6 janvier 2008

Le meurtre de l’ombre

Filed under: Texte — Stéphane Barbery @ 23:43

Le meurtre de l'ombre

L’éloge de l’Ombre de Tanizaki démontre définitivement que l’esthétique japonaise, des beaux arts au quotidien, ne se comprend que par la transfiguration d’une contrainte technologique, architecturale (l’éclairage à la bougie, des maisons sombres) en libération de l’éclat. Le reflet d’une laque, un jeté de poudre d’or, ne valent que dans l’ombre, que par l’ombre. Parce qu’elles exaltent, exhaussent alors la lumière.

Prenez une pièce à tatamis. Et suspendez au plafond un néon circulaire projetant une lumière de salle de dissection biélorusse. Vous venez de tuer l’ombre par une non-lumière. Le néon assassine le Japon. Les leds le sauveront-il ?

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Cette connexion techno-beau frustre le planificateur en moi. Et confirme la clé de toutes les clés : sérendipité.

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J’aimerais trouver l’explication de la fascination des japonais pour les tirettes qui pendouillent et font clic-clac – l’interrupteur nippon par excellence. Se pourrait-il que ce goût étrange pour des fils qui évoquent à un occidental le papier tue-mouche et le tampax soit lié aux cordes des gros grelots des temples Shinto qui servent à siffler les kamis ?

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J’ai horreur de les prendre dans le nez et sentir ma tête reculer de vingt centimètres dans l’anticipation d’un choc plus brutal.


 
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