La bouine lige
Elle me demande
d’emballer le soleil pour ses parents
parce qu’elle doit habiller les enfants
puis mettre son kurotomesode.
Elle sait pourtant bien que je suis nul en paquet.
Les paquets, c’est pour les kamis célestes
pas pour les terriens.
Eux ils plient et replient.
Ils ont signé l’allégeance
ils prêtent l’hommage lige dès leur naissance
en signant de leur mutisme.
Si notre mariage n’avait pas été arrangé
elle ne m’aurait jamais choisi.
Elle ne supporte pas que je bouine
elle ne supporte pas de me voir mal plier mes vêtements.
Elle a juste compris qu’il fallait qu’elle me laisse tranquille
pour mon atelier.
Mais comment ça s’emballe, un soleil ?
Est-ce que je sais, moi ?
J’ai bien une boite en bois sacré vide
pour mes masses de guerre
mais ça va être trop grand.
Si je mets du journal autour
et que j’emballe tout cela dans un furoshiki
ça devrait convenir.
Evidemment ça ne convient pas.
Je me fais engueuler
en silence.
Les enfants me regardent.
Je hausse les épaules.
Non, je ne le fais pas exprès.
Les paquets, la perfection
ce n’est pas pour moi.
Les paquets, la perfection
j’ai toujours compris que c’était du côté des méchants.
Nous les kamis terriens, on s’est battu pendant des générations
contre les autocrates.
On leur a fracassé le crâne aux autocrates
avec nos masses de guerre.
Le grand-père de mon trisaïeul, mon bisaïeul, mon aïeul et papa,
ils ont vu leur camarade tomber
pendant les révolutions kamiques.
J’ai vu les cicatrices de malédiction de pépé.
Grâce à leurs combats, les corvées sont moins dures
la vie des kamis de la terre moins pénible.
Alors oui, un kami de la terre, ça bouine. Efficacement. Mais ça bouine.
Si tu ne bouines pas, t’es un aérien autocrate, pas un gentil
mais une menace.
Elle ne refait pas mon paquet.
Pour montrer à ses parents ce qu’elle endure.
Et quand ma belle mère déplie le journal emballant l’étoile
je me rends compte que c’est la page de la pin up de la semaine.




