24 mai 2011

Kyôto de poche

Filed under: sociologie — Stéphane Barbery @ 13:42

L'esprit de Kyoto ?

Kyôto fascine parce qu’elle est un musée vivant de traces qui ont déjà disparu de l’essentiel du Japon.
Traces aux formes radicalement étrangères. Traces d’un quotidien radicalement civilisé.
Kyôto comme utopie, uchronie, science fiction, voyage dans le temps et la galaxie.

Pour ceux qui voudraient faire l’expérience de cet étonnement permanent, sans se déplacer, et à prix symbolique, deux recommandations qui peuvent être le point de départ d’années de découvertes et de bonheur :

1) ニッポンの名前 (Nippon no namae)

Il existe des dizaines d’ouvrages sur le principe : « lexique illustré des objets typiquement japonais ». Plusieurs en français, la plupart en anglais.
Le livre, japonais, que je vous recommande ici n’est pas parfait. Il contient de nombreuses planches monochromes trop sombres.
Mais composé par des japonais pour des japonais, il ne dégage pas le côté exotisant, démonstratif, poseur, de ses concurrents. Il est court, complet, et centré sur les objets du quotidien qui fascinent et bouleversent à Kyôto. Les pages en couleurs sont agréables et le texte conçu pour être marginal par rapport aux illustrations.
Pour ceux qui apprennent le japonais, la quasi-totalité des kanji sont associés à leur furigana ce qui en fait également un chouette support d’entraînement à la lecture.

2) 祇園囃子 (Gion Bayashi)

Kyôto, ses temples, ses jardins, ses matsuri et… ses maiko et geiko san (les « geisha »).
Ce film de Mizoguchi (attention à bien prononcer « Mizogucci » – idem pour « Tanigucci » – afin de ne pas passer pour inculte et insultante comme l’actrice qu’on peut entendre lire des textes introductifs sur des DVD du réalisateur sortis en France), donne à voir une culture qui reste encore vivante aujourd’hui à Kyôto mais à laquelle n’accède véritablement que l’extrême aristocratie d’affaires ou millionaire du Japon. Les scènes de formation d’une jeune maiko san dans ce monde régulé par les femmes, les scènes d’habillage et de déshabillage de kimono sont à couper le souffle, de beauté, d’érotisme, et d’étrangeté martienne.
Le film ne donne que des aperçus trop courts des exploits de performance de ces artistes (thé, fleur, danse, musique, kimono). Mais ces aperçus, rarissimes, permettent de se faire une idée de la culture dont il est encore question, ici, à Kyôto, 60 ans après la sortie du film.
Le film est disponible en DVD en France au sein d’un coffret au prix totalement excessif, sous le titre « les musiciens de Gion ».
Je vous recommande plutôt de commander sur le site amazon japonais (qui propose une interface en anglais pour ses clients internationaux) le dvd du film seul, de lire sur internet le résumé de l’histoire puis de vous laisser complètement envahir par l’étonnement continu de cet univers qui m’intéresse plus ici pour son aspect documentaire que pour son récit attendu.

Ce livre et ce film, qui peuvent constituer les premiers éléments d’un Kyôto de poche, sont aussi des jalons pour tous ceux qui voudraient témoigner de Kyôto la belle martienne. Ne pas répéter, ne pas dupliquer, ne pas faire moins bien. Est-ce possible pour des non-japonais ?


22 mai 2011

« Femmes je vous aime. De me servir ».

Filed under: sociologie — Stéphane Barbery @ 11:27

かくす涙の口紅も

Les chansons populaires qui font pleurer les femmes constituent un point de départ intéressant pour l’ethnologue étranger qui tente de comprendre la façon spécifique dont une culture assigne les rôles, les places, les fonctions à chaque sexe.
Parce qu’il y a toujours assignation, même quand cette dernière, comme en Occident aujourd’hui est : assignation à confusion.

Cette confusion est probablement un effet triste, non anticipé, non désiré, du juste combat des femmes pour l’égalité des chances. Mais la solution qui a émergé ces deux trois générations est par trop instable. Elle conduit les hommes et les femmes à douter de leur identité, à avoir besoin de longues séances de psy pour la construire, bancalement. Les deux sexes aujourd’hui souffrent de ne plus être assignés à une place clairement définie.
L’écho statistiquement disproportionné du combat juste des homosexuels pour la reconnaissance de leurs droits, avec ses effets de mimétisme artificiel trendy, est à mettre en rapport avec cette situation de confusion.

L’humanité pourra-t-elle trouver la solution optimale qui permettra à la fois de garantir l’égalité des chances et d’assigner à des rôles clairement définis, respectant les besoins biologiques, les comportements encodés en dur dans le patrimoine génétique du singe nu que nous sommes ? C’est une belle question politique.

