30 avril 2010

灰形 Haigata

Filed under: Précieux — Stéphane Barbery @ 9:09

Haigata

灰形 Haigata : formation de sculpture de cendre

La cendre d’un brasero (furo) sur laquelle est disposé le charbon est sculptée à l’aide d’ustensiles spécifiques (灰匙 haisaji) pour créer une forme qui sera contemplée par les participants à une étape précise de la cérémonie du thé.

Cette cendre, elle-même spécifique, fukusabai, a été plusieurs fois tamisée, le dernier tamis étant constitué d’un tissu de soie.

Dans la tradition Urasenke, il existe sept formations principales :

1) 二文字押切 nimonji-oshikiri : forme de base utilisée pour la plupart des brasero. La cendre est sculptée en deux crêtes parallèles et de même hauteur en haut et en bas laissant la place au centre à une vallée à la courbe uniforme. Cette formation donne le sentiment du caractère 二 (二文字, nimonji).

La deuxième partie du nom de cette formation, 押切, oshikiri, renvoie au fait que la cendre est délicatement « pressée ». Ce pressage délicat ne doit cependant pas rendre la formation trop dure : elle doit rester susceptible d’impermanence et la moindre vibration sensible pourrait (devrait pouvoir) l’abîmer.

Le trigramme (issu du Yi Jing !) pour « eau » est tracé au centre et 蒔灰 (makibai, « cendre semée »), de la cendre blanche de glycine, est saupoudrée – en quantité plus importante si le temps est plus chaud.
On n’utilise pas de makibai pour les brasero en fer ni pour les formations possédant des lignes tracées (kakiage). En hiver pour le foyer au sol (mais également pour le brasero dans certaines écoles de thé), on utilise de la cendre humidifiée qui a été traitée pour ne plus contenir de potasse : shimeshibai (湿し灰).

2) 二文字掻上 nimonji-kakiage : formation utilisée pour les furo en fer. Après avoir créé deux crêtes parallèles comme pour nimonji-oshikiri, une baguette en métal est utilisée pour tracer un nombre impair de lignes verticales écartées de façon uniforme (de 7 à 11 selon la taille du brasero). Contrairement à nimonji-oshikiri, le trigramme « eau » n’est pas tracé et on ne saupoudre pas de cendre de glycine.

3) 丸灰押切 marubai-oshikiri : formation arrondie, convexe jusqu’au trépied sur lequel reposerait la bouilloire si l’on en utilisait un (mais on n’en utilise pas avec cette formation), concave à partir de l’endroit où serait situé le trépied. Utilisée avec certains types de braseros. Par exemple : furo circulaires en acier, pour bouilloires « à jupe » reposant sur les bords du brasero ou du foyer appuyées sur deux morceaux de bois (透木, sukigi), Ryûkyû-buro (un type de brasero aux formes élégantes qui pourrait venir d’Okinawa), Chôsen-buro (formes proches de la précédente et venant de Corée).

4) 丸灰掻上 marubai-kakiage : la même que la précédente mais avec des lignes verticales en nombre impair, uniformement espacées. Utilisée avec des brasero en fer.

5) 遠山灰 tôyama-bai : le terme signifie « montagne(s) lointaine(s) ». La cendre est sculptée en forme de montagne derrière le trépied. Il existe trois versions : hitotsuyama (une seule montagne), futatsuyama (deux), et mukôyama-bai (la montagne au loin). La forme est déterminée par la taille et le design du brasero.

6) 向山灰 mukôyama-bai : la « montagne au loin » est créée derrière le pied du trépied le plus au fond du brasero. Cette formation est utilisée lorsque le brasero est placé au centre du tatami.
中置 nakaoki, le placement au centre du tatami, a lieu à partir du début d’octobre, afin de rapprocher le furo des invités pour les réchauffer un peu.
On forme également mukôyama-bai avec les furo en céramique ou en bronze, mais pas avec ceux en fer.

7) 向一文字前谷 mukô-ichimonji-maedani : cette forme a été inventée pour les situations où on utilise une petite bouilloire placée dans un large brasero afin que le rougeoiement du charbon ne soit pas perçu de façon excessive. Au haut du furo, on forme une crête identique à celle des formes nimonji. Cette unique crête ressemble au caractère 一 (ichimonji). A l’avant du furo, la cendre forme un arc de cercle qui suit les deux pieds frontaux du trépied au milieu desquels se trouve le maekawarake, la céramique non vernie, semi-circulaire placée pour orienter et réguler la chaleur (rouge pour les furo en fer, blanche pour les autres types de furo).

(Informations principalement tirées du dictionnaire A Chanoyu Vocabulary)

Livre particulièrement recommandé pour la beauté de ses photos : 茶の湯の基本 灰と灰形―作り方、炉・風炉のすべて (単行本)

Le livre figurant dans la photo illustrant cet article est une reproduction d’un traité de Ii Naosuke consacré à la cérémonie du thé et contenant des dessins de Haigata fabuleux.


28 avril 2010

Atelier Poésie, mardi 4 mai 2010, Yoshida Yama, 18h00 : Hugo

Filed under: Atelier Poésie — Stéphane Barbery @ 10:50

17h01

Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit.
Ayant eu lieu l’année dernière à l’Institut, il se déroule désormais chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).

C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com

La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.

Chaque séance est consacrée à un poème classique ou à une série de poèmes d’un auteur classique.

L’essentiel de l’atelier consiste désormais en une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du ou des poèmes. Cette lecture est le point de départ d’une interrogation sur l’esthétique française et ce qui la différencie de l’esthétique japonaise.

Texte étudié lors de la prochaine séance : Les Djinns de Victor Hugo. Pour les trois derniers vers, japonais. Et la déclamation, si française.

Liens :


八十三

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 10:18

Les riches, la star, la voix. Et le balais.

Les cadres de la banque
qui balaient la rue tous les matins
croient que je me moque d’eux


八十二

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 10:12

En quelques heures le jaune devenait citron

Dans le pays des vallées pauvres
le ciel est jaune
comme les dents de la vieille


22 avril 2010

八十一

Filed under: N — Stéphane Barbery @ 17:22

La koi à l'ume

Les carpes s’abritent
sous leur brise-soleil

Il pleut trop fort


 
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