30 avril 2011

#jaimekyoto

Filed under: Quotidien — Stéphane Barbery @ 20:06

Pré-tracés

Je suis depuis quelques semaines de retour chez moi, à Kyôto.

J’ai trouvé à Manigod, près d’Annecy, le lieu idéal pour « transmettre les jardins de beauté« .

Je compte faire de mon mieux pour que cet endroit devienne une ambassade culturelle de Kyôto où pourront venir des jardiniers certes, mais également des maîtres de thé, d’encens, de fleurs, des artisans, tous ceux qui font battre le coeur de ce qui me bouleverse ici. Leur faire découvrir la beauté des Alpes françaises dans un environnement à couper le souffle et qui sera respecté comme tel. Et permettre aux Français de rencontrer ces artistes, qu’en général, un touriste qui a pourtant fait le déplacement, n’a pas l’occasion d’approcher. Mettre en oeuvre mon devoir de passeur, autrement que par des textes et des photos.

C’est un projet sur le très long terme. D’autant que j’ai l’intention de continuer à habiter principalement ici au Japon, à Kyôto que les événements tragiques du mois dernier n’ont pas changé d’un iota, où vous pouvez venir en toute quiétude, et que j’ai décidé de célébrer en postant tous les jours sur twitter, une raison qui explique ma fascination pour ce lieu unique.

Vous pouvez vous abonner et suivre ce fil ici : https://twitter.com/#!/StephaneBarbery


19 mars 2011

Transmettre les jardins de beauté

Filed under: Watashi — Stéphane Barbery @ 17:06

Qui irradierait la vie

Ma chance – pouvoir accéder sur un temps long et dans des conditions idéales à la beauté japonaise – je la vis comme naturellement associée à un devoir. Celui de partager, de passer, de transmettre.

C’est le sens de mes photos, de mes textes, de mes différents projets en cours de maturation (maison d’édition, select shop d’objets d’art asiatique en-ligne).

A Kyôto, où je me sens depuis le premier jour étrangement dans le « chez moi » de mon âme, mes émotions les plus fortes, ce sont les jardins qui me les offrent. Les jardins japonais, les jardins de Kyôto, sont incontestablement parmi les créations les plus profondes, les plus nobles, les plus belles de l’esprit humain. De celles qui élèvent et rendent fiers, en apportant la paix, la joie de la communion dans le hors-temps.

Cette fascination pour les jardins japonais n’a rien d’exotique. Il ne s’agit pas de promouvoir un néo-japonisme horticole. Les jardins chinois, leur tao des pierres, des formes et de l’eau, sont bien antérieurs aux jardins japonais. Les trois amis de l’hiver – le pin, le bambou et le prunier – qui sont l’une des fondations du jardin de Kyôto, viennent de Chine. Le zen qui a donné sa lumière aux jardins japonais vient du Tchan chinois.
Il ne s’agit donc pas d’une fixation japonisante. Ou chinoise. Ou asiatique.

Il est simplement question de beauté. De beauté qui traverse le temps et les frontières.

Le devoir d’un passeur qui a la chance d’accéder à cette beauté, après l’étape préalable où il se doit d’apprendre sérieusement, de comprendre profondément, de laisser infuser en lui le temps qu’il faut cet art qui ne parle pas sa langue maternelle, consiste à faire cheminer cette beauté vers de nouvelles frontières.

Les jardiniers de Kyôto sont nombreux. Passionnés. Rarement riches. Le plus souvent, ils tirent la langue.
Certains rêvent de partager ce à quoi ils consacrent leur vie.
Mais ils parlent japonais. Et qui, ailleurs qu’au Japon, parle japonais ?
Trouver des contacts, des réseaux, organiser des voyages ou des formations, ne font pas partie de leurs compétences. Ce sont des artistes, humbles. Pas des entrepreneurs.