Une des raisons pour lesquelles les femmes japonaises fascinent universellement tient peut-être à ce qu’elles continuent, elles, d’être assignées à une place claire où elles peuvent se déployer comme femmes.
Les hommes japonais actuels n’ont pas cette chance. Meiji, puis 1945, les ont fait entrer, eux aussi, dans la confusion. Les signes extérieurs de la virilité japonaise aujourd’hui sont devenus ceux de la metrosexualité. Ni les hommes, ni les femmes n’y trouvent leur compte. Restent pourtant des formes du passé. Qui font bondir tout Occidental élevé par des femmes qui ont manifesté pour leurs droits.

J’ai découvert Masashi Sada dans le premier volume de Learning Language through Lyrics, un mauvais livre que je ne recommande pas mais qui donne une liste des classiques populaires des années 70 et 80. L’équivalent de Joe Dassin, de Yves Duteil, des vieux Cabrel. Des chansons qu’on connaît par coeur sans le vouloir, des cartes postales générationnelles qui procurent de précieux renseignements sociologiques.

L’un de ses plus grands succès est une chanson de 1979 intitulée : 関白宣言, Kanpaku Sengen.

Je vous recommande vivement, avant toute chose, d’écouter la chanson tout en regardant la réaction du public.
D’autres versions plus récentes existent qui témoignent que trente ans plus tard la chanson garde son actualité.

Bien. Et désormais, pour votre édification – et sans aucun commentaire – la traduction de la chanson…

Déclaration du mari dominant (Kanpaku est le titre de régent)

Il y a quelque chose que je veux te dire avant de te prendre pour femme
Ce ne sera peut-être pas facile à entendre mais écoute bien sa réelle signification
Ne va pas au lit avant moi, ne te lève pas après moi
Prépare moi de bons repas et sois toujours jolie
du mieux que tu le peux
N’oublie pas que tu ne peux pas attendre de moi
de protéger le foyer car je ne suis pas un suffisamment bon travailleur pour totalement y pourvoir
Il y a des choses que toi seule peut faire
Pour toutes les autres choses, suis silencieusement derrière moi sans poser de question

Tes parents et mes parents sont également importants, donc respecte-les tous
Entends-toi bien avec ta belle-mère et ta belle-soeur
C’est possible facilement si tu apprends à les aimer
N’écoute pas ou ne participe pas aux ragots sur les autres, ne sois pas inutilement jalouse
Je n’aurai pas de maîtresse. Je n’aurai probablement pas de maîtresse
Je ne pense pas que j’aurai de maitresse. Mais sois prête à cette éventualité, au cas où.
Notre bonheur est quelque chose que nous ferons ensemble
Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire seul en essayant par soi-même
Parce que tu quittes ton foyer et viens chez moi
N’oublie jamais que tu n’as pas d’endroit où tu puisses retourner
A partir d’aujourd’hui, je suis ton foyer.

Quand les enfants seront élevés et que nous aurons vieilli, ne meurs pas avant moi
Si c’est juste un jour après moi, ça va,
mais ne meurs pas avant moi
Quand je mourrai, je n’ai besoin de rien, juste tiens ma main et verse quelques larmes
parce que je dirai, je dirai c’est sûr : « merci à toi, c’était une belle vie »
N’oublie pas que la femme que j’aime
La femme que j’aime, dans ma vie, c’est toi uniquement
N’oublie pas que la femme que j’aime
La femme que j’aime, dans ma vie, ce ne sera que toi

PS : Masashi Sada a écrit une suite à cette chanson, un brin parodique mais en en reprenant l’esprit confondant, dont le thème est cette fois une déclaration de rupture : 関白失脚


20 novembre 2010

La violence du semblable. Vingt ans après.

Filed under: sociologie — Stéphane Barbery @ 20:05

L'inconscient calligraphique et l'appréhension du monde

La petite binocleuse de Kobe
est devenue une femme mariée
menue, jolie.
Elle ne sait pas qu’elle est jolie.
Son mari ne le lui a jamais dit.

Fin novembre, au temps des momiji,
rouges,
elle pense à ce soir-là
et passe son pouce droit
sur la cicatrice de son poignet gauche
qu’elle cache sous sa montre

Elle pense à son grand-père,
à sa grand-mère,
- c’est sa grand-mère qui lui a offert sa montre.
Elle pense au temps qu’elle a vécu chez eux,
eux qui sont tous les deux morts.

Elle prie avec eux, aux temples.
Tous les jours.

Elle a une petite fille.
De trois ans.
Qui va à la crèche.
Qui a dessiné sur les murs blancs
de la maison neuve
où rougissent de jeunes momiji,
à l’entrée.

Elle ne voulait pas vraiment d’enfant.
Mais elle ne pouvait pas ne pas en avoir.
Ici, une femme mariée sans enfant
est un problème.
Alors elle s’est fait suivre
plusieurs années
pour forcer son corps sage
qui lui disait pourtant le vrai.

