18 janvier 2011

L’assiette

Filed under: Portraits Japonais — Stéphane Barbery @ 7:55

Cake banane et thé glacé

Je suis l’assiette du restaurant
la dernière assiette sur la pile
La première a être posée sur une table
le matin

Le restaurant est vide
Le patron a beau faire
le restaurant est vide

Le patron,
c’est la première fois qu’il est patron.
Son téléphone sonne souvent.
C’est le patron du dessus qui l’appelle.

Ceux qui sont entrés
une première fois chez nous
reviennent.
Pour la lumière du jour
l’espace
le calme
les réussites des designers
et le buffet de Kyôto
fin
abordable

Le patron a fait de son mieux
Il ne sait pas comment faire plus

Mais personne ne va
à l’angle sud-ouest
du nouveau Yodobashi camera
personne ne sait même qu’il y a des restaurants
dans ce coin-là
Tout le monde pense que les restaurants,
tous les restaurants,
c’est à l’étage des restaurants
au 6ème sous les parkings
pas au rez-de-chaussée

Je suis comme neuve
Le restaurant est vide.
Fermera-t-il ?

Le patron rit doucement
quand il en parle à ses amis.
Et ses amis savent
que son rire n’est pas un rire.
Ils sont émus
en se disant aussi
quelle idée, mais quelle idée
d’avoir ouvert là
d’avoir ignoré l’évidence
que personne
ne viendra jamais au coin sud-ouest
du rez-de-chaussée

Le patron va prier à Tôji
Il a acheté des livres de mandala
pour voir qui s’occupe du sud-ouest.
Depuis, il prie Kannon et Katen.
et maintenant qu’il sait que Katen
est le dieu du feu
il a toujours un briquet dans sa poche

Mais les dieux ont beau être forts et bienveillants
pour ceux qui montrent
de la force et de la bienveillance
la pousse d’arbre parfaite
que tu plantes au mauvais endroit
ne pourra jamais trouver en elle seule
les ressources de grandir

Ca, c’est le kami des assiettes qui nous l’a expliqué
Il ne me l’a pas expliqué personnellement.
Il l’a expliqué au modèle dont je suis la copie.
Les kami, même d’assiettes, ne prennent soin
que des modèles, pas des copies.
Mon modèle, elle est gentille.
Elle nous tient des staff meeting.

Mon modèle, c’est comme un arbre idéal
qui aurait trouvé dans le buffet
son lieu idéal
Elle nous promet qu’un jour
nous serons dans tous les buffets du monde

Je ne suis pas plate
J’ai des formes féminines,
cambrure et décolleté :
trois fois trois fossettes
comme des écrins de dégustation

J’ai des collègues d’autres buffets,
plates,
même belles et en bois,
qui se plaignent.
Elles nous disent sur le réseau
qu’elles ont honte,
honte des amas qu’elles endossent
des sauces qui s’entre-mouillent
mais surtout des restes.
Elles nous disent que c’est dur
de se sentir responsable d’un gâchis
que la destinée d’une assiette
c’est d’être vide
pas vidée,
à la cuillère,
dans le sac à ordures

Nous, quand on est utilisées,
ça ne nous arrive jamais.
Les amas, on ne connaît pas.
Nos courbes invitent à la gourmandise
à la quantité juste
qui optimise le plaisir
du palais et des yeux,
et l’esprit du client
qui veut manger pour plus qu’il ne paye
parce que même s’il n’a pas faim dans un buffet
il serait bête
s’il mangeait pour moins que le forfait

C’est un secret.
Je ne dois pas le dire.
Notre modèle nous a fait promettre
de ne pas le répéter :
le kami des assiettes
lui a dit qu’une kami de premier niveau
chargée de l’anti-gaspi par les représentants du Tout
a commandé une étude de faisabilité
pour reproduire l’esprit de notre modèle
partout dans l’ici-bas.
Là-haut, ils en ont marre.

