24 mai 2015

何となう死に来た世の惜しまるる

Filed under: Poésie — Stéphane Barbery @ 23:44

Kôyasan : ni un dimanche, ni en voiture - 34

Pour la troisième fois, je reçois par mail une demande de la version japonaise de ce haïku de Natsume Sōseki :

Sans
savoir
pourquoi
j’aime
ce monde

nous venons
pour
mourir

Voici le texte trouvé que j’ai pu trouver. Sans garantie.















Par pitié, ne vous le faites pas tatouer : si vous souhaitez le porter, pensez à un bijou ou à un vêtement…


13 mai 2015

Quelques notes sur la traduction de haïku

Filed under: Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 1:07

佐助 - 鋏鍛冶 - 07

Ci-dessous des notes abrégées pour partager quelques idées surgies lors de l’atelier que nous avons décidé hier de consacrer à la traduction de quelques haïku de Issa (choisis dans le « Et pourtant, et pourtant » des éditions Moundarren, éditions que je ne recommanderai jamais assez suffisamment).

– Un haïku ne fait sens que sur une seule ligne verticale. Le regard doit se sentir choir, comme une goutte d’eau de pluie, un caillou.
– L’instantané n’est pas compatible avec l’horizontalité, flèche du temps qui sollicite la durée, fut-elle brève.
– L’horizontalité renvoie à la ligne mélodique quand le haïku est proche du « oh » de la surprise.
– La mise-à-la-ligne en plusieurs vers (5-7-5) construit la sensation d’une architecture à étages, d’une machine, d’un corps démembré. Quand le haïku lui est de l’ordre de l’unité organique, goutte de rosée.
– Une traduction en français devrait donc reprendre la verticalité unilinéaire.
– La publication actuellement possible sur écran (notamment e-ink) permet de mettre fin à la culpabilité de gâcher du papier.

– Si l’essence de la poésie est le kotodama via le chant (souffle, rythme, invocation magique), le système d’écriture japonais permet un kotodama via le regard. En japonais, la possibilité d’écrire un mot en hiragana ou en kanji permet de créer une intention dans le choix de l’une ou l’autre graphie. Ecrire 「une mouche」「はえひとつ」「蝿一つ」ou 「蝿ひとつ」ne « dessine » pas la même scène. 「蝿ひとつ」crée l’image de la mouche qui par succession de petits vols énerve.
– Cette flexibilité d’écriture qui ajoute une dimension sémantique pictographique, presque manga, à un poème peut rendre le lecteur français fébrile lui dont l’identité groupale repose sur une orthographe arbitraire unique fixée par la loi.
– Attention pourtant à ne pas imputer à un auteur une version calligraphique particulière. L’auteur pourra avoir écrit son poème dans le seul kotodama du chant : en hiragana. Le texte que le lecteur lit peut être ainsi l’interprétation (au sens musical) calligraphique de l’éditeur, non du poète.

– L’intraduisible kireji final 「哉」, « kana » donne accès à une dimension fondamentale de la société japonaise qu’il est difficile d’imaginer quand on n’a pas vécu dans l’archipel : la gentillesse et l’entretien permanent du lien poli avec autrui par l’emploi d’un question tag humble. Au Japon, presque toute déclaration devient interrogative pour solliciter le retour de l’interlocuteur.
– 「哉」, « kana », en haïku, a une fonction symbolique d’arrêt. Pourtant il est impossible de le dissocier du « kana – peut-être » utilisé au quotidien qui accorde à autrui ce statut de coparticipant dans la parole. Le kana fait surgir le lecteur – dans le poème.
– Le 「哉」 du haïku est à l’opposé du verbe créateur biblique qui semble servir de modèle à la poésie occidentale où l’auteur est contraint à la position de prophète assénant de l’éternité indiscutable.
– La dimension d’incertitude introduite par le 「哉」crée également un flou, un bokeh, qui place la proposition du poème dans le registre de la demi-veille, du rêve, de la transe légère, de l’étonnement enfantin. Il sollicite chez le lecteur cet état, partage ce contexte interne de création. Le kana crée une zone de projection/identification forte pour le lecteur alors qui est repoussé hors-champs dans la poésie occidentale.