Elle a eu mal.
Elle a encore mal.
Les femmes, ça a mal.
Surtout sans plaisir.

Elle a de l’affection pour son mari.
Elle a de l’affection pour sa fille.
Qui s’entendent bien, l’un avec l’autre.
Les week-ends, quand il ne lit pas
les livres qu’il achète aux puces,
il passe son temps
avec Yukichan.

Ca la libère pour sa calligraphie.

Quand elle ne s’occupe pas de la maison,
elle est calligraphe.
Son sensei est l’apprenti du bras droit du iemoto.
Il a 58 ans. Il est terrifiant.
Elle a peur de lui.
Elle est terrifiée par lui.
D’ailleurs, elle reconnait les signes.
Les signes qu’elle souffre.
Avec ce sensei.
Dans cette école.
La sienne depuis dix ans.

Mais ici, on ne change pas.
Qui lui enverrait des élèves
si elle quittait son école

Elle est heureuse avec ses deux élèves et demi.

Qui exposerait ses caractères
Qui lui permettrait d’avoir des prix
pour le papier.
si elle quittait son école

Ici, on ne change pas.
Tout le monde se connaît.
On fait comme les ainés
Qui ont souffert
sans se plaindre
On souffre en silence
on attend
et on profite d’un rayon de soleil
doux
sous un momiji
pour se laisser sourire
un instant.

Le iemoto, le chef de l’école, lui aussi
il souffre.
Il aurait voulu être footballeur.
Son père qui est toujours vivant
n’a rien dit jusqu’à ses 14 ans.
Il a toujours peur
de son père.

Le iemoto va au foot une fois par semaine.
Deux heures.
Dans le survêt que lui repasse sa femme
qui lui fait coucou de la main
quand il part sur son vélo pliable.

Il souffre parce qu’il n’a pas choisi la calligraphie.
Il n’a pas choisi sa femme non plus.
Il sait qu’il n’est pas bon.
Il n’est pas mauvais.
Il sait parfaitement exécuter
toutes les techniques de la famille.
Mais il triche.
Il sait, il sent
qu’il n’y a aucune âme
dans ses traits.
Même les faux nouveaux
qu’il invente parce qu’un iemoto,
ça doit inventer.
C’est même le seul qui est autorisé à inventer,
à être libre.

Quand il pense à la liberté
il tape plus fort dans la ballon.
Libre
Il se sent libre des formes
à dessiner dans la purée
du mitard de sa vie.

Elle, l’ex-binocleuse de Kobe
quand elle s’assied en seiza
devant sa table basse
elle enlève ses lunettes
et ferme les yeux
pour préparer son encre

Elle sent sous la douleur
des traits de son école
qu’elle exécute mieux que son maître
- elle est trop jeune pour monter en grade
et tous les postes de l’échelon supérieur
sont occupés par des sensei qui ne mourront pas,
avant longtemps -
elle sent sous la douleur
des traits de son école
des formes qui dansent
une âme qui danse
comme des hanches.

Parfois, la nuit,
noire comme l’odeur de l’encre qu’elle prépare,
elle se réveille avec le blanc
de ces formes qui dansent
Elle les sent comme un main
sur son ventre
un pouce
sur ses lèvres

Elle les sent comme ses cheveux
sur la montagne
l’été
quand elle refait son chignon

Il ne faudrait pas beaucoup
pour les faire rire
ces caractères
ils sont joyeux
en dessous
on sent leur sourire
leur capacité à sourire
comme sa fille,
la première année

Parfois, le jour,
en tout petit,
dans un coin de ses brouillons
elle les trace
avant d’essuyer
ses pinceaux
dessus

Elle pense à son grand-père

Et à son maître
qui trouverait un moyen
de la faire souffrir davantage au point
de lui faire quitter l’école
si elle lui montrait,
ces kanji
qui sourient

On n’insulte pas son maître en le dépassant.

Lui, son maître,
il ne rêve que d’être aimé du iemoto.
C’est un suiveur.
Depuis la maternelle,
ca a toujours été un suiveur.
Alors il s’applique.
A faire respecter
l’identique.
Il le fait bien.

Que deviendrait-elle
sans ses élèves
sans le kamon de son école
que dirait-elle à sa belle-mère
pour justifier de son temps
si elle quittait l’école ?

Elle caresse du pouce
sa cicatrice
et pense au
vide
au repas du soir
en se demandant
s’il fera beau
demain

Et toi, lecteur, mon semblable,
que te diras-tu ?


