder le défilé
on est la mascarade qui s’ignore
le raffinement connaisseur de l’uniforme.
Gion Matsuri :
jour gras inconscient
sans reflet
sans public
flot chronique accordé
au
calendrier des jours
« Ajari Sama,
que faire
des
défaiseurs ? »
「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」
Embrasse-les sur la bouche
Laisse-les te mordre
Aspire le poison
「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」
Aspire le poison
Il est noir
comme la cendre
Il est vieux
comme leur mort
amer
tes dents sont noires
「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」
tes poumons sont pleins
de fraisil et d’anthrax
tu étouffes.
Eux, reposent blancs
roses
mignons
mous
ils pleurent
ils pleurent enfin
「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」
Cambre ton cou
Le venin sort
de la forge de ton corps
Kannon se penche
dans sa robe d’Amaterasu
elle t’embrasse
lave tes poumons
de l’eau de sa lumière
le poison andésite
forme
une pierre
sur ses lèvres
Fudô myô approche
prend la pierre
et la brûle
「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」