Mon projet sur le long terme est de créer une petite structure permettant à des jardiniers de Kyôto de venir en France. D’avoir un lieu où ils peuvent rester le temps qu’ils veulent. Pour y créer un jardin. Pour répondre à l’invitation de particuliers ou d’institutions qui voudraient créer, non pas un jardin japonais, mais un jardin de beauté, adapté à l’environnement local et notamment à sa flore, qui puiserait idées et inspiration, dans leur expérience et leur art. Non pas pour reproduire de façon kitsch et « à la manière de » un coin japonisant mais pour faire surgir de nouvelles créations authentiques, guidées par le goût, la sensibilité, le partage dans la célébration de la beauté.

Je suis arrivé au Japon avec deux valises. Après avoir vendu tous mes biens.
Ce projet pour se concrétiser a besoin d’une base.
Je pensais depuis plusieurs mois chercher une maison en France pour cela.
Dans la région d’Annecy que j’aime.

Fukushima m’a conduit à avancer ce projet.

Je ne souhaitais pas quitter Kyôto qui est a priori à l’abri et qui n’a pas été touchée par les tremblements de terre récents (je reçois à l’instant un mail m’indiquant qu’il devient difficile d’y trouver du riz et du lait car tout le monde s’est mis à stocker « en prévision de »).
Mais l’information concernant la situation nucléaire non contrôlée sur non pas un mais quatre réacteurs étant au minimum incertaine, la succession des explosions, l’idée de ne pas avoir à parier sur le sens du vent m’ont conduit à prendre de façon impromptue un billet d’avion pour mener ce projet que je comptais de toute façon réaliser ces prochaines semaines.

A part envoyer de l’argent à la croix rouge japonaise pour aider les victimes du tsunami qui en ont tant besoin, à part se protéger, même de façon stupide et démesurée, en mettant de la distance disproportionnée avec la pétouille nucléaire, parce qu’on peut le faire et pour ne pas ainsi insulter tous ceux qui voudraient le faire mais ne le peuvent pas, à part se sentir coupable de ce privilége, je me sens solidaire en travaillant activement à ce projet de base de transmission des jardins japonais.

J’ai hâte de rentrer à Kyôto mais je compte sérieusement occuper les prochaines semaines à trouver, dans la région d’Annecy où je suis depuis trois jours, une maison avec un terrain suffisant pour y construire un jardin et pouvoir y accueillir les jardiniers de Kyôto – mais également d’autres maîtres, par exemple de thé, de calligraphie ou d’encens – qui pourraient partager avec tous ceux qui le souhaitent, leurs arts.

La première étape consiste à trouver une maison adéquate. Je suis preneur de toute aide pour mener à bien le plus rapidement ce projet : barbery@gmail.com


28 février 2011

Atelier Poésie, mardi 1er mars 2011, Yoshida Yama, 14h30 : Verlaine

Filed under: Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 12:43

Verlaine

Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit.
Il se déroule chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).
C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com

La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.

Chaque séance est généralement consacrée à un poème classique ou à une série de poèmes d’un auteur classique.

L’essentiel de l’atelier consiste en une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du ou des poèmes. Cette lecture est le point de départ d’une interrogation sur l’esthétique française et ce qui la différencie de l’esthétique japonaise.

Texte étudié lors du prochain atelier : « La lune blanche… » de Paul Verlaine

*

La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…

O bien aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…

C’est l’heure exquise.

*

Salah Stétié nous a lu la semaine dernière les deux poèmes de Claudel sur Verlaine.

Hormis Mallarmé et ses mots diamants du sur-hiver, quel autre poète français que Verlaine pourrait célébrer adéquatement les ume, leur espacement, leur érotique impermanence, la griserie qui mord et ne lâche plus qu’elles clignent en surdouées du hors-temps ?

Liens :


21 février 2011

Salah Stétié, « le titre viendra du fond de la nuit »

Filed under: Salah Stétié — Stéphane Barbery @ 16:38

Salah Stétié, Kyoto 2011 : lire immédiatement le poème composé durant le thé

Enregistré à Yoshida yama


20 février 2011

Salah Stétié, l’écorcement

Filed under: Salah Stétié — Stéphane Barbery @ 10:16

Salah Stétié, Kyoto 2011 : "j'aime beaucoup celle-là"

Enregistré à Yoshida yama


 
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