Des kamis de deuxième rang planchent déjà sur la campagne
« pour que des formes justes partout
suscitent la justesse toujours »

Ca me fait tout drôle d’être l’objet d’étude des kami

Je suis l’assiette du restaurant
la dernière assiette sur la pile
La première a être posée sur une table le matin

sur ma table vide ce matin
inutile
je me sens fière

[18 décembre - 18 janvier : fin des Portraits japonais]


17 janvier 2011

Souffler

Filed under: Portraits Japonais — Stéphane Barbery @ 8:21

Bientôt plouf

J’ai erré
dans plusieurs pays
dans plusieurs langues
dans plusieurs maisons
avec des chiens
des métiers
des chats
des amis
des compagnes
des livres
de bons pianos

des buts nobles
et alimentaires

Je ne me suis jamais vraiment trahi
même en me trahissant
parce que je savais que je n’étais pas

où je devais être

Et maintenant
un visa renouvelable sur mon passeport
je suis ici
dans mon souffle
dans le hors du temps
chez moi
enfin chez-moi

sans chien
sans biens
sans piano
sans but

Je n’ai pas les bons yeux
la bonne taille
le bon corps

Je ne comprends pas ce qu’on me dit
les adultes ont pitié de moi quand je parle
les enfants se moquent
après plusieurs années
je ne peux pas lire le journal
les poèmes
je suis l’intrus manifeste
qui ressemble au touriste

je suis chez moi

je suis l’étranger qui reste ici
parce que le hors-temps est chez-moi
pas pour les femmes qui sont ici des femmes
mais parce que l’étrange d’ici est ma
maison
là où j’ai grandi
on ne sait pas quand

je suis canadien
on me prend pour un américain
on me parle de la bombe atomique
on se force à être poli
mais on ne m’aime pas
parce qu’on me prend pour un américain

Je suis québécois
musicien
mon maître m’enseigne
le shakuhachi
et les bonsai

Je n’aime pas les bonsai
c’est trop petit
trop tordu
trop ostensiblement contrôlé
je ne pourrai jamais dire cela
à mon maître

Il a le droit d’avoir le mauvais goût
de créer des doubles
magnifiques
émouvants
de ce qu’on a forcé en lui

- on ne crée toujours jamais que des doubles

Je m’excuse auprès des arbres
quand je vais marcher
seul
en montagne
avec le shakuhachi
que m’a fait acheter mon maître
cher
parfait pour mon niveau
parfait pour ma musique

Dans la montagne
j’y crée des doubles
des miroirs de mon chez-moi
des miroirs de mes départs
de mes essais
honnêtes
d’acclimatation
à mes contemporains
à mon temps
étranger au hors temps
à mon temps américain

Et je m’adosse à un arbre
ma colonne vertébrale se connecte à l’intemporel
de l’arbre
à l’intemporel des arbres
de tous les arbres de tous les temps
je souffle la non mélodie d’un double
qui perçoit le contemporain
comme une maladie de peau
un psoriasis
Je souffle le hors temps
et la grattouille cicatrise
comme si elle n’avait jamais existé

elle reprend sa place légitime
dans le néant qui n’a pas de place
en la mémoire

A mon arbre
je souffle
soufflé par mon arbre
je souffle le hors temps
comme sur une pierre
qui ne pourrait survivre de ricocher au
lac

que parce que des amis
soufflent
civilement
sur elle


16 janvier 2011

Futaoki

Filed under: Portraits Japonais — Stéphane Barbery @ 8:51

Placer le signe d'eau sous le feu, sur la cendre

Je travaille le métal
Je fonds
Je forge
Je suis belle et douée
J’ai toujours suivi mon chemin
Papa est juge
J’ai de belles cicatrices sur les mains

J’ai compris, étudiante d’art,
que ça dérange les hommes
qu’une femme
travaille le métal.
Même pour les bijoux

Les femmes ne devraient pas se mêler
du pouvoir de rendre mou le bien dur
ça leur angoisse le tchintchin

Un homme ça a le droit de risquer
de s’abîmer les mains, le corps
C’est dans ce risque qu’il se sent
mâle

Mais une femme
il faut protéger son enveloppe
son intégrité
comme si elle n’était toujours
qu’un placenta ambulant
une baudruche

Je suis belle, douée et futée.
Je n’y suis pour rien.
Ca fait de moi une proie
à mettre sous vitrine.

