24 janvier 2008

Une sagacité presque agaçante (on n’y a pas pensé)

Filed under: Quotidien — Stéphane Barbery @ 13:18

Deux ébahissements joyeux du quotidien :

1) Sur le trône, on a le temps de regarder la porte. Et en haut à gauche, comme un gros judas de la taille d’une pièce de cinq francs avec un verre épais opaque. Qu’est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant aux extérieurs un « j’ai vu de la lumière » : bref un « ne pas entrer sans avoir à frapper ».

2) Mon livre d’apprentissage de japonais propose sous les hiragana un romaji qui, on a beau vouloir bien faire, conduit imparablement à tricher. Je m’apprêtais à acheter du typex en bande ou un gros feutre noir pour barbouiller mon bouquin quand Shigenori me conduisit dans une papeterie pour acheter… une feuille transparente rouge. Quoi ? Qu’est-ce ? Un simple et ingénieux système permettant de masquer le romaji – imprimé en rouge – et permettant à l’oeil de lire sans avoir à tricher…

Ca me fait rire de plaisir


12 janvier 2008

Torii du désir

Filed under: esthétique — Stéphane Barbery @ 11:46

Pas encore, pas tout tout de suite.

Dans le Vide et le Plein, Nicolas Bouvier défend l’idée que la culture japonaise, culture de sas, de portes et d’antichambres, culture d’investissement, de patience et d’attente, culture du délai dans la gratification, est une culture faite pour mettre en scène un vide central – comme un tambour : plus on vous fait attendre, plus il n’y a RIEN à voir.

La chorégraphie du boudoir serait une ruse tentant de masquer l’imposture.

Peut-être.

Il faudrait bien sûr ajouter la stratification sociale héritée du passé, les signes extérieurs de rang, l’universelle pyramide sociologique.

Mais en marchant dans Higashiyama, j’intuitionnais que la feinte initiale était fortuitement tombée sur une ergonomie psychologique, conatique, autrement dit : une sagesse. Un prédicteur de bonheur ?

Non pas tromper et faire suer. Mais relancer la joie.

Pas encore, pas tout tout de suite…


 
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