– Une simple expression comme 「南無阿弥陀仏」, Namu Amida Butsu, requiert une très longue explication pour permettre au lecteur de comprendre le contexte de cette formule et donc le sens, les nuances multistrates, de son utilisation. Deux simples lignes de notes approximatives ne suffisent pas.
– Il faut connaître l’ambiance populaire, de ferveur de grand-mères, polythéiste, superstitieuse mais candide, bon-enfant, du bouddhisme de la Terre pure, pour comprendre la légèreté distante utilisée par Issa et qui n’a rien à voir avec une foi impliquante.
– Il faut connaître l’origine des prières bouddhiques au Japon et le fait que ces signes ne font pas sens puisqu’ils sont une traduction en chinois d’un texte sanscrit pour comprendre que la succession de ces caractères ressemble à une incantation magique pour un Japonais.
– Il faut sans doute avoir vu le kyogen Shûron 「宗論」, où se disputent deux prêtres, l’un Terre Pure, l’autre Nichiren, leur bataille façon cour de récréation à coup de prières devenue slogans de supporters (« Namu Amida Butsu » vs « Hokekyô »), leur confusion et leur inversion finale, pour prendre conscience de l’humour, du sourire dans l’utilisation par Issa de cette formule.
– Ce qui pourrait passer pour une marque de foi pieuse pour un lecteur occidental ignorant le statut des religions au Japon, leurs différents parfums, la nature quotidienne mais non investie de la prière, est en fait un trait d’humour, un clin d’œil. Le lecteur occidental ne devrait pas être conforté dans la représentation erronée d’un Japonais cimenté dans un esprit de sérieux monobloc.
– Pourtant, la compassion pour les petites choses, dans un contexte diffus, pas vraiment validé mais pourtant présent, de réincarnation et de karma, est là, en écho lointain, dans le texte. L’enfance d’Issa le conduit à s’identifier aux petits sans défense. Et l’on ressent son pincement au cœur au moment où il tue la mouche. Mais un haussement d’épaules enfantin aussi. Dans la satisfaction d’avoir mis fin à un agacement de lèse-majesté. Tout cela en 5-7-5…















A
chaque
mouche
que
je
tape
「Namu
Amida
Butsu」,
kana


4 mars 2015

Balade 03, Fushimi Inari – 20 février 2015

Filed under: Quotidien — Stéphane Barbery @ 11:23

balade03

-Balade 03 – est un fichier pdf contenant un manga de 25 pages.
Vous pouvez le télécharger à cette adresse :

https://drive.google.com/open?id=0By0_m19Gut58ZnNiaWFXcVNWQW8&authuser=0

Balade 03 a été créé sur iphone et ipad, en quelques heures, morcelées. En utilisant Visual Haiku et Halftone2.


1 mars 2015

Atelier Poésie/Traduction : Flaubert, extrait d’Un Cœur Simple

Filed under: Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 13:22

Stratochromatisme portais

Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie, la littérature et l’esthétique est libre d’accès. Il est gratuit.
Il se déroule chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).
C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com

La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.

La séance prochaine sera consacrée à un extrait d’Un cœur simple de Flaubert.

Le principal divertissement était le retour des barques. Dès qu’elles avaient franchi les balises, elles commençaient à louvoyer. Leurs voiles descendaient aux deux tiers des mâts, et, la misaine gonflée comme un ballon, elles avançaient, glissaient dans le clapotement des vagues, jusqu’au milieu du port, où l’ancre tout à coup tombait. Le bateau se plaçait contre le quai. Les matelots jetaient par-dessus le bordage des
poissons palpitants, une file de charrettes les attendait, et des femmes en bonnet de coton s’élançaient pour prendre les corbeilles et embrasser leurs hommes.

Après avoir traduit ce court passage, nous tenterons d’établir des liens entre l’esthétique et les procédés utilisés par Flaubert, et l’art japonais.

Liens :


24 février 2015

Ma Balade 02, Ginkakuji – 16 février 2015

Filed under: Texte — Stéphane Barbery @ 4:11

balade02

-Balade 02- est un fichier pdf contenant un manga de 20 pages.
Vous pouvez le télécharger à cette adresse :

https://drive.google.com/open?id=0By0_m19Gut58ZnNiaWFXcVNWQW8&authuser=0

Balade 02 a été créé sur ipad, en six heures, morcelées. En utilisant waterlogue et halftone2.


 
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