Torii du désir
Pas encore, pas tout tout de suite.
Dans le Vide et le Plein, Nicolas Bouvier défend l’idée que la culture japonaise, culture de sas, de portes et d’antichambres, culture d’investissement, de patience et d’attente, culture du délai dans la gratification, est une culture faite pour mettre en scène un vide central – comme un tambour : plus on vous fait attendre, plus il n’y a RIEN à voir.
La chorégraphie du boudoir serait une ruse tentant de masquer l’imposture.
Peut-être.
Il faudrait bien sûr ajouter la stratification sociale héritée du passé, les signes extérieurs de rang, l’universelle pyramide sociologique.
Mais en marchant dans Higashiyama, j’intuitionnais que la feinte initiale était fortuitement tombée sur une ergonomie psychologique, conatique, autrement dit : une sagesse. Un prédicteur de bonheur ?
Non pas tromper et faire suer. Mais relancer la joie.
Pas encore, pas tout tout de suite…