尺八 – Shakuhachi – 普化 – Fuke – Myōtōrai myōtōda – 明頭来

尺八 - Shakuhachi - 普化 - Fuke - Myōtōrai myōtōda - 明頭来

Aimer le shakuhachi.
Aimer la calligraphie.

S’entraîner à la calligraphie
à partir de textes Shakuhachi

Chercher l’origine
des titres
des morceaux qu’on aime.

Trouver une mythologie fondatrice.
Celle d’un illuminé chinois,
Pǔhuà, 普化 – Fuke en japonais –
– qui ne joue pas de flute –
– mais agite sa clochette –
en interpellant les passants :
« Myōtōrai myōtōda, antōrai antōda… »

Chercher le texte original de l’interpellation
comme support de l’entraînement calligraphique du soir

Le trouver dans un article remarquable de Matt Treyvaud :

明頭来、明頭打、暗頭来、暗頭打。四方八面来、旋風打。虚空来、連架打。

Mettre en forme la citation pour la calligraphier.

Repérer un motif – 来打 –
brisé asymétriquement par deux caractères qui n’ajoutent aucune épaisseur sémantique, symbolique, poétique, calligraphique.

四方八面= de toutes les directions ≃ 四方

Calligraphier.
Avec un mauvais pinceau pliable, neuf. Trop petit.
Et une nouvelle suzuri verte : gratouillante, incommode.

Réfléchir au texte et aux traductions proposées.

Celle de Christopher Blasdel :

If attacked from the light, I will strike back to the light.
If attacked from the dark, I will strike back in the dark.
If attacked from all four quarters, I will strike back as the whirlwind.
If attacked from emptiness, I will lash out like a flail.

Celle de Matt Treyvaud :

There once was a Buddhist named Pǔhuà
Who said « Light or dark, I’m where you are!
« Come from all sides? I’ll whirl!
« Come from nowhere? I’ll flail! »
That obliging old Buddhist named Pǔhuà!

Trouver qu’ainsi Pǔhuà n’est pas différent
d’un mauvais rappeur
d’une mauvaise battle
d’un mauvais catcheur
d’une bravade simiesque

Rien de plus éloigné
du son de la flute
que j’aime.

Alors modifier cette mythologie inadéquate.
Pour la remplacer par une autre.
Tout aussi imaginaire.
Plus adaptée.

Remplacer 打, frapper
par 吹, souffler.

Un joueur de shakuhachi,
n’est pas une petite frappe.
Souffler, n’est pas soufflet.

Si Pǔhuà, interpelle la foule,
il ne parle pas de lui
mais enjoint.

Alors :

Si la lumière vient en toi
Souffle la lumière

Si le sombre vient en toi
Souffle le sombre

Si tu es cerné
Souffle comme la tornade

Et si ton ciel vient vide
Souffle, pour en extraire le grain