19 novembre 2010

La violence du semblable

Filed under: sociologie — Stéphane Barbery @ 17:58

Compter sur le soleil

Elle ne voulait pas porter de lentilles comme les autres
Elle ne voulait pas porter sa jupe trop courte comme les autres
Et elle avait un accent de Kobe alors qu’ici c’est Osaka
Alors les grandes s’en sont chargées.
Des mots allusifs d’abord.
Puis durs. Puis les insultes.
C’est rigolo d’affiner ce qui blesse le plus ceux qui ne répondront pas.

Les enfants, ils aiment les rouler dans la bouche
les insultes.
C’est excitant comme l’interdit, le caché,
ce qu’on ne raconte jamais aux parents,
la pulsion dont on contrôle l’échappement
et qui fait se sentir rouge
chaud
chasseur à la fin de sa prédation

Les grandes, celles dont la vie est déjà morte,
quand elles ont impulsé le mouvement
elles regardent les suiveuses
celles qui seront les grandes l’année prochaine

Si elles étaient intelligentes, elles ne seraient pas suiveuses,
les suiveuses.
Alors elles s’appliquent, dans l’excès,
à faire pareil,
en pire
en groupe

Il n’y a plus de contrôle
dans la violence
qui se déploie
tous les jours
toutes les heures
sur la binocleuse de Kobe

Plus de contrôle.
Et aucune issue.

Lors de la visite scolaire à Ohara,
elle, elle entend étrangement
la fierté du prêtre
expliquer que les tâches de son plafond
c’est du sang de seppuku collectif
dans un autre lieu
dans un autre temps
où le plafond
était un plancher
et sa tête s’est mise à tourner
à ne plus savoir où est
le bas et le haut
le bien
et le goût de sa joue
quand elle se mord
à l’école
pour ne pas hurler.

C’est sa faute,
ne pas être comme les autres.

Quand elle range ses livres
elle n’aime pas qu’un volume dépasse
de sa collection.

Là, c’est pareil.
Elle est un livre qui dépasse
et qui dépassera toujours
les grandes qui sont mortes
les suiveuses qui n’existeront jamais

C’est cela l’harmonie

Et c’est parce qu’elle aime
l’harmonie
que ce soir


18 novembre 2010

D’une analogie abusive et arbitraire

Filed under: sociologie — Stéphane Barbery @ 11:12

Le pagneLa force des belles
Le style et son absenceLes ceintures

Matsuri de quartier.

Les hommes, mélange étrange de beaux gosses, de qui se croient ou se sont crus beaux gosses, de vieux, de gros, de sérieux, d’hommes à la virilité assumée caricaturalement, baladent un palanquin contenant une relique du temple shinto du quartier.

les femmes, jeunes, mélange étrange de beautés fulgurantes, condensat de fémininité, et de celles qui se voudraient belles ultra féminines mais qui sont juste féminines, baladent elles aussi leur palanquin. Plus petit.

Ils crient. Un slogan que personne ne comprend.
Ils sont déguisés, habillés courts, avec des logos.
Les palanquins sont lourds. Et il ne s’agit pas seulement de les véhiculer : il faut les secouer.
On fait des pause. Pour manger des onigiri et boire des bières.
C’est l’automne, il pleut.
Le final s’accélère. On retourne au temple.
Le palanquin principal est secoué. Par les hommes. Par les femmes.
Les cris, la fumée des corps rouges sous la pluie, le rythme : tout signe la transposition au corps social d’un coït.

Brutalement le calme vient.
On entoure le palanquin des hommes qui contient l’objet sacré par des draps blancs. Personne ne doit le voir. Ni les hommes, ni les femmes. Le prêtre et ses servants seulement.
L’objet est mis dans une boite. Portée au coeur du temple en bois. Le prêtre monte les marches en poussant des gémissements de loup.

C’est fini.

Les grèves en France sont des matsuri que se bricolent le corps collectif parce qu’il en a besoin.
Le corps a besoin de jouir.
Le corps social a besoin de jouir.
Les hommes de montrer leur capacité à soulever le palanquin, à faire rougir leurs chairs.
Les femmes de se montrer belles dans la transpiration.
Le corps social a besoin de réunir ses générations. Non autour d’un repas. Mais dans une transe qui casse la voix.

Vous pouvez tenter de priver un corps de ses besoins, de réguler artificiellement ses rythmes biologiques pour des motifs idéologiques. Le corps trouvera un moyen. On n’échappe pas à un besoin.

Le grand Politique instituera donc un ministère chargé des besoins et des rythmes du corps social. Une société sans véritable carnaval partagé par tous, sans bacchanales, sans matsuri, sans transes collectives légitimes, orientées positivement n’est pas saine. Ce ministère organisera annuellement, rituellement, les fêtes qui aujourd’hui sinon se vivent dans la défaisance, la rebellion honteuse, le substitut insatisfaisant. Alors qu’elles ne demandent qu’à être communions exhaltées, bon enfant, sexuées, dans la joie et le cycle solaire.


 
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