Papa m’a appris à briser les vitrines
à suivre le juste
Maman à cueillir le vrai
chaleureusement
Maman est maître de thé

Le métal, ce n’était pas prévu
ce qui m’est venu d’abord
c’est la terre
les bols

A la fac, la fonderie
se trouve juste avant
le stock de glaise
je voyais en passant
la couleur d’un coulage,
la nuit d’un coulage

c’est la couleur
du soleil
qui m’a fait entrer

Mon atelier s’appelle soleil
entre deux amants
en attendant mon roi
je crée des futaoki

Les futaoki sont des supports
de couvercles de bouilloire

Pendant la cérémonie du thé
le couvercle de la bouilloire métal
chaud à brûler les doigts
à marquer les tatami
doit être posé
avec le respect dû à sa fonction
comme un morceau d’occiput
lors d’une chirurgie cérébrale

J’aime le métal qui court
et sautille dans le sable
saisir la fusion
qui vient d’un soleil
un instant y retourne
au gré d’un souffle
pour courir ailleurs
sur d’autres sables

J’ai créé une nouvelle forme de futaoki :
des futaoki-fûrin
clochettes

Les iemoto me les achètent
chers
ils valent leur prix
On parle de moi comme une iemoto
de première génération

Mes mains et mes yeux
ont parfois envie de plonger
dans la fusion
Mes pensées sont aussi liquides
que mes soleils
leurs éclats font une odeur forte
sur le cuir épais qui me protège,
la sueur de mon front
est sucrée sur mon bandana,
et c’est l’été qui vient
le moteur de ma souffleuse
comme le vacarme des insectes
le silence
et le tintement léger
d’une fûrin

Mes futaoki sont d’hiver
ils font sonner les flocons

Quand le maître
pose le hishaku
puis, un instant plus tard,
le couvercle,
sur mon futaoki
le bruit du vent dans les pins
de la bouilloire
est suspendu
à la chaleur de juillet

tous les plis
de toutes les lèvres
sourient

Mes futaoki sont d’été
ils préparent l’âme au meilleur

L’été, mes futaoki font
comme une goutte
dans un puits d’eau fraîche
qui ferait peur aux enfants
vingt mètres

Mes futaoki d’automne
font le son de l’encens
ceux de la saison des pluies
le cri de l’épervier

J’ai un futaoki pour une cérémonie
en la mémoire d’un mort
un futaoki pour enfant dans une pièce à thé
un futaoki d’amour
pour déclarer, dire encore, thé après thé
sa flamme,
dire qu’on aime
dire je t’aime
je te veux
je t’aime

J’ai un futaoki pour les vieux
un, à offrir à sa nièce
des futaoki pour virils de leur tchintchin
et pour délicates des yeux
des qui font comme des bisous
et d’autres comme des mains qui se tiennent
dans une salle d’attente, à l’hôpital

Je travaille le soleil du métal
et lui pétrit ma vie
de sons

de sons soleil
thé
levant

point du jour

je partage


15 janvier 2011

Le fantôme

Filed under: Portraits Japonais — Stéphane Barbery @ 7:49

Kankiten danse notre tokonoma

je suis un fantôme qu’on libère
je me sens libre
je ne sens plus mon fil
ouh ce que c’est bon
ouh ce que je suis content de pouvoir partir

Ca fait vingt ans
que je suis coincé
Mon fils est grand maintenant
et j’en ai assez
de hanter les nuits du quartier

Je me souviens de vouloir un fils
Avec ma femme on a tout essayé
les médecins
les pèlerinages
d’autres médecins
qui nous regardent suspicieusement
en nous demandant
des détails sur la façon
dont on s’y prend
et un jour, un vieux prêtre
nous parle de Kankiten Sama

Kankiten Sama, nous dit-il,
il n’y a plus beaucoup de prêtres
pour savoir le prier
il est trop puissant

J’essaye
sans rien dire à ma femme
quelques temples
qui me répondent tous
qu’ils ne font plus de
cérémonies Kankiten
mais que je peux prier devant
l’autel où son coffret
est toujours fermé

Kankiten Sama
il est trop puissant
me disent tous les vieux prêtres

Je tombe enfin sur un petit temple
avec un jeune prêtre.
Il est motivé.
Il veut bien faire.
Il a même fait refaire
la statue de Kankiten Sama
qui servait auparavant
dans le rituel

Pour Kankiten Sama
on verse de l’huile
une huile spéciale.
On ne la verse pas directement
sur la statue.
Ca l’abîmerait.
On la verse sur
une copie
un tenant lieu.

Le jeune prêtre
ne pensait pas
qu’on lui demanderait la cérémonie.
Il a fait refaire le tenant lieu
pour les touristes
et ça l’embêterait de l’abîmer
alors il propose d’essayer
avec le reflet dans un miroir

Je ne dis rien à ma femme
et un soir
je me rends au temple
C’est en hiver
il fait nuit
on a froid
le prêtre et moi

On place une bassine
sous le miroir
face au tenant lieu
l’encens sature la pièce
il commence la prière

Je comprends que si le jeune prêtre croit à la bonté
et au grand tout des choses
il ne croit pas vraiment
à la singularité des dieux, des kami et des bouddha
ca lui fait bizarre
quand Kankiten Sama descend

Car dès la première louche d’huile
sur le reflet dans le miroir
Kankiten Sama nous tape sur l’épaule
on sursaute
on a peur

Il regarde dans mon coeur
et dans le coeur du prêtre
il voit mon désir de fils
il voit mon désir de fils
il voit mon désir de fils
et passe une de ses mains
dans mes cheveux

Dix mois plus tard
un fils me naît
j’ai tellement eu peur
de Kankiten Sama
et de sa puissance
que je n’en ai jamais parlé à ma femme

Je me rends au temple
pour la cérémonie de remerciement

Quand je revois le prêtre
pour prendre rendez-vous
je sens qu’il a changé
Il n’y a plus de plaquettes pour touristes
à l’entrée du temple.

Je me rends au temple
pour la cérémonie de remerciement
et je suis renversé
par un camion de livreur

je meurs en regardant le logo
du camion
un chat noir qui tient un petit chat noir dans sa gueule

Je n’ai pas remercié Kankiten Sama
et personne ne sait

La puissance de Kankiten Sama
me lie
je deviens un fantôme
qui ne peut s’éloigner à plus de 337 mètres
de la statue du temple

J’apparais dans les rêves des âmes sensibles
du quartier
J’essaye de leur dire
dans le langage des rêves
que j’ai besoin d’eux
pour les remerciements

Mais aujourd’hui,
les sensibles
même les prêtres
ne croient plus

Alors j’erre
comme un fantôme
on se retourne en frissonnant
sans me voir
ca me rend triste et gris

Par la messagerie des fantômes
j’apprends que mon fils va bien
je commence à l’oublier
je ne suis plus
qu’un rêve rayé
de remerciements

Ca me tracasse
ça me casse
Ca me tracasse
de n’avoir pas pu
remercier

Toutes les nuits
j’inspecte en traînant
un nouveau rêveur
ou un ancien rêveur
dans l’espoir de me faire
comprendre

Et puis cette jeune femme
arrive
elle n’est pas du quartier.
Elle vient y travailler.
Elle fait juste une courte sieste
tous les jours après son repas de midi.
20 minutes.
Je me rue sur ses rêves.
Elle n’a pas peur.
Je lui montre le temple
et le tenant lieu
de Kankiten Sama
pendant un mois.

