12 août 2010

九十五

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 7:43

Iris Enhancer version florale

L’odeur du fleuriste, six mètres avant sa porte,
quand il fait trop chaud
pour acheter des fleurs


9 août 2010

九十四

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 11:01

Un vieux du quartier

Le vieux chien claudique plus que son vieux maître
et ça déchire le coeur
du vieux


27 juillet 2010

杲流お点前一 Akiraka Ryu o Temae 2

Filed under: Voie du thé — Stéphane Barbery @ 21:39

Japon, (n.m.) pays dont le soleil est une femme

Partager le sucré, partager le thé, partager les mots.

Un son distinct annonce chaque partage.
Léger pour le sucré.
Profond pour le thé.
Equilibré pour les mots

Le son est suivi d’une formule rituelle.
Partageons le sucré ?
Partageons le thé ?
Partageons les mots ?
A quoi l’invité répond : お願いします (onegaishimasu).

Et le mystère de se clore sur un remerciement :
Pour le partage du sucré, du thé et des mots, merci.

Le son et les formules ne sont là que pour lancer puis scander la transe.
Délicatement.

Akiraka, 杲, n’est pas sabi.
Le mystère du thé n’est pas communion funéraire.
Le thé n’est pas partage d’un deuil.

Le maître de thé accueille dans la joie.
Ni légère, ni divertissante.
Mais complice. Solaire.

Non partage élégant d’un temps vide,
d’un mu de sutra du coeur :
Chishû Ryû.

Mais complice de notre fragilité partagée,
de nos destins reflets, tissés,
de notre capacité à accompagner le même chant :
Takashi Shimura.

Orientation non vers le perdu
mais vers ce qui vient
le bon que l’on se souhaite
et que l’on souhaite à celui qu’on accueille

La chambre de thé, les ustensiles choisis
matérialisent, rayonnent,
cette lumière douce, prévenante, sûre.
Sanctuaire.


18 juillet 2010

杲流お点前一 Akiraka Ryu o Temae 1

Filed under: Voie du thé — Stéphane Barbery @ 18:26

Un 24 décembre

Le mystère du thé est transe partagée.
Les mots brisent la transe.
Le mystère du thé est donc silencieux.
Les gestes légers comme les regards font des voix plus fortes que les mots.

La transe est légère comme une flamme qu’on allume.
Pour la tenir vivante, le mystère distingue le sucré, le thé et les mots.

Le sucré se partage en silence, avec le maître de thé, complices,
souriants comme des enfants appréciant la chance.
Au seul chant de l’eau.
Avant l’entrée du thé dans la pièce.

Le maitre de thé efface les traces du sucré.
Puis introduit le thé. La transe.

La transe suit le coeur.
Tout signe appuyé est alerte de tête ou de peur.
Le mystère du thé est Accueil.
L’Accueil ne juge pas. Sur la connaissance du mystère ou des pas.
Mais sur le coeur.
Présent.
Authentique.
La danse du respect est donc fluide comme un vent libre.
Dans un arbre au soleil qui accueille également
des souffles différents.

Les mots brisent la transe.
Les mots réfléchis brisent la transe en réflexion.
Le partage des mots et du sens,
de l’histoire et du transmettre
a donc lieu après la transe.
Après la sortie du thé.
Lors du retour du maître de thé
qui tranquillement
accueille avec ses mots
élève par sa lumière


9 juillet 2010

九十三

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 12:29

Elle chassait l'oiseau

Vivre toujours
au pays
où les oiseaux n’ont pas peur

何時までも暮らす
その
鳥が恐れない国


 
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