17 juillet 2009

十一

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 15:08

和 n’est pas l’harmonie.
Harmonie
est pwouah pwouah
municipale
de sous-sous-préfecture.


c’est l’Accord

*

Vivre :
un cosplay permanent
qui là-bas
s’ignore.

Ici,
on ne l’ignore pas.
On le soigne.

Un cosplay permanent
sur son 31
interdit tout carnaval :
comment distinguer un déguisement d’un déguisement ?

Ici, au carnaval de tous les jours
on oublie que l’on défile déguisé
on oublie de regarder le défilé
on est la mascarade qui s’ignore
le raffinement connaisseur de l’uniforme.

Gion Matsuri :
jour gras inconscient
sans reflet
sans public
flot chronique accordé
au
calendrier des jours


16 juillet 2009

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 8:59


« Ajari Sama,
que faire
des
défaiseurs ? »

「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」

Embrasse-les sur la bouche
Laisse-les te mordre
Aspire le poison

「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」

Aspire le poison
Il est noir
comme la cendre
Il est vieux
comme leur mort
amer
tes dents sont noires

「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」

tes poumons sont pleins
de fraisil et d’anthrax
tu étouffes.
Eux, reposent blancs
roses
mignons
mous
ils pleurent
ils pleurent enfin

「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」

Cambre ton cou
Le venin sort
de la forge de ton corps
Kannon se penche
dans sa robe d’Amaterasu
elle t’embrasse
lave tes poumons
de l’eau de sa lumière
le poison andésite
forme
une pierre
sur ses lèvres
Fudô myô approche
prend la pierre
et la brûle

「 Il fait chaud n’est-ce pas ? 」


14 juillet 2009

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 20:46

La Bastille etc.
à Osaka
Une crêpe suzette
aussi réjouissante
que le
décolleté
de Mme la Consule

La France ? Un décolleté suzette ?

*

Entre deux thés glacés :
le shugendo
Spinoza
puis Duras.
Inattendus.

Qu’honorons-nous de ce que nous sommes ?

*

La cuillère d’un bébé tombe
Le père lui ordonne
d’attendre
d’une formule expulsée
de sergent chef nord coréen.
Le bébé d’attendre.

*

「Chotto matte kudasai」
De ses moments rares
où un japonais
jouit
sans limite
sans honte
de son (無 de)
pouvoir

*

Mon taxi
n’avait qu’une
dent
et qu’un billet
pour me rendre la
monnaie
「Chotto matte kudasai」

*

Et la beauté
partout,
imperméable à leur majoritaire
vulgarité,
des femmes japonaises.
Presque nues.


13 juillet 2009

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 21:43

Le bruit de l’aircon
nuit gravement à la
pensée.
L’étuve autoclave
nuit gravement à la
pensée.
Ton caleçon pour seul vêtement
nuit gravement à la
vue des voisins.

*

Les guichetières de la banque
ont une peau
ravagée :
jaune-épuisé, terrorisé.
Leur pointillisme totalitaire
appliqué
à la vie
seul
leur rendrait
leur teint de
vivantes…

*

Le ciel-blanc-tsuyu
dopait les couleurs en les
strangulant.
Le bleu timide qui revient
au ciel
rend son vert mohair
aux Monts de l’Est.

La chromatologie ? Une autre psychologie.
Quel est le tsuyu de ton âme ?

*

Ne dors pas
dans le
wabi sabi
tu vivrais
dans le
mono no aware


12 juillet 2009

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 18:53



Monter Hieizan
dans l’odeur
des pins.

*

La glaise de pluie
sur mes semelles plastiques
accroche-t-elle
les sandales de paille
d’Ajari San ?

*

Roter son faux flanc
et lutter contre le
hoquet
d’avoir bu trop vite

*

Les moustiques montent
mieux que toi
puis
abandonnent

*

Restaurant de coquillages.
Dispendieux
Sur le faux tatami
un vrai gokiburi

*

Le pardon ?
Mais comment se faire pardonner de morts,
athé

*

Un 14 juillet
le 12
sans musette


 
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