Ca l’intrigue.
Par hasard
en cherchant un pressing
elle trouve le petit temple
du quartier
et de ses rêves
elle entre
parle au prêtre
qui frissonne
et lui sourit
en haussant les épaules

Je lui fais des sourires dans ses rêves
je lui montre la cérémonie
et Kankiten Sama
et l’huile qu’on verse
elle retourne au temple
et décrit son rêve au prêtre
qui frissonne

Il lui demande si elle a un désir particulier.
Non répond-t-elle
elle sent juste qu’il faut verser l’huile
qu’elle a confiance dans le sourire
du rêve

Le prêtre frissonne
le soir de la cérémonie
la pièce est saturée d’encens
il verse
et dès la première louche d’huile
sur le reflet du tenant-lieu
Kankiten Sama est là

Il passe une de ses mains sur le crâne du prêtre
et il sourit à la jeune femme
je suis à côté d’elle
et je souris en remerciant Kankiten Sama

Kankiten Sama lâche mon fil
et je me sens libre
devenir transparent
comme dans la transparence des rêves
je peux me déplacer
je vais dans ma maison
et je vois mon fils
qui se prépare
en mettant un costume noir
pour la cérémonie de passage d’âge.
Il a vingt ans.
Il est beau.
Il regarde gentiment sa mère
Il y a une photo de moi dans le butsudan

Je reste encore une nuit
et le lendemain
pendant la sieste de la jeune femme
je la remercie à genoux
en lui disant que je veillerai sur elle
et qu’un jour
sans qu’elle le sache

je serai là pour son désir


14 janvier 2011

Les morts-vivants

Filed under: Portraits Japonais — Stéphane Barbery @ 7:38

Le charbon noir qui ne tombe pas sur le tatami jaune

Je suis le petit rire
de Lady J

Je suis son petit rire
qui apaise
et fait sourire
qui détend
et protège
son petit rire de gorge
« huhu »
qui redonne espoir
à ceux qu’elle aime
sur la bonté humaine

Lady J
est exploitée.
Par son mari
sa belle-mère
Par ses enfants
ses voisines
Par son employeur
et ceux qu’elle ne connaît pas
Par les ingrats

Les ingrats
forment le blob
qui entoure immanquablement
ceux qui donnent
de la chaleur de leur coeur
pour réchauffer celui des autres

Les ingrats
tu leur donnes un peu
et ils sont surpris.
Ils ont toujours eu froid.
La première fois,
ils sont estomaqués par cette chaleur.
Mais ça les drogue.
Ils ne peuvent pas dire merci
car ça leur pointe un manque
un défaut
un besoin
une injustice
un état.
Ils comprennent qu’ils sont des morts-vivants
en quête de sang chaud.

La princesse
ne se formalise pas
de cette absence de merci.
Elle ressent de la joie
à faire du bien.

Quand on est sensible,
le bien qu’on fait aux autres
on le sent en miroir
dans sa poitrine
et on soigne aussi ainsi
les gelures de son passé

Mais les mort-vivants
ne sont plus humains face au bon.
Pour eux, Lady J
n’est plus une semblable
une soeur de condition
mais une ressource
gratuite
exploitable

Ils lui réclament encore
ce qu’elle leur donne gentiment.
Ils lui rotent au visage
et lui hurlent :
« ENCORE FEIGNASSE DONNE PLUS »

Lady J est prisonnière
stupéfaite
elle ne sait pas comment réagir
face à ce comportement de fous.

On doit prendre soin des fous
ce n’est pas de leur faute
et puis ils font peur.
Alors elle donne
en se faisant battre
insulter
en se faisant mépriser
traiter d’avare, de rat pingre et ingrat

Lady J est une Lady
car quoi qu’elle fasse
elle ne sera jamais
une morte-vivante
Son corps se refroidira
au fil continu
des prélèvements de ceux
qui la vampirisent
son corps pourra même parfois
tomber malade,
souffrant d’injustice,
mais son coeur sera toujours
de cette chaleur douce
constante
fidèle
qui me fait exister moi,
son petit rire de gorge

huhu


 
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