5 octobre 2009

Atelier Poésie, mercredi 7 octobre 2009, IFJK, 17h15 : Guillevic

Classé dans : Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 6:59

Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit. Il a lieu au café de l’Institut où il est juste demandé de prendre une consommation.
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.

Chaque séance est consacrée à un poème classique. Il est fortement recommandé aux participants de venir à la séance en ayant lu le poème du mois et avec une liste de questions sur ce qui n’aura pas été compris.

La séance débute par une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du poème. Ceux qui veulent apprendre le poème par cœur sont chaleureusement encouragés à le faire. Connaître par cœur les plus belles créations poétiques d’une langue est le meilleur moyen d’accéder au cœur de cette langue, à une dimension qu’aucun cours de vocabulaire ou de grammaire ne pourra jamais révéler.

Dans un deuxième temps je détaille, vers après vers, le sens des mots, des références, des implicites du texte, j’insiste sur tous les aspects qu’un lecteur francophone, même cultivé, ne comprend pas et sur les raisons pour lesquelles il n’est pas nécessaire de comprendre dans son intégralité un poème pour en saisir la beauté.
Je tente ainsi de décrire non pas ce que comprend mais ce que ressent un français quand il lit un poème célèbre dans sa langue.
Cette phase est ouverte aux questions, aux échanges.

Je reste un temps supplémentaire (jusqu’à 18h30) pour échanger avec ceux qui le veulent sur le thème du poème et sur la façon dont l’esthétique japonaise pourrait ou ne pourrait pas traiter ce thème.

Poème étudié lors de la prochaine séance : Choses de Guillevic.

Liens :

Choses

L’armoire était de chêne
Et n’était pas ouverte.

Peut-être il en serait tombé des morts,
Peut-être il en serait tombé du pain.

Beaucoup de morts.
Beaucoup de pain.

*

Deux bouteilles vides
Au grenier dans un coin.
Le vent secoue les tuiles
Et la charpente.

Deux bouteilles vertes
Qu’attire le centre de la terre
Et que retient la lumière.

*

Assiettes en faïence usées
Dont s’en va le blanc,
Vous êtes venues neuves
Chez nous.

Nous avons beaucoup appris
Pendant ce temps.

(Guillevic, Terraqué)


2 octobre 2009

三十六

Classé dans : N — Stéphane Barbery @ 21:16

Il ne remarque même plus les riches
qui le matin
ne remplissent pas leur assiette,
et la finissent.

Il pense en nouant les sacs poubelles de 200 litres
à la femme de son cousin,
qui vend,
de sa voix de quasi-naine,
des shikuwasa
sur un carton,
dans la rue,
à Naha,
au Japon.


28 septembre 2009

三十四

Classé dans : N — Stéphane Barbery @ 21:54

Dans le frigo de l’hotel,
un bouquet.

Un bouquet de fleurs de pluie
Un bouquet de fleurs de sel
Un bouquet de fleurs de larmes

et quand elles s’ouvrent :

du sucre glace


24 septembre 2009

三十三

Classé dans : N — Stéphane Barbery @ 19:17


A Fushimi,
dans son fauteuil roulant,
la très très vieille dame
arrange ses cheveux
pour la photo qu’on prendra d’elle

sur son keitai rose


22 septembre 2009

三十二

Classé dans : N — Stéphane Barbery @ 18:42

Valse des parapluies.
Ploc.
J’ai été plu.


 
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