Atelier Poésie, mardi 7 décembre 2010, Yoshida Yama, 14h30 : Mallarmé, sonnet en x
Cet atelier mensuel d’échanges franco-japonais sur la poésie est libre d’accès. Il est gratuit.
Il se déroule chez moi à Kyôto (5mn de l’arrêt de bus Ginkakuji Michi).
C’est la raison pour laquelle les personnes qui voudraient y assister pour la première fois devront impérativement me contacter au préalable : barbery@gmail.com
La langue de l’atelier est le français. Toute personne, quel que soit son niveau de français, peut y participer.
Chaque séance est généralement consacrée à un poème classique ou à une série de poèmes d’un auteur classique.
L’essentiel de l’atelier consiste en une lecture collective à voix haute (mais chuchotée) du ou des poèmes. Cette lecture est le point de départ d’une interrogation sur l’esthétique française et ce qui la différencie de l’esthétique japonaise.
Texte étudié lors du prochain atelier : le « sonnet en x » de Mallarmé
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Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx ,
L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore ,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore
Sur les crédences au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d’inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore).
Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe ,
Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.
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Kyôto, décembre.
Les momiji ont presque fini de perdre leurs feux de bacchanales. Le corps de la nature, qui aura comme trop joui, recouvre doucement sa lucidité, son art serein.
Les branches nues, noires, révèlent sur le soleil froid, leurs calligraphies, incompréhensibles, porteuses d’une vibration cabalistique. Celle de sonnets mallarméens animistes (non gréco-romains).
C’est cette vibration de l’hiver que nous tenterons d’accueillir dans notre paume lors de l’